Choisir son monde

Agir au quotidien avec les entreprises sociales écologiques
Jean-Marc Borello et Hélène Le Teno
Avec la collaboration d’Anne Dhoquois
Editions de l’atelier, 2017

Choisir son monde

Comme le sous-titre l’annonce, il s’agit des entreprises sociales écologiques. Les deux à la fois. Et des entreprises qui marchent bien, avec un modèle économique solide. Nous sommes bien dans la mise en œuvre du développement durable. « Le succès de la transition écologique et solidaire repose sur l’émergence d’un nouveau type d’entreprises audacieuses et innovantes, qui mettent l’efficacité économique au service de l’intérêt général ».
L’objet de l’ouvrage est de nous montrer que « c’est possible », et que des entreprises de ce type se multiplient, dans le sillage de l’économie sociale et solidaire, qui existe depuis près de 200 ans et « représente aujourd’hui 10% des emplois et du PIB en France ».


Plus qu’un long discours, ce sont les exemples pratiques qui constituent l’essentiel du livre. Des « success stories » qui témoignent de la faisabilité de ces entreprises et nous donne des indications sur la manière de les monter et de les faire prospérer. Des histoires d’entreprises identifiées dans des domaines vitaux, comme le manger, l’habiter, le bouger, et dans des approches plus générales d’accompagnement du mouvement, les ressources à économiser, le financement. Le dernier chapitre reprend et structure tout ce qu’il faut faire pour favoriser la création de ces entreprises sociales écologiques, ce qui nous donne une « feuille de route » pour le développement durable.
Un livre de témoignages, où nous trouvons le boulanger solidaire (Bou’Sol) et les « fermes d’avenir » : « En 1940, avec une calorie fossile, on produisait 2’4 calories alimentaires. Aujourd’hui, il faut 7 à 10 calories fossiles pour produire une calorie alimentaire. Nous avons divisé notre efficacité par 25 ». De nouvelles pratiques, de nouveaux réseaux, du lien social des circuits courts, au total des recettes simples qui donnent des résultats contagieux. Même démarche pour le secteur du bâtiment, tant pour le neuf que pour la rénovation, avec des concepts traditionnels comme la cohésion du groupe et le sens du travail. Côté mobilité, de vieilles recettes sont mises au goût du jour, grâce à l’informatique. L’auto stop reprend du service avec Rezo Pouce, les plateformes de mobilité de Wimoov permettent à tous, et notamment aux chômeurs, de trouver des solutions adaptées à leurs besoins.
L’économie des ressources se conjugue ici avec partage et réutilisation. Le tout modernisé et en réseau grâce à des plateformes web comme Share Voisins et bien d’autres comme les SEL (systèmes d’échanges locaux) bien connus. Quant à la finance, nerf de la guerre ici comme ailleurs, il convient de lui donner de nouvelles règles du jeu, de « désolidariser la détention du capital de la gouvernance ». Nous sommes dans le « capitalisme d’intérêt général », illustré ici par le Groupe SOS et Vitamine T qui le pratiquent depuis 15 ans. La faiblesse actuelle des taux d’intérêt offre une opportunité de développer de nouveaux types de financement, comme le fait Blue Bees dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation.
Parmi les nombreux points mis en avant pour favoriser l’essor des entreprises sociales écologiques, notons la nécessité de « compter ce qui compte », et de redéfinir le concept d’entreprise.
Voilà donc comment « choisir son monde », un ensemble de principes et d’illustrations qui montrent un chemin vers le développement durable, déjà emprunté par de nombreux acteurs. Qu’attendons-nous pour être heureux ?

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