Ambition d’art de vie

Jean-Pierre FAYE (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Ambition d’art de vie

C’est le volet social du développement durable qui est au cœur de cet essai de Jean-Pierre FAYE. Inquiet, à juste titre, devant l’instrumentalisation du développement durable comme argument de vente, il propose de « basculer d’une logique strictement économique vers une logique de qualité de vie ». Ecrire sa propre histoire est pour lui au centre de ses préoccupations, dans un monde où les grands pouvoirs, économiques et politiques, tentent de prendre le contrôle de la manière de penser des gens. L’intelligence est mobilisée pour le gestion du virtuel, et en premier lieu de la finance, au détriment de la vie réelle. Au mieux, on lutte contre les incohérences de la société, alors qu’il faudrait passer à la fabrication de cohérences.

Ces orientations ne surprendront les internautes habitués à ce site, et elles sont toujours utiles à rappeler. Elles constituent le socle de ce qui fait l’originalité de ce livre. L’auteur tire de son expérience de nombreuses pistes d’action. Il s’intéresse aux lieux où se fabrique l’imaginaire, les agoras, les stades et les amphithéâtres remis à la mode du XXIe siècle. Il s’agit de réaliser de lieux de partages et d’émotions, de rencontre d’identités multiples. Il transpose cette préoccupation à l’école et à l’entreprise, ainsi qu’aux espaces publics et à la rue, en appelant en renfort l’architecte américain Louis Kahn, pour qui la rue est « une chambre de connivence, une pièce communautaire faite pour l’usage commun, dont le plafond est le ciel », et le rugbyman, devenu écrivain, Daniel Herrero, qui rappelle que la rue « appartient à tous, et pourtant elle n’est à personne. C’est le terrain de jeu des enfants, le jardin des plus âgés ». Le volet social du développement durable, traduit en une nouvelle ambition d’art de vie, est ainsi une fille naturelle, si l’on ose dire, de la gouvernance, avec une référence appuyée à l’imagination et au dépassement de soi. Dans sa conclusion Jean-Pierre FAYE reprend une citation d’un philosophe de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, Paul-Henry Thiry d’Holbach, « La vie sociale n’est pas une qualité secondaire du genre humain mais une nécessité de son être ». Nous étions alors au XVIIIe siècle, et on ne parlait pas encore de développement durable, mais voilà une conviction à recycler au XXIe.

 

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