Climat et capitalisme

Climat et capitalisme
Réchauffement climatique et transformation de l’économie mondiale
Peter Newell et Matthew Paterson
De Boeck, 2011




« Il est question de stratégie, de politique et de pouvoir », nous avertissent les auteurs d’entrée de jeu. Et ils nous délivrent immédiatement leur principal message : « Des progrès sont envisageables quand les activistes environnementaux se joignent aux financiers ». Pas convaincus que capitalisme et réchauffement climatiques soient compatibles, ils décident de voir quand même. Puisque capitalisme il y a, comment faire avec ?

Les auteurs font une analyse et un historique très fournis de la prise en compte du réchauffement climatique par les institutions financières et leurs instruments. Une grande fresque, très documentée mais parfois ardue à suivre dans les détails, dépeint les mécanismes mis en place à Kyoto, et leurs difficultés d’application. Les lobbyistes en sont en partie responsables, et les intérêts des forces économiques en place (voir la chronique Tout va bien),  malgré la lucidité et le volontarisme de certaines entreprises qui voient tout l’intérêt que représente une économie décarbonée.
Il y a beaucoup de sigles, MDP, RSE, VCU, etc., avec un glossaire pour s’y retrouver, mais on parle aussi de compensation, de flexibilité et même de fraude climatique, des mots que l’on comprend mais qu’il faut resituer dans le contexte. Ces dispositifs sont examinés, leurs avantages et limites mis en lumière, notamment du fait que ce ne sont plus uniquement les gouvernements qui font les lois…
Les auteurs proposent en conclusion 4 scénarios pour décrire les futurs possibles. « L’utopie capitaliste », articulée autour d’un prix du carbone « approprié », la « stagnation », fruit d’un blocage géopolitique, et qui conduit à un réchauffement de 5% et plus, une « dystopie décarbonée », apogée d’une technocratie dominante,  et le « keynésianisme climatique », avec un parallèle aux grands évènements du XXe siècle, crise de 1929 et Bretton Woods, avec le retour d’une régulation par les Etats, les MDP revus en plan Marshall, mais un développement diffus, par le biais de réseaux multiples.
Ils appellent ainsi de nouvelles alliances, que l’on peut penser improbables tant les protagonistes sont différents, mais qu’un intérêt bien compris peut susciter. ça ne se fera pas ans mal : « Chercher les coalitions gagnantes afin de réécrire les règles de l’économie mondiale passera par beaucoup d’apprentissage, d’expériences et de tâtonnements ».

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