Durer

Eléments pour la transformation du système productif
Pierre Caye
©Les Belles Lettres 2020



« Pour la première fois depuis Marx, un livre, Durer, propose une approche globale du système productif et décrit les outils nécessaires à sa transformation ». Même si le sous-titre comporte le mot « éléments », les ambitions sont là et s’affichent clairement en page 4 de couverture. Durer, le mot fait référence au développement durable, que certains jugent obsolète, mais ce n’est que parce que « nul n’a entrepris de lui donner un contenu cohérent ni d’en asseoir les principes ».

Mésologie urbaine

Augustin Berque
©Editions Terre Urbaine, 2021



Il s’agit d’un recueil d’articles publiés entre 2002 et 2019, sur un sujet dont Augustin Berque est une référence incontestée : la mésologie. Une science ainée de l’écologie, qui lui a progressivement pris sa place mais qui s’en distingue sur le fond, et c’est tout l’intérêt de l’approche d’Augustin Berque de nous faire comprendre ladite distinction. Une observation, au départ : « L’environnement serait-il comparable, des sociétés différentes pourront élaborer historiquement des milieux très différents ».

Genèse. Dieu nous a-t-il placé au-dessus de la nature ?

J. Baird Callicot
©Wildproject, 2009, 2021


Un classique, publié aux Etats-Unis en 1991, en France en 2009, et réédité aujourd’hui. Une approche philosophique d’une question rituelle : Le judéo-christianisme est-il responsable de la crise écologique ? C’est la Bible, plus particulièrement la Genèse, qui est au cœur du sujet. Certaines interprétations laissent penser que « seuls de toutes les créatures, les êtres humains furent créés à l’image de Dieu, et qu’il leur fut donné d’exercer leur supériorité sur la nature et de l’assujettir ». Pour d’autres, « nous sommes les « intendants » de Dieu sur la création – nous sommes chargés d’en prendre soin – et non les nouveaux propriétaires ». Dans les deux cas, un rôle à part, une humanité à côté du reste de la création, plutôt qu’en son sein. L’affaire du fruit défendu, dont la consommation a ouvert les yeux à Adam et Eve, renforce cette posture. Pour J.B. Callicot, la connaissance du bien et du mal est surtout le pouvoir de décider ce qui est bien et ce qui est mal, tout comme Dieu, ce qui explique l’expulsion de nos premiers parents du jardin d’Eden. « Dès lors que les êtres humains devinrent conscients d’eux-mêmes et donc égocentriques, ils commencèrent à jauger la création en fonction d’eux-mêmes. Certains organismes vivants créés par Yahvé, plantes ou animaux, furent déclarés par l’homme « mauvais », nuisibles (…). En revanche, les plantes comestibles et les animaux domesticables sont déclarés « bons » et sont cultivés et encouragés ».
J.B. Callicot le dit avec humour : « Les Ecritures possèdent cette qualité merveilleuse que je qualifie d’ambiguïté créatrice ». Elles sont issues de plusieurs traditions, parfois contradictoires et accolées, laissant ainsi un large espace d’interprétation. Parmi ces sources, la plus récente date du Ve siècle avant JC, au cours d’une période de transition ou l’agriculture se substitue progressivement à la cueillette, et où l’influence des premiers philosophes grecs se fait sentir. L’éviction du jardin d’Eden « représente l’abandon par Homo Sapiens de la « place » écologique qui avait été prévue pour lui dans la nature ». L’humain occupe dès lors une place dominante, renforcée après le déluge : « Et la peur et l’effroi de vous seront sur chaque bête de la terre, sur chaque volatil dans l’air, sur tout ce qui se meut sur terre, et sur tous les poissons de la mer (Gn, IX, 2). Etonnez-vous dans ces conditions qu’Homo Sapiens se croit tout permis. La crise écologique comme conséquence du discours biblique n’est pas malgré tout une fatalité. « Ça n’a pas de sens, écologiquement parlant, d’opposer les droits des hommes à ceux des autres créatures et de la nature en général ». J.B. Callicot exprime clairement sa conviction : « En vérité je vous le dit, nous pouvons enrichir la nature tout en nous enrichissant nous-mêmes ». Le double dividende est bien là.
Il reste la question de l’influence de cet « héritage religieux » sur nos comportements. « S’il est certain que les représentations exercent une influence sur les comportements, il est tout aussi clair qu’elles ne les déterminent pas. Il arrive après tout que les comportements des gens contredisent les croyances, les idéaux et les valeurs qu’ils professent ». Après tout, la Bible n’est peut-être pas la seule coupable de la crie écologique.

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Philosophie du marcheur

Essai sur la marchabilité en ville
Jérémy Gaubert
©Editions Terre Urbaine



Vous serez bien surpris de savoir tout ce qui se passe, tout ce que cela signifie, quand vous marchez dans la rue. De nombreux auteurs ont consacré des thèses ou des essais à ce sujet, à commencer par les philosophes grecs, les fameux péripatéticiens, qui avaient besoin de marcher pour penser. « C’est dans l’ensemble des écoles de la Grèce antique que l’enseignement se faisait pour partie lors de promenades ».

Le bonheur et au jardin

Permaculture, le plus court chemin vers la nature
Carine Mayo
©Terre vivante


Un livre pour le plaisir, Epicure au jardin. Carine Mayo nous invite à jouir pleinement de la nature, celle que vous pouvez voir prospérer dans votre jardin, avec les principes de la permaculture. Ceux-ci vous sont rappelés en annexe, avec la précision qu’ils « peuvent s’appliquer à tous les domaines de la vie ». Une forme de sagesse en 12 points, le premier étant « observer et interagir », et le dernier « Utiliser le changement et y réagir de manière créative ». Une attitude à adopter au départ : « nous devons nous résigner à ne pas tout maitriser ».

Vélotaf

Mode d’emploi du vélo au quotidien
Jérôme Sorrel, illustrations d’Eve Coston
©Gallimard, Collection Alternatives



Le titre est tout un programme. Il s’agit de dépasser le vélo loisir ou sportif, et de considérer la petite reine comme un moyen ordinaire de se déplacer, notamment pour aller au travail, au taf ! Un mot nouveau est né, Vélotaf, décliné parfois en vélo utilitaire, vélut pour les intimes.
C’est ce positionnement ferme en faveur d’une banalisation du vélo qui guide l’ensemble de l’ouvrage. Un livre qui ne s’appesantit pas sur le « pourquoi », mais se concentre sur le « comment ». Ça n’empêche d’ailleurs pas l’auteur de décliner tout un argumentaire en faveur du vélo comme mode de déplacement idéal, comparé aux autres modes. Un chapitre entier qui se termine par les 10 commandements du « vélotaffeur », la personne qui va au taf en vélo. Parmi ceux-ci, on notera de nombreux conseils de prudence, tels que « Roulez à une allure adaptée » ou « ne doublez JAMAIS sur la droite un camion/bus/camionnette » mais surtout un message de respect du piéton « Ne faites aux piétons ce que vous reprochez aux motorisés », un rappel bien utile.

« Les parisiens », une obsession française

Anatomie d’un déséquilibre
Olivier Razemon
©Rue de l’échiquier, 2021


La particularité du livre est de traiter la question sous deux angles complémentaires : le ressenti et la réalité. Quelle question ? celle du poids de Paris d’une part dans nos esprits, la culture populaire des parisiens et des « provinciaux », et d’autre part dans le fonctionnement de notre pays, dans ses volets économiques, politiques, sociaux. Une approche vue des deux côtés, Paris et province, mot aujourd’hui fortement connoté et remplacé successivement par « Région » et « Territoires ».

Le climat après la fin du mois

Christian Gollier
©Presses universitaires de France/Humensis 2019

le climat apres la fin du mois


« L’économie est un sport de combat ». C’est un orfèvre qui le dit, le directeur général de la Toulouse School of Economics. « Pas de victoire possible dans la guerre pour le climat sans une mobilisation générale du peuple et des entreprises ». Le problème est que tout le monde est d’accord « pour que les autres réduisent leurs émissions ». « La démocratie, c’est la tyrannie du court terme ». Il va donc falloir beaucoup d’énergie pour installer le long terme dans les débats, et faire adhérer le plus grand nombre à l’effort nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique et préserver les générations futures.

Ecologie des territoires

Sous la direction de Thierry Paquot
©Terre urbaine, 2021

ecologie des territoires

Il s’agit d’un ouvrage « polyphonique », fruit d’un atelier animé par Thierry Paquot, et réunissant des compétences variées, chaque intervenant devenant l’auteur d’un chapitre. Une ligne directrice pour décliner le titre, qui associe écologie et territoire. L’écologie est la méthode d’appréhension du territoire, en tant que processus, transversal et interrelationnel. Trois vertus pour sortir des approches traditionnelles, car « d’un côté, nous fonctionnons à l’ancienne, et de l’autre nous pensons que ce n’est plus possible ». Un terme résume l’orientation de l’ouvrage, « Biorégion », dans la perspective d’un renforcement de l’autonomie des lieux et des gens.

Empreinte écologique et biocapacité

Bien vivre avec une seule planète
Mathis Wackernagel et Bert Beyers
Terre vivante, 2021


Le sous-titre dit l’essentiel. L’empreinte écologique a été « conçue pour améliorer la vie des gens : il s’agit de nous aider à vivre une vie meilleure et enrichissante dans le contexte d’une seule planète ». Elle ne date pas d’hier. Imaginée par un des deux auteurs, Mathis Wackernagel, et William Rees au début des années 1990, 30 ans déjà, ce mode de comptabilité écologique est animé par un réseau créé en 2003, le Global Footprint Network qui l’applique à de nombreux pays, de nombreuses villes ou régions du monde, et tente de faire progresser la méthode. Il en effet difficile de convertir la diversité du monde vivant en quelques chiffres. Il n’en est pas moins indispensable de représenter la consommation de planète que nous faisons chaque jour, et de la mettre en regard de ce que cette dernière peut fournir, qui est appelée « biocapacité ». Une comptabilité qui peut s’établir à l’échelle de la planète ou d’un territoire, une ville, ou un pays par exemple.

Le grand dérangement

Amitav Ghosh
©Wildproject pour l’édition française, 2021



Quand un professeur de littérature comparée s’intéresse au réchauffement climatique, nous découvrons des facettes discrètes, si ce n’est cachées, en tout cas profondes, de nos civilisations. Amitav Ghosh explore dans cet ouvrage « les fronts où le changement climatique résiste à la littérature et aux arts contemporains ». Il s’agit de littérature, mais aussi de textes politiques, à commencer par l’accord de paris, comparé à l’encyclique du pape François, Laudato si’, documents datés tous les deux de 2015. Une comparaison instructive, que je vous laisse découvrir.

Sauvons la biodiversité

Comprendre pour mieux agir
Catherine Levesque, illustrations RED !
©Delachaux et Niestlé, 2021

Sauvons la biodiversite Comprendre pour mieux agir

Concrètement, on fait quoi ? Tel est le leitmotiv de ce livre au caractère militant affirmé. Un tour d’horizon des enjeux de la biodiversité, avec pour chaque aspect le souci de l’action que chacun peut entreprendre, à son échelle. Chacun, c’est-à-dire les particuliers, en appartement ou en maison avec un jardin, ou petite collectivité, petite entreprise. Echelle modeste, grandes ambitions. Biodiversité, ou plutôt nature, mot qui résonne différemment, comme « se sentir au diapason du monde », biodiversité présentant un aspect plus scientifique, au risque « d’une certaine scientifisation ». L’ouvrage met en évidence le volet esthétique et affectif de la nature. Et même après avoir rappelé les multiples dégradations de l’environnement, l’auteure affirme que « l’émerveillement devrait l’emporter sur le catastrophisme, les rapports chiffrés et la culpabilité ».
Cette réflexion sur le vocabulaire ne l’empêche pas de nous donner une définition de la biodiversité, et même d’évoquer l’origine du mot. Le tour d’horizon auquel elle nous invite nous parle des espèces menacées, y compris les plus modestes, et nous propose des solutions simples à mettre en œuvre. Elle nous parle d’agriculture, pour vanter les bienfaits de l’agroécologie. Elle nous montre le lien entre nos consommations et les pressions sur la planète. Elle évoque les politiques de protection des espaces et des espèces, comprenant la biodiversité ordinaire avec notamment un coup de projecteur sur les bienfaits des haies. Elle nous parle des mares et autres zones humides, toujours en danger, et de la préservation de la richesse des océans. Elle fait le lien entre biodiversité et climat, et avec les pandémies telles que la Covid. Un bon tour d’horizon qui se termine par l’approche militante et la présentation des grands mouvements institutionnels comme les sommets de la Terre et l’UICN.
Outre ce panorama très étendu, l’ouvrage a le mérite de multiplier les références aux actions des ONG, à des réalisations intéressantes, et d’innombrables conseils pratiques pour passer aux actes. Toujours « concrètement, on fait quoi ? »

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L’éco-anxiété ne passera pas par moi

Conseils pratiques pour une écologie sereine
Elise Rousseau
© Delachaux et Niestlé, 2020



« L’écologie, finalement, c’est avant tout un plaisir » nous dit un des personnages principaux de cette bande dessinée, la poule Cocotte. « Oui, c’est pas grave si on n’est pas parfait », lui répond une jeune fille de 14 ans. Il a fallu une séance de psi pour une Cocotte déprimée, pour en arriver là.

Le maraichage sur petite surface

La french method
Christian Carnavalet
©Edition de Terran, 2020



« Voyant leurs terres rétrécir comme peau de chagrin, il y a 180 ans, les producteurs de légumes intra-muros à Paris ont réagi en accroissant la rentabilité des espaces exploités, en multipliant le nombre de cultures simultanées, en serrant les plantes, en les intercalant, en exploitant chaque centimètre carré de leurs exploitations sur les 365 jours de l’année ». De l’ingéniosité et de la technicité pour compenser la réduction des surfaces exploitées. La french « method » est née d’une réaction à une pression foncière, qui pourrait nous rappeler la situation de la planète aujourd’hui : Nous n’habitons pas la même planète que nos aïeux, la leur était immense, la nôtre est petite » disait Bertrand de Jouvenel.

Le vent s’est levé

Dominique Bidou
Préface de Frédéric Mazzella
Editions PC, novembre 2020

Le vent s est lev couverture


Un livre sur la manière de parler du développement durable, de le « vendre » au plus grand nombre, et notamment les décideurs et tous ceux qui sont en recherche du monde de demain. L’introduction donne le ton : « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ». Il n’y aura pas de développement durable sans en donner envie à nos concitoyens, d’autant plus qu’il leur revient en bonne part d’en imaginer les contours. Comment « donner soif » du DD ?

Habiter l’air

Projets architecturaux et environnementaux
Michele Boni
©Gallimard – collection alternative – 2020

habiter l air

Voici 30 exemples d’architecture de l’air. Un panorama de réalisations précédé d’un rappel de l’importance de l’air dans notre vie : « L’homme habite l’air dès la première seconde de sa vie ». Nous sommes tous concernés, les architectes, bien sûr, et nous tous qui habitons ou fréquentons des lieux de vie pleins d’air. L’air nous conduit à « représenter tous les éléments invisibles de l’espace de vie, la vitesse, la température, le degré hygrométrique, l’odeur et le son ». Mais l’air est capricieux, et ne se laisse pas facilement attraper. Il est invisible, au point qu’il est souvent confondu avec la dématérialisation, proche de l’absence ou de la disparition. Il est inconsistant, entre le vide et l’espace de possibilités. Il est omniprésent, il est impossible de s’en éloigner. Et il est fragile, alors que « la « pensée de la substance » nous contraint à suivre certains schémas rigides. Le concept d’air comme matériau de construction nous amène à « recourir à un autre type de pensée qui considère le facteur temps et l’imprévisibilité comme élément d’un projet ».

En roue libre

Une anthropologie sentimentale du vélo
David Le Breton
© Terre Urbaine


Un livre en forme de sandwich. Une apologie du vélo et un appel à la « vélorution » en ouverture et en clôture, et inséré entre les deux une histoire du vélo, ses dimensions culturelles, ses apports sociaux. Le tout pimenté de nombreuses citations. Liste non exhaustive des auteurs convoqués par David Le Breton : Simone de Beauvoir, Eric Fottorino, Henri Miller, Pierre Sansot Jules Romain, Jules Renard, Alfred Jarry, Paul Morand, Mark Twain, Emile Zola, Marcel Proust, Maurice Leblanc, Jerome K. Jerome, Julien Gracq, Albert Londres, Bernard Charbonneau, et bien sûr Ivan Illich. Du beau monde assurément.

Géopolitique de l’agriculture

Sébastien Abis et Pierre Blanc
©Editions Eyrolles, 2020



Ce sont « 40 fiches illustrées pour comprendre le monde ». 40 fiches pour situer l’agriculture au cœur de la géopolitique. Souvent oubliées, ou considérées comme un reste du passé, « l’agriculture et l’alimentation ont toujours été marquées du sceau de la conflictualité et des dynamiques de puissance et le monde d’aujourd’hui oblige encore davantage à opérer cette géopolitique agraire et alimentaire.

Si le temps le permet

Stéphane Cordobes
© Berger-Levrault, 2020


Un livre en forme d’application de celui de Bruno Latour, Où atterrir ? Une application dans une terre qui pourrait préfigurer le sort de la planète entière : Saint Pierre et Miquelon. Le sous-titre exprime les intentions de l’auteur : Enquête sur les territoires du monde anthropocène.
Anthropocène, un mot pour désigner une nouvelle ère géologique définie à partir des effets de l’action des hommes sur la planète. L’ouvrage est le fruit d’une mission réalisée par Stéphane Cordobes à l’automne 2019, et se présente comme une série de courtes notes au sein d’un album photographique.
Nous sommes dans une ambiance de fin du monde, dominée par le souci du temps dans tous les sens du mot, le temps qui passe et le temps qu’il fait, qui conditionne tous les projets. Nous sommes loin du constat qui avait pu être tiré de la première édition de l’indicateur Happy Planet Index, HPI (1), en 2006. Les îles du pacifique, Vanuatu en tête, apparaissaient comme les plus sages, celles qui étaient parvenu à conjuguer au mieux le bonheur des humains et la prospérité de la planète. L’insularité comme source de sagesse ? Ce n’est pas la situation que Stéphane Cordobes découvre à Saint Pierre et Miquelon, loin de là. Ce serait plutôt une image de ce qui nous attend si nous ne changeons pas de modèle. « Même là où un effondrement est déjà advenu, on n’en tire pas d’enseignements conséquents ». Après l’effondrement de la pêche, voici la montée des eaux, résultat bien visible du réchauffement climatique, avec des risques de submersion qui ont conduit à déclarer le bourg inconstructible, et à se résigner à quitter les lieux pour des zones plus sures. Des évènements qui ne semblent pas avoir changé les mentalités, toujours attachées à un rêve de modernité. « Être convaincu de la catastrophe imminente ne suffit pas à faire taire les controverses et à déclencher la mobilisation collective ». La « bifurcation écologique » doit aussi être mentale. « Partout dans le monde moderne, les velléités de protection de la nature heurtent les us et coutumes… ». Et les nouvelles générations, malgré leur attachement à l’île, n’y voient plus leur avenir et cherchent à la quitter.
Pour « élaborer un nouveau projet anthropo-politique », Stéphane Cordobes propose de s’appuyer sur les territoires, mais en privilégiant une approche sensible, avec une large place à l’expérience esthétique. « Un impératif d’ajustement anthropologique et de refondation politique », un beau projet pour les territoires.

1 - Voir la chronique Bonheur

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Les hirondelles

Georges Olioso
©Delachaux et Niestlé, 2020

les hirondelles


Un livre pour vous rendre savant et impressionner vos amis. A lire avant de partir en vacances, ou à emporter pour les devoirs de vacances, si vous préférez. Un devoir bien sympathique, à base d’observation des oiseaux.
Les hirondelles constituent une famille ancienne et nombreuse. On en trouve des fossiles dans les sédiments du Pliocène, il y a quelques millions d’années. Une famille appartenant à l’ordre des passereaux, eux-mêmes héritiers des dinosaures théropodes. Une famille qui compte 90 espèces, présentes dans le monde entier, des déserts aux forêts, sur les rivages, en Australie, en Sibérie, en Amériques du Nord au Sud, et en Europe, bien sûr. Chez nous 5 espèces sont les plus courantes, auxquelles il faudrait ajouter autant d’occasionnelles. Des oiseaux familiers des humains, mais parfois aussi victimes des humains.

La nature en bord de mer

Marc Giraud
© Delachaux et Niestlé, 2020

La Nature en bord de mer

Tout ce que vous avez voulu savoir sur la vie en bord de mer, sans oser le demander. La vie sexuelle du varech, par exemple. Marc Giraud vous dit tout, avec de superbes photos de Sonia Dourlot, Rémy Dubas et William Duvernoy. Tout commence par une approche astrophysicienne, voire philosophique, de l’origine du monde, avant de se poursuivre en géologie. Les roches nous parlent, et les strates que l’on observe sur les falaises témoignent des millions d’années à forger la nature telle que nous la connaissons. Les fleurs des rochers, armérie maritime (ou œillet marin), cinéraire maritime ou criste marine, lichens et algues viennent y mettre de la couleur et des nutriments pour toute la colonie qui y loge. Nous voici ensuite sur la plage, et sa flore bien particulière d’oyats et de chou marin et, à proximité, la queue de lièvre.