BEPOS POUR TOUS

Alain Maugard
XPair Editions 2015


Ouvrage téléchargeable sur file:///C:/Users/Utilisateur/Downloads/bepos-pour-tous.pdf

C’est une histoire qu’Alain Maugard nous raconte, l’histoire d’un succès, ou du moins d’un succès annoncé, qui ne souhaite que se concrétiser. Une histoire qui a bien démarré, mais qui n’est pas terminée, il s’en faut. Alain Maugard nous décrit la trajectoire à suivre, le cheminement à imaginer, les complicités à initier pour réaliser une sorte de « révolution tranquille ».
C’est le bâtiment qui est au cœur de cette histoire, et ce n’est pas le moindre paradoxe que de voir ce secteur, longtemps mal considéré du point de vue de sa technicité et de sa capacité à évoluer, propulsé aujourd’hui en pilote de la formidable aventure : sortir de l’ère du carbone, inventer une économie performante dans ce nouveau contexte, ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de l’humanité.
Le bâtiment au départ, mais vite élargi à la « communauté d’immeubles », au quartier et à la ville. Le bâtiment à énergie positive, le BEPOS, est techniquement à portée de main, mais l’effort sur le domaine bâti n’a pas de sens s’il n’est pas remis dans son contexte, type de ville, densité, mobilité, approvisionnement, etc. C’est donc l’habitat dans toute son étendue qui est touché, et avec lui les modes de vie et de consommation. On tire le fil de la construction, et c’est la complexité de la vie qui vient avec. Alain Maugard observe d‘ailleurs que si l’innovation technologique produit de l’innovation sociétale, l’inverse est aussi vrai, la société étant souvent moteur de transformations qui appellent des progrès technologiques. Il s’agit d’un « embarquement pour une nouvelle société ». Au-delà de l’énergie et de l’effet de serre, la transformation touche tous les aspects de la vie et les comportements.
Acceptabilité sociale, mais aussi contexte réglementaire et économique. Il y a un vaste chantier à ouvrir de ces points de vue, pour créer une dynamique de créativité des acteurs. On notera que l’élargissement à la ville et au territoire se traduit par un décloisonnement et la recherche de mixité, de morphologie, de type d’occupation, de génération d’immeubles, etc. Connexion, partage, mutualisation, deviennent ainsi les maîtres-mot des villes BEPOS, qui tireront profit des formes traditionnelles, économes et performantes par construction, si on peut dire.
L’exemple de la Suisse illustre l’histoire qu’Alain Maugard nous raconte. Nos voisins se sont donnés pour objectif de ne consommer que 2000W par personne d’ici 2050. Ils en consomment aujourd’hui 6500. C’est le choix de la réduction de leur empreinte écologique qui est ainsi fait, qu’il s’agit de rendre compatible avec les possibilités de production de la planète. Une réduction de la consommation par une action sur la demande, en recherche d’une plus grande efficacité, sans réduction de notre qualité de vie, bien au contraire, grâce à un profond renouvellement de nos modes de vie et de nos manières de travailler.
C’est un dernier point et pas le moindre qui est développé : comment fabriquer du bâtiment et de la ville très économe, productive, agréable à vivre, à un coût raisonnable ? En modifiant profondément nos manières de travailler et en misant à fond sur le travail collaboratif. L’intelligence à plusieurs, voilà le secret, et les nouvelles techniques informatiques nous ouvrent de ce point de vue des facilités dont on commence juste à entrevoir la puissance.
Le BEPOS a l’avenir devant lui, comme le livre d‘Alain Maugard, qui n’est qu’un tome 1. Nous attendons avec impatience son petit frère, Tome 2, qui nous parlera des bâtiments responsables et des usagers.

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