Ecologie des territoires

Sous la direction de Thierry Paquot
©Terre urbaine, 2021

ecologie des territoires

Il s’agit d’un ouvrage « polyphonique », fruit d’un atelier animé par Thierry Paquot, et réunissant des compétences variées, chaque intervenant devenant l’auteur d’un chapitre. Une ligne directrice pour décliner le titre, qui associe écologie et territoire. L’écologie est la méthode d’appréhension du territoire, en tant que processus, transversal et interrelationnel. Trois vertus pour sortir des approches traditionnelles, car « d’un côté, nous fonctionnons à l’ancienne, et de l’autre nous pensons que ce n’est plus possible ». Un terme résume l’orientation de l’ouvrage, « Biorégion », dans la perspective d’un renforcement de l’autonomie des lieux et des gens.

Empreinte écologique et biocapacité

Bien vivre avec une seule planète
Mathis Wackernagel et Bert Beyers
Terre vivante, 2021


Le sous-titre dit l’essentiel. L’empreinte écologique a été « conçue pour améliorer la vie des gens : il s’agit de nous aider à vivre une vie meilleure et enrichissante dans le contexte d’une seule planète ». Elle ne date pas d’hier. Imaginée par un des deux auteurs, Mathis Wackernagel, et William Rees au début des années 1990, 30 ans déjà, ce mode de comptabilité écologique est animé par un réseau créé en 2003, le Global Footprint Network qui l’applique à de nombreux pays, de nombreuses villes ou régions du monde, et tente de faire progresser la méthode. Il en effet difficile de convertir la diversité du monde vivant en quelques chiffres. Il n’en est pas moins indispensable de représenter la consommation de planète que nous faisons chaque jour, et de la mettre en regard de ce que cette dernière peut fournir, qui est appelée « biocapacité ». Une comptabilité qui peut s’établir à l’échelle de la planète ou d’un territoire, une ville, ou un pays par exemple.

Le grand dérangement

Amitav Ghosh
©Wildproject pour l’édition française, 2021



Quand un professeur de littérature comparée s’intéresse au réchauffement climatique, nous découvrons des facettes discrètes, si ce n’est cachées, en tout cas profondes, de nos civilisations. Amitav Ghosh explore dans cet ouvrage « les fronts où le changement climatique résiste à la littérature et aux arts contemporains ». Il s’agit de littérature, mais aussi de textes politiques, à commencer par l’accord de paris, comparé à l’encyclique du pape François, Laudato si’, documents datés tous les deux de 2015. Une comparaison instructive, que je vous laisse découvrir.

Sauvons la biodiversité

Comprendre pour mieux agir
Catherine Levesque, illustrations RED !
©Delachaux et Niestlé, 2021

Sauvons la biodiversite Comprendre pour mieux agir

Concrètement, on fait quoi ? Tel est le leitmotiv de ce livre au caractère militant affirmé. Un tour d’horizon des enjeux de la biodiversité, avec pour chaque aspect le souci de l’action que chacun peut entreprendre, à son échelle. Chacun, c’est-à-dire les particuliers, en appartement ou en maison avec un jardin, ou petite collectivité, petite entreprise. Echelle modeste, grandes ambitions. Biodiversité, ou plutôt nature, mot qui résonne différemment, comme « se sentir au diapason du monde », biodiversité présentant un aspect plus scientifique, au risque « d’une certaine scientifisation ». L’ouvrage met en évidence le volet esthétique et affectif de la nature. Et même après avoir rappelé les multiples dégradations de l’environnement, l’auteure affirme que « l’émerveillement devrait l’emporter sur le catastrophisme, les rapports chiffrés et la culpabilité ».
Cette réflexion sur le vocabulaire ne l’empêche pas de nous donner une définition de la biodiversité, et même d’évoquer l’origine du mot. Le tour d’horizon auquel elle nous invite nous parle des espèces menacées, y compris les plus modestes, et nous propose des solutions simples à mettre en œuvre. Elle nous parle d’agriculture, pour vanter les bienfaits de l’agroécologie. Elle nous montre le lien entre nos consommations et les pressions sur la planète. Elle évoque les politiques de protection des espaces et des espèces, comprenant la biodiversité ordinaire avec notamment un coup de projecteur sur les bienfaits des haies. Elle nous parle des mares et autres zones humides, toujours en danger, et de la préservation de la richesse des océans. Elle fait le lien entre biodiversité et climat, et avec les pandémies telles que la Covid. Un bon tour d’horizon qui se termine par l’approche militante et la présentation des grands mouvements institutionnels comme les sommets de la Terre et l’UICN.
Outre ce panorama très étendu, l’ouvrage a le mérite de multiplier les références aux actions des ONG, à des réalisations intéressantes, et d’innombrables conseils pratiques pour passer aux actes. Toujours « concrètement, on fait quoi ? »

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L’éco-anxiété ne passera pas par moi

Conseils pratiques pour une écologie sereine
Elise Rousseau
© Delachaux et Niestlé, 2020



« L’écologie, finalement, c’est avant tout un plaisir » nous dit un des personnages principaux de cette bande dessinée, la poule Cocotte. « Oui, c’est pas grave si on n’est pas parfait », lui répond une jeune fille de 14 ans. Il a fallu une séance de psi pour une Cocotte déprimée, pour en arriver là.

Le maraichage sur petite surface

La french method
Christian Carnavalet
©Edition de Terran, 2020



« Voyant leurs terres rétrécir comme peau de chagrin, il y a 180 ans, les producteurs de légumes intra-muros à Paris ont réagi en accroissant la rentabilité des espaces exploités, en multipliant le nombre de cultures simultanées, en serrant les plantes, en les intercalant, en exploitant chaque centimètre carré de leurs exploitations sur les 365 jours de l’année ». De l’ingéniosité et de la technicité pour compenser la réduction des surfaces exploitées. La french « method » est née d’une réaction à une pression foncière, qui pourrait nous rappeler la situation de la planète aujourd’hui : Nous n’habitons pas la même planète que nos aïeux, la leur était immense, la nôtre est petite » disait Bertrand de Jouvenel.

Le vent s’est levé

Dominique Bidou
Préface de Frédéric Mazzella
Editions PC, novembre 2020

Le vent s est lev couverture


Un livre sur la manière de parler du développement durable, de le « vendre » au plus grand nombre, et notamment les décideurs et tous ceux qui sont en recherche du monde de demain. L’introduction donne le ton : « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ». Il n’y aura pas de développement durable sans en donner envie à nos concitoyens, d’autant plus qu’il leur revient en bonne part d’en imaginer les contours. Comment « donner soif » du DD ?

Habiter l’air

Projets architecturaux et environnementaux
Michele Boni
©Gallimard – collection alternative – 2020

habiter l air

Voici 30 exemples d’architecture de l’air. Un panorama de réalisations précédé d’un rappel de l’importance de l’air dans notre vie : « L’homme habite l’air dès la première seconde de sa vie ». Nous sommes tous concernés, les architectes, bien sûr, et nous tous qui habitons ou fréquentons des lieux de vie pleins d’air. L’air nous conduit à « représenter tous les éléments invisibles de l’espace de vie, la vitesse, la température, le degré hygrométrique, l’odeur et le son ». Mais l’air est capricieux, et ne se laisse pas facilement attraper. Il est invisible, au point qu’il est souvent confondu avec la dématérialisation, proche de l’absence ou de la disparition. Il est inconsistant, entre le vide et l’espace de possibilités. Il est omniprésent, il est impossible de s’en éloigner. Et il est fragile, alors que « la « pensée de la substance » nous contraint à suivre certains schémas rigides. Le concept d’air comme matériau de construction nous amène à « recourir à un autre type de pensée qui considère le facteur temps et l’imprévisibilité comme élément d’un projet ».

En roue libre

Une anthropologie sentimentale du vélo
David Le Breton
© Terre Urbaine


Un livre en forme de sandwich. Une apologie du vélo et un appel à la « vélorution » en ouverture et en clôture, et inséré entre les deux une histoire du vélo, ses dimensions culturelles, ses apports sociaux. Le tout pimenté de nombreuses citations. Liste non exhaustive des auteurs convoqués par David Le Breton : Simone de Beauvoir, Eric Fottorino, Henri Miller, Pierre Sansot Jules Romain, Jules Renard, Alfred Jarry, Paul Morand, Mark Twain, Emile Zola, Marcel Proust, Maurice Leblanc, Jerome K. Jerome, Julien Gracq, Albert Londres, Bernard Charbonneau, et bien sûr Ivan Illich. Du beau monde assurément.

Géopolitique de l’agriculture

Sébastien Abis et Pierre Blanc
©Editions Eyrolles, 2020



Ce sont « 40 fiches illustrées pour comprendre le monde ». 40 fiches pour situer l’agriculture au cœur de la géopolitique. Souvent oubliées, ou considérées comme un reste du passé, « l’agriculture et l’alimentation ont toujours été marquées du sceau de la conflictualité et des dynamiques de puissance et le monde d’aujourd’hui oblige encore davantage à opérer cette géopolitique agraire et alimentaire.

Si le temps le permet

Stéphane Cordobes
© Berger-Levrault, 2020


Un livre en forme d’application de celui de Bruno Latour, Où atterrir ? Une application dans une terre qui pourrait préfigurer le sort de la planète entière : Saint Pierre et Miquelon. Le sous-titre exprime les intentions de l’auteur : Enquête sur les territoires du monde anthropocène.
Anthropocène, un mot pour désigner une nouvelle ère géologique définie à partir des effets de l’action des hommes sur la planète. L’ouvrage est le fruit d’une mission réalisée par Stéphane Cordobes à l’automne 2019, et se présente comme une série de courtes notes au sein d’un album photographique.
Nous sommes dans une ambiance de fin du monde, dominée par le souci du temps dans tous les sens du mot, le temps qui passe et le temps qu’il fait, qui conditionne tous les projets. Nous sommes loin du constat qui avait pu être tiré de la première édition de l’indicateur Happy Planet Index, HPI (1), en 2006. Les îles du pacifique, Vanuatu en tête, apparaissaient comme les plus sages, celles qui étaient parvenu à conjuguer au mieux le bonheur des humains et la prospérité de la planète. L’insularité comme source de sagesse ? Ce n’est pas la situation que Stéphane Cordobes découvre à Saint Pierre et Miquelon, loin de là. Ce serait plutôt une image de ce qui nous attend si nous ne changeons pas de modèle. « Même là où un effondrement est déjà advenu, on n’en tire pas d’enseignements conséquents ». Après l’effondrement de la pêche, voici la montée des eaux, résultat bien visible du réchauffement climatique, avec des risques de submersion qui ont conduit à déclarer le bourg inconstructible, et à se résigner à quitter les lieux pour des zones plus sures. Des évènements qui ne semblent pas avoir changé les mentalités, toujours attachées à un rêve de modernité. « Être convaincu de la catastrophe imminente ne suffit pas à faire taire les controverses et à déclencher la mobilisation collective ». La « bifurcation écologique » doit aussi être mentale. « Partout dans le monde moderne, les velléités de protection de la nature heurtent les us et coutumes… ». Et les nouvelles générations, malgré leur attachement à l’île, n’y voient plus leur avenir et cherchent à la quitter.
Pour « élaborer un nouveau projet anthropo-politique », Stéphane Cordobes propose de s’appuyer sur les territoires, mais en privilégiant une approche sensible, avec une large place à l’expérience esthétique. « Un impératif d’ajustement anthropologique et de refondation politique », un beau projet pour les territoires.

1 - Voir la chronique Bonheur

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Les hirondelles

Georges Olioso
©Delachaux et Niestlé, 2020

les hirondelles


Un livre pour vous rendre savant et impressionner vos amis. A lire avant de partir en vacances, ou à emporter pour les devoirs de vacances, si vous préférez. Un devoir bien sympathique, à base d’observation des oiseaux.
Les hirondelles constituent une famille ancienne et nombreuse. On en trouve des fossiles dans les sédiments du Pliocène, il y a quelques millions d’années. Une famille appartenant à l’ordre des passereaux, eux-mêmes héritiers des dinosaures théropodes. Une famille qui compte 90 espèces, présentes dans le monde entier, des déserts aux forêts, sur les rivages, en Australie, en Sibérie, en Amériques du Nord au Sud, et en Europe, bien sûr. Chez nous 5 espèces sont les plus courantes, auxquelles il faudrait ajouter autant d’occasionnelles. Des oiseaux familiers des humains, mais parfois aussi victimes des humains.

La nature en bord de mer

Marc Giraud
© Delachaux et Niestlé, 2020

La Nature en bord de mer

Tout ce que vous avez voulu savoir sur la vie en bord de mer, sans oser le demander. La vie sexuelle du varech, par exemple. Marc Giraud vous dit tout, avec de superbes photos de Sonia Dourlot, Rémy Dubas et William Duvernoy. Tout commence par une approche astrophysicienne, voire philosophique, de l’origine du monde, avant de se poursuivre en géologie. Les roches nous parlent, et les strates que l’on observe sur les falaises témoignent des millions d’années à forger la nature telle que nous la connaissons. Les fleurs des rochers, armérie maritime (ou œillet marin), cinéraire maritime ou criste marine, lichens et algues viennent y mettre de la couleur et des nutriments pour toute la colonie qui y loge. Nous voici ensuite sur la plage, et sa flore bien particulière d’oyats et de chou marin et, à proximité, la queue de lièvre.

Kit pour voyager en écotopie

Vincent Dubail
Editions Tana, 2020



Un livre militant, qui relève d’un programme politique, avec des mesures d’ordre pratique et sociétales. « Les constructeurs d’objets techniques les garantiront pendant 20 ans », ou « mise en place d’un service forestier, agricole, maritime et littoral sur le modèle du service civique » ou encore « gratuité totale des modes de transports propres en France » et bien d’autres propositions sur le quotidien. Elles côtoient des mesures structurelles, comme l’instauration d’une carte carbone, du revenu d’existence, ou la réduction progressive du temps de travail à 18h par semaine. Une approche radicale, pour promouvoir une vision de l’écologie politique comme une « pensée globale et systémique », se référant à de nombreux auteurs, avec une affection déclarée pour Fourrier, utopiste précurseur de la cause écologiste selon Vincent Dubail.

Le pain et le vin + Le jaune et le blanc

Deux livres d’Aurélie Théron, un seul sous-titre : le livre antigaspillage
Editions de la Martinière, 2020 et 2019.

lepainetlevin  le jaune et le blanc

Nous voici en plein double dividende, du plaisir pour nous, les humains, et la lutte contre le gaspillage alimentaire. Nous voudrions bien, mais nous ne savons pas toujours comment faire pour ne pas jeter le pain rassis ou le fond de bouteille de vin, qu’il ne faut pas se forcer à boire une fois les invités partis. Ni que faire des jaunes d’œufs hérités de recettes qui ne demandent que du blanc, ou l’inverse, des blancs qui nous restent après usage exclusif des jaunes.

L’économie expliquée aux humains

Emmanuel Delannoy
©Wildproject, 2011, 2020

l economie expliquee humains

Il s’agit d’une réédition, d’un petit livre préfacé par Hubert Reeves. L’auteur s’en explique dans un avant-propos où il s’interroge sur l’écart qu’il observe entre d’un côté la prise de conscience des enjeux environnementaux, et de l’autre le prolongement des politiques d’avant, comme si rien ne s’était passé des dix dernières années. « La vraie cause, réelle et profonde, est à rechercher du côté de nos représentations ». Nous voici confrontés à un « problème anthropologique et culturel ».

Faune des villes

300 espèces qui vivent parmi nous
Vincent Albouy et André Fouquet
©Delachaux et Niestlé, 2020

faune des villes



300 espèces, 300 fiches, qui constituent le plat de résistance, mais les hors d’œuvres sont aussi dignes d’intérêt. Les auteurs nous y présentent la ville sous un aspect particulier, en quoi elle est accueillante pour la faune. Curieusement, cette introduction ouvre sur le végétal. La première partie de l’ouvrage est une description de la ville et des éléments qui y favorisent le développement de la vie animale. « Pour diverses espèces de plantes et d’animaux, la ville représente une multitude de milieux où trouver les conditions indispensables à leur survie ». Nous voilà donc en route cers une sorte de tour de ville de ces milieux. Ce sont tout d’abord les friches et autres espaces résiduels, souvent laissés à eux-mêmes entre deux usages.

Requalification urbaine, architecturale et environnementale

François Pélegrin
Editions PC, 2020

 


« Réhabiliter ne suffit pas, il faut requalifier ». Un livre qui parait en marge de l’opération Cœur de villes lancée par le ministère de la Cohésion des territoires, et le la mise au point d’une méthode initiée par le Club de l’amélioration de l’habitat et appelée OPERAE, opération massive de requalification urbaine, architecturale et environnementale.

Des papillons dans mon jardin

Comment les attirer avec les plantes appropriées
Bruno P. Kremer
©Delachauxet Niestlé, 2020

De l’écologie au quotidien, pour la biodiversité. « La superficie de tous les jardins d’Europe est environ trois fois supérieure à celle des zones protégées ». Nous avons donc un rôle à jouer pour contribuer à la richesse biologique, et ce livre nous donne des indications sur le Comment, après une brève introduction sur le Pourquoi. Les jardins sont loin de rivaliser en surface avec les espaces agricoles ou forestiers, mais ils ne sont pas négligeables pour autant, et il ne dépend que de leurs propriétaires d’en faire des points forts de biodiversité.

Il était une bergère

Yves Deloison et Stéphanie Maubé
©Editions du Rouergue, 2020

 il etait une bergere

L’ouvrage est présenté comme un « témoignage ». C’est aussi un manifeste pour un autre modèle agricole, que l’on peut résumer par la confrontation élevage versus production animale. Deux expressions qui pourraient désigner la même chose mais qui, dans la pratique, recouvrent deux réalités très différentes.

En route pour l’autonomie alimentaire

Guide pratique à l’usage des familles, villes et territoires
François Rouillay et Sabine Becker
©Terre Vivante, 2020

 


Une affaire de lasagne. Un exemple, à Montcalm, dans le Gard, sur un ancien terrain de tennis en béton. Comment y produire 100kg de légumes en 100 jours ? Du carton, des déchets organiques récupérés aux alentours, du bois mort en décomposition, et un peu de terreau. Le tout étalé en couches successives sur le béton, et ça marche. Un sol nourricier de grande vitalité. Même dans des conditions difficiles, il est possible de « reprendre la main sur son alimentation », et de la produire, individuellement ou collectivement.
Le mouvement d’origine anglaise, incredible edible, traduit en français par « incroyables comestibles », est une source d’inspiration pour ce processus d’appropriation. Né en 2008 à Todmorden dans le nord de l’Angleterre, a été introduit en France en 2012 par un des auteurs, pour lutter contre la pauvreté et rendu célèbre par un écriteau « Food to share », nourriture à partager, planté devant des petits jardins créés un peu partout, dans des espaces réputés sans intérêt.
Le livre de François Rouillay et Sabine Becker est un guide pour aider les volontaires à se lancer dans ce type d’initiative, à partir d’expériences menées en France de 2015 à 2018. Reprendre la main sur son alimentation, mais aussi recréer le lien « de la terre à l’assiette », y compris dans des villes. L’autonomie mentionnée dans le titre est « la capacité d’un territoire urbain à produire une nourriture saine permettant de répondre aux besoins quotidiens primordiaux de ses habitants ».
Approche urbaine et agricole à la fois, avec pour objectif un « plan paysage nourricier » et en invitant les collectivités à remplacer progressivement les buissons décoratifs par des plantes productives en libre-service. De nombreux exemples sont évoqués, à Onex (canton de Genève, en Suisse), à Rennes, à Appietto (Corse), à St Philippe (La Réunion), à Sarcelles (Val d’Oise) ou au Val de Reuil (Eure), liste non limitative.
Le guide proposé dénombre 21 actions à enchainer, parmi lesquelles on notera la phytoremédiation, qui consiste à dépolluer les sols et les eaux avec des végétaux, et 7 clés pour la réussite, au premier rang desquelles on trouve une « vision commune partagée ».
Un glossaire, enfin, pour compléter le guide, dont le premier mot, par ordre alphabétique, est Aggrader, « acte d’enrichir les sols par différents moyens naturels issus de la biomasse ». Le contraire de dégrader, peut-on présumer. Un plus pour la planète, et une source d’alimentation pour les humains, un double dividende bienvenu !

Pour aller plus loin sur l'autonomie alimentaire : http://www.autonomiealimentaire.info/

 
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