Au bonheur des arbres

Comment ils nous ressourcent et nous font du bien
Direction éditoriale : Brigitte Michaud
©terre vivante, mai 2018

au bonheur des arbres

Il s’agit ici de notre bien-être, et de la contribution que les arbres peuvent y apporter. Et pour cela, retrouver un lien charnel entre humains et arbres. Les auteurs (il s’agit d’un ouvrage collectif, réalisé à partir d’articles parus dans le magazine Plantes & Santé, sur une idée d’Isabelle Saget) constatent que ce lien s’est brisé par deux fois. Une première fois au siècle des Lumières, du fait de l’approche scientifique sans doute trop exclusive, et ensuite avec la révolution industrielle, où l’exploitation de l’arbre a dominé tous les autres sentiments. « L’arbre serait plus évolué que nous : contraint à l’immobilité, il ne vivrait pas sans une forme d’intelligence biochimique. Son génome est complexe, il n’est pas programmé génétiquement pour mourir (seuls le froid, le feu, les parasites ou la main de l’homme le tuent) ; c’est un génie de la reproduction, un être qui communique par les couleurs, les goûts, les odeurs et, on le découvre à peine, par des molécules volatiles qui lui permettent d’interagir avec ses congénères et bien d’autres forces de la nature. Il serait même doté d’une forme de pensée ou de mémoire ».
Une belle profession de foi, qui précède la description de 50 arbres familiers pour la plupart. Description botanique, mais enrichie de nombreux aspects. Pour chaque arbre, vous trouverez ses origines et son histoire, la mythologie qui lui est rattachée, ses vertus médicinales, les usages traditionnels, et la nature de la relation que vous pourrez entretenir avec lui. Une sorte de mode d’emploi pour ressentir l’arbre, l’énergie et les vertus qu’il dégage, et apprendre à rentrer physiquement en contact avec lui. Chaque arbre est caractérisé par une expression qui pointe sa personnalité. C’est « confiance en soi » qui est ainsi associée au hêtre, dont l’écorce (en décoction) a longtemps été utilisée comme antiseptique dans la pharmacopée populaire. Le figuier, adapté aux sols arides, pauvres, rocailleux, se voit présenté comme « la générosité sauvage ». Le chêne, demeure des nymphes et fréquentée par les druides, est marqué du sceau de « l’indépendance ».  Nous apprenons que le javelot d’Achille était en frêne, « devenir audacieux », alors que les arcs des archers anglais de la guerre de cent ans étaient fabriqués avec des ifs, « se renouveler », dont le bois est « remarquable par sa souplesse et son élasticité ». Terminons cette énumération avec le pommier, « rester soi-même », un des plus anciens arbres fruitiers, rendu célèbre par la Bible, et perçu comme l’arbre de la connaissance.
Un livre sensuel, vous l’aurez compris, écrit pour parler à votre corps plus qu’à votre raison. Une approche originale, du type que celle que l’on a dans la nature plus qu’à l’école. « La sensibilité est le moteur de l’intelligence », disait Paul Valéry. Voilà donc un livre qui vous rendra encore plus intelligents !

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