Au-delà du marché

Les nouvelles voies de la démarchandisation
Bernard Perret
Les Petits Matins, mai 2015

Le petit ouvrage de Bernard Perret, publié chez Les petits matins vient illustrer que d’autres analyses peuvent rendre compte d’un diagnostic largement accepté. Partageant aussi la conviction de ruptures radicales par rapport aux évolutions tendancielles, il n’en ouvre pas moins des voies bien différentes.

Troc, réparation, jardins partagés, échange de logement, crowdfunding, fab-labs, économie collaborative, autant de pratiques sociales, non pas forcément nouvelles, mais ré-émergeant aujourd’hui comme réponses spontanées aux situations de blocage dans nos sociétés. Une part croissante de l’activité sociale met en jeu des valeurs qui ne sont pas des « marchandises », au sens de biens monnayables et appropriables. Bernard Perret explicite comment, à présent, le potentiel de développement des pays riches se trouve dans les marges de l’économie du marché, dans le croisement entre la logique marchande et d’autres logiques sociales. Il apporte en outre une Mise au point théorique précieuse. Face à la complexité, il évite la facilité de l’explication systémique et il ne renonce pas à apporter de la rationalité dans l’analyse. 

Échapper au piège de la guerre économique qui discrédite tout projet de transformation du modèle de développement capitaliste, dissocier le bien-être de la consommation marchande en agissant sur l’origine des besoins, en promouvant une conception immatérielle du bonheur et en favorisant les réponses économes en ressources rares, renforcer les liens directs entre producteurs et consommateurs permettant ainsi d’apporter des solutions moins coûteuses et plus adaptées aux besoins essentiels, aménager le temps du travail, cultiver une intelligence et un imaginaire symbiotiques, telles sont quelques unes des mesures politiques que l’auteur propose pour accompagner les mouvances de la société actuelle.
A la suite du rapport de la Commission Stieglitz, Bernard Perret suggère que L’évaluation de la « performance » d’un pays devrait donc reposer, en complément des indicateurs économiques, sur des indicateurs non monétaires portant sur la consommation des ressources non renouvelables et les impacts environnementaux ainsi que sur le bien-être ou la « qualité de la vie ». Il rend ainsi hommage aux 10 indicateurs phare pour compléter le PIB, progrès important fait par la décision parlementaire qui a pu s’appuyer sur le travail conjoint du CESE et de France Stratégie, auquel le Gouvernement a donné une réponse positive avec Les nouveaux indicateurs de richesse, mais progrès qui devra être confirmé dans le temps, débattu et prolongé.

Cette "note de lecture" est empruntée au blog d'André-Jean Guérinhttp://andrejean.guerin.free.fr/Baj/, que je remercie vivement.

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