La belle aventure de l’océan

Pierre Royer et Jean-Baptiste de Panafieu
©Dunod, 2018

Un livre qui mêle l’utile à l’agréable. Un beau livre, qui ferait un beau cadeau, et une richesse d’information peu commune. L’histoire de l’océan en 100 dates, une double page par date. Ça commence il y a 4,4 milliards d’années, et ça finit en 2018. Voilà le programme. Pour chaque page, une histoire, un encadré informatif, une photo ou une gravure, et quelques liens vers d’autres pages du livre, d’autres dates, d’autres phénomènes. Il y en a pour les yeux et pour la cervelle.
Ce parti éditorial permet de passer en revue à la fois l’histoire de l’océan, avec les aventures dont il est le support comme des grandes expéditions ou de grandes batailles navales, et les grands phénomènes qui l’animent, comme les « vagues scélérates », signalées pas Dumont d’Urville en 1828, ou les grands courants marins, comme le Gulf stream (il y a 4,1 millions d’années) et le Nino (2014). L’histoire et la biologie, spécialités des deux auteurs, sont au cœur de l’ouvrage. L’Odyssée (vers 700 avant notre ère), les « pilgrims » du Mayflower (1620), et Trafalgar (1805) sont au rendez-vous, tout comme les coraux (2015), les abysses (1960) et le zooplancton (1904).
Vous y retrouverez les grands navigateurs, Zheng He (1433), John Cabot (1497), Vasco de Gama (1498), Bougainville (1766-69), James Cook (1768), Surcouf (1800) et Eric Tabarly (1964) ; vous franchirez le détroit de Magellan (1520)  et le Cap Horn (1616) ; vous verrez apparaître l’Atlas de Mercator (1569), le mille marin (1929), le scaphandre (1775) et le système GPS (1995). Vous saurez tout sur l’aquaculture (1858), l’extraction offshore (1937), les parcs éoliens (2013), et les villes flottantes (2018). C’est une forme d’encyclopédie de la mer, construite autour d’une centaine de phares pour vous éclairer, notamment le fameux Ar Men (1881).
Au total un livre original qui fait le tour du monde, nous rappelle bien des souvenirs, ravivent et complète nos connaissances, et nous ouvre de nouveaux horizons. Alors, tous à bord et bon vent !
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Big five

Le retour des grands animaux sauvages
Marc Giraud
© Delachaux et Niestlé, 2018


Il s’agit ici de ré-ensauvagement. « Qui aurait cru, il y a de cela une trentaine d’années, que des castors, des loutres ou des phoques s’ébattraient à nouveau dans nos fleuves, que des loups hurleraient à nouveau dans nos montagnes ? » C’est l’histoire de cette aventure extraordinaire de la cohabitation du monde sauvage et de celui où nous avons nos habitudes. « La question reste : quel prix sommes-nous prêts à payer pour accepter l’existence d’une vie sauvage libre, indomptée, qui n’a que faire de nos intérêts économiques et qui peut poser des problèmes ponctuels ? »

Liselot des papillons

Marie Wilmer (texte) et Miod (illustrations)
Editions Perspective, 2008

Il s’agit du respect du vivant. « Une histoire pour échanger et réfléchir à la possession et au respect des autres êtres vivants ». Un thème important, qu’il convient d’aborder dès le plus jeune âge. L’esprit de possession est en effet bien présent dans la tête des enfants, et il s’exerce souvent au détriment des animaux, domestiques comme les chats, souvent martyrisés s’ils ne se rebellent pas, ou sauvages comme les papillons que l’on voudrait bien dans un bocal, à portée de vue.

Construire et réparer son vélo

Jenni Gwiazdowski
©Terre vivante, 2018

Vous connaissez le proverbe chinois : Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Nous restons ici dans cette philosophie, de l’apprendre à faire plutôt que de rechercher un produit tout fait. Vous voulez offrir un vélo à Noël, offrez plutôt un cours de fabrication de vélo, + les outils et ingrédients.

Paysans de nature, et A la rencontre de la France rurale qui bouge

Paysans de nature
Réconcilier l’agriculture et la vie sauvage
Perrine Dulac et Frédéric Signoret
©Delachaux et Niestlé, septembre 2018

A la rencontre de la France rurale qui bouge
Clément Osé
©Larousse, septembre 2018

paysans de nature      a la rencontre de la france rurale qui bouge

Est-ce le hasard du calendrier ? En marge du vote définitif de la loi agriculture et alimentation, voici deux livres, publiés le même mois, pour montrer « qu’une autre agriculture est possible ». Une forme d’illustration à l’étude présentée toujours le même mois dans une note de l’IDDRI (1) intitulée « Une Europe agroécologique : une option souhaitable et crédible face aux enjeux alimentaires et environnementaux ».

Des racines et des gènes

Une histoire mondiale de l’agriculture
(2 volumes)
Denis Lefèvre
©Editions Rue de l’échiquier, 2018

   


C’est une histoire de l’humanité, et plus précisément de la France, vue au prisme de la société agricole. Société, et non activité, tant l’agriculture a été productrice, depuis l’origine, d’un ordre social, voire religieux. Le sacré et la terre font bon ménage. Il faut dire qu’il s’agit d’une affaire de survie, et que c’est peut-être encore le cas.

60 idées ludiques et pratiques pour en finir avec le plastique

Jutta Grimm
@Terre vivante, septembre 2018

Un livre d’écologie pratique. Une écologie à la portée de tous, et adaptable au rythme de chacun : « Pour ma part, j’ai testé plusieurs solutions alternatives, et je ne change durablement mes habitudes que si l’alternative en question est vraiment faisable » nous dit l’auteure. Fais ce que voudras, mais voilà quelques trucs pour aller dans le bon sens.
L’ouvrage commence par un chapitre fort instructif sur le plastique dans tous ses états, les différents types, leurs composants, leur nocivité pour notre santé et pour l’environnement. Un plastique omniprésent à cause de ses nombreuses qualités, mais qui comporte aussi quelques défauts inquiétants. Comment s’en passer, telle est la question.

Au bonheur des arbres

Comment ils nous ressourcent et nous font du bien
Direction éditoriale : Brigitte Michaud
©terre vivante, mai 2018

au bonheur des arbres

Il s’agit ici de notre bien-être, et de la contribution que les arbres peuvent y apporter. Et pour cela, retrouver un lien charnel entre humains et arbres. Les auteurs (il s’agit d’un ouvrage collectif, réalisé à partir d’articles parus dans le magazine Plantes & Santé, sur une idée d’Isabelle Saget) constatent que ce lien s’est brisé par deux fois. Une première fois au siècle des Lumières, du fait de l’approche scientifique sans doute trop exclusive, et ensuite avec la révolution industrielle, où l’exploitation de l’arbre a dominé tous les autres sentiments.

Comment les géants du numérique veulent gouverner nos villes

La cité face aux algorithmes
Jean Haëntjens
©Editions rue de l’échiquier

Un livre engagé, qui conduit parfois l’auteur des inexactitudes, mais un livre qui propose un débat essentiel sur le rôle des algorithmes dans la conception et la gestion des villes. Un livre écrit par un urbaniste, et qui défend clairement le concept de « cité politique » face à la « smart city ». L’auteur se positionne entre deux camps, celui des ingénieurs et des tenants des algorithmes, et celui des « acteurs traditionnels de la fabrique urbaine », et cherche la voie qui permettrait au « politique » de garder la main sans se priver des apports de la technologie. Il présente pour cela une sorte de confrontation entre les deux approches, une confrontation qu’il veut constructive.

Du BEPOS au bâtiment responsable, tome 2

Le bâtiment responsable, le bâtiment augmenté
Alain Maugard
XPAIR, 2018

Alain Maugard nous propose deux approches pour la suite de Le BEPOS pour tous, le bâtiment responsable, et le bâtiment augmenté. Deux qualificatifs complémentaires ou qui peuvent le devenir si la volonté y est. Ce n’est pas gagné, mais c’est possible de faire du bâtiment un « producteur de liberté ». Les exigences que le contexte nous impose, énergie, carbone, biodiversité, nous conduisent à des transformations profondes dans nos modes de construire, et de conception des bâtiments et de leurs emplacements, de leurs organisations, offrant ainsi l’occasion d’une ouverture inédite. Une formidable occasion de mettre à profit nos connaissances et notre technologie, y compris le monde connecté, pour adapter logements et bureaux à la diversité des modes de vie, d’aujourd’hui et surtout de demain. L’adaptabilité, vertu cardinale du développement durable, est au cœur de la réflexion. Partons des besoins et des envies, plutôt que de références universelles et rigides. Un beau pari, qui n’est pas gagné, mais qui vaut assurément la peine d’être tenté.

Changer d’ère l’air de rien

Le guide pratique pour réussir sa transition
Valère Corréard
© Rue de l’échiquier

 changer d re l air de rien

 Un guide pratique, comme l’indique le sous-titre. Un livre qui propose des solutions, bienvenues dans le concert des alertes et autres interpellations dont nous sommes l’objet.

Ce n’est pas le premier, mais il a une qualité particulière : il balaie large. Un seul livre pour une série d’approches présentées le plus souvent séparément : alimentation, déchets, habillement, habitat, déplacements, information, citoyenneté, tout y est, avec en touche finale l’éloge de la lenteur : Prendre son temps. Voilà un beau programme, abondamment illustré de courtes bandes dessinées signées Nat Mikles.
Pour chaque chapitre, vous aurez à la fois des informations d’ordre général, qui vous permettent de comprendre les enjeux, un quizz pour tester vos connaissances, et un interview d’une personnalité qui vous donnera tous les bons conseils, les bonnes recettes, les bons repères, pour organiser vous-même la transition. Et bien sûr un carnet d’adresses, des ouvrages de référence, pour que ceux qui le souhaitent puissent approfondir le sujet qui les intéresse. Ce livre s’impose comme un guide indispensable dans un monde qui ne peut échapper à la transition nous dit Allain Bougrain-Dubourg dans la préface.
Un livre à la portée de tous, pour réagir à la fatalité. Tout serait donc joué d’avance ? Voilà l’assertion contre laquelle Valère Corréard s’insurge. Bien sûr, les montagnes sont difficiles à soulever, mais chacun peut agir dans sa sphère habituelle, travail ou vie personnelle, et la vraie question est « que puis-je faire, moi, dans l’univers où j’ai de l’influence ? ». Ce livre est là pour nous aider à se poser les bonnes questions, et montrer que le nécessaire changement est à notre portée. Nous pouvons même y prendre plaisir, et retrouver des sensations fortes.
Un mode d’emploi de la transition, mais aussi pour « trouver son propre rythme ».

 

Et découvrez le clip de présentation : https://www.youtube.com/watch?v=y_T17ZyMPJE&t=1s

 
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Les arbres et leurs hôtes

La vie insoupçonnée dans les arbres et les arbustes
Margot et Roland Spohn
© Delachaux et Niestlé, 2018


« Un arbre, c’est comme une grande ville, avec des logements chics et d’autres modestes, des voies de circulation, des points de ravitaillement… ainsi que des cimetières. »
Nous voilà donc partis en exploration de ces villes que constitue chaque arbre ou arbuste. Des villes dont nous connaissons vaguement les composantes, racines, feuillages, fleurs, fruite et graines, galles, écorces, bois, et in fine le bois mort. Autant de milieux à découvrir, avec leurs hôtes dont la diversité est impressionnante. Les chênes et les saules semblent être les champions, sous nos latitudes, en termes de capacité d’accueil.  « Avec ses quelques 800 000 feuilles et ses kilomètres de branches, de rameaux et de racines, chacun de leurs représentants pourrait être comparé à une métropole densément peuplée. »  A l’heure où nous nous inquiétons de la dégradation brutale de la biodiversité, voilà un angle d’attaque passionnant, et abondamment illustré de photos commentées. Un bon guide pour découvrir cette richesse.
Celle-ci nous est présentée d’entrée de jeu de manière générale, des oiseaux aux micro-organismes, en passant par les mammifères et les insectes, les lichens et les mousses, et bien d’autres hôtes, pucerons et autres acariens. Mais les auteurs nous entraînent rapidement dans une galerie de portraits. Des portraits d’arbres, 58 au total, avec leurs habitants. Vous découvrez ainsi l’écureuil roux dans l’épicéa, aux côtés notamment du bec croisé des sapins et du scolyte typographe qui s’insère sous l’écorce et dont l’arbre se défend en secrétant des résines et diverses substances chimiques. Vous aurez tout sur le pommier e le poirier cultivés, et surtout sur les chenilles qui s’y développent (cheimatobie) et la manière de s’en protéger.
Car ces hôtes sont parfois de bons compagnons, avec lesquels des échanges fructueux s’établissent, ils sont aussi conflictuels, provoquant de la part des arbres des réactions de différents type comme des sécrétions des épines acérées. Celles-ci sont d’ailleurs appréciées des oiseaux et petits mammifères, car elles les protègent des gros prédateurs. Les stratégies de défense sont nombreuses, produit de co-évolutions très anciennes, qui ont permis à des équilibres subtils de s’établir.
Mais comment observer cette richesse biologique, dont les manifestations sont si différentes, adaptées à des conditions et des exigences très diverses ? Les auteurs ont une réponse, et vous donnent quelques conseils à cet égard. Vous trouverez notamment, en marge du texte et des photos, des indications de la saison la plus appropriée pour observer et ou tel « hôte », et d’une manière plus générale quelques indices de leur présence, ou des moments favorables, par exemple après une tempête.
Un livre qui vous aidera à regarde les arbres autrement.

 
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L’environnement dans le dialogue avec les consommateurs

Entreprises pour l’environnement, décembre 2017

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Nous sommes dans l’univers des entreprises, celles qui ont pris conscience des enjeux environnementaux, qui cherchent à les intégrer dans leurs stratégies et dans leurs produits. Les sociétés adhérentes à Entreprises pour l’Environnement (EpE) ont constitué un groupe de travail pour étudier la manière de parler d’environnement à leurs clients. Une question pas facile, car bourrée de pièges, et de difficultés diverses : La complexité du sujet s’accorde mal avec la nécessaire simplicité des messages commerciaux. Et pourtant, comme le dit le président d’EpE, Jean-Dominique Sénard, président du groupe Michelin, « la communication des entreprises joue un rôle clé : elle est la force la plus influente dans les évolutions des modes de vie ». Une grande responsabilité, donc, pour contribuer au changement vers une société durable. Les entreprises sont évidemment responsables des modes de production, elles le sont aussi, dans une large mesure, des modes de consommation.

L’écologie humaine en entreprise

Christel Koelher
GERESO Editions, mars 2018


Deux termes dans le titre : écologie humaine d’un côté, et entreprise de l’autre. La première partie de l’ouvrage est consacrée à une brève présentation de l’écologie humaine, et au sens qu’elle peut prendre dans une entreprise. L’auteure définit l’écologie humaine comme la prise en compte de tout homme et de tout l’homme dans toutes les activités du champ social. Dans l’entreprise, elle part du principe que l’entreprise peut être solidaire et performante à la fois, elle a un rôle à jouer bien au-delà de son objet social, l’innovation sociétale est un réel facteur de développement pour l’entreprise en particulier et toutes ses parties prenantes en général. Il en résulte une « stratégie du bien commun ». Un beau programme, avec notamment le souci permanent des plus fragiles, et des relations humaines. Les entreprises donnant accès à leur produits et services pour les populations les plus pauvres générèrent des relations économiques bénéfiques à toutes les parties, une sorte de double dividende, qu’il convient de faire naitre.
Il s’agit donc de transformer l’entreprise traditionnelle, pour intégrer une dimension sociale, pour prendre en compte les externalités et le temps long. L’ouvrage donne quelques clés pour entrer dans cette démarche, dans une série de chapitres courts, avec des encadrés pour souligner tel ou tel point, des exemples, et un encadré final sur ce qu’il faut retenir. Une sorte de cours de formation continue à l’attention de responsables d’entreprises. 12 recommandations concluent la première partie, parmi les quelles figurent la raison d’être de l’entreprise, qui doit contribuer au bien commun, la « voix au chapitre » dont doivent bénéficier chaque membre de l’entreprise, l’insertion territoriale, le respect des clients et fournisseurs, la confraternité avec les concurrents plutôt que la guerre économique, la modération salariale pour les dirigeants, etc.
Une grille de critères qui ne surprendra pas les habitués des investissements responsables, mais qui tente d’aller plus loin encore, en augmentant le niveau de ses exigences. La deuxième partie est consacrée aux banques et établissements de crédit, qui soutiennent l’activité des entreprises. Une présentation critique de la RSE et de l’ISR (responsabilité sociale de l’entreprise et Investissement socialement responsable) offre l’occasion à l’auteure de présenter quelques exemples de pratiques engagées, notamment celles de la BPCE, et de fonds d’investissements respectant les 12 critères définis en première partie.  La troisième partie constitue en quelque sorte les travaux pratiques du cours, avec des exemples d’entreprise et de la manière dont elles ont mobilisé leurs personnels autour des principes de l’écologie humaine.
Un livre intéressant, à l’heure de la réflexion sur le rôle social de l’entreprise et du rapport Notat-Senard. Beaucoup de bonnes idées, où chacun pourra faire son marché, d’autant que l’auteure recommande d’avancer chacun à son rythme. Une inquiétude toutefois, au-delà de l’entreprise, sur le concept d’écologie humaine, parfois appelée écologie radicale. Une approche qui met la solidarité et la personne humaine au cœur de son projet, ce qui est parfait pour l’entreprise, mais peut conduire à des dérives quand on sait que ce mouvement est issu de la manif pour tous.

 
 
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Gaston, le gaffeur qui avait du nez

Méga Spirou hors série, Dupuis, avril 2018

Gaston Lagaffe est né en 1957. Un an après son soixantième anniversaire, voilà un ouvrage qui lui rend hommage, et au-delà à son créateur, André Franquin, mort en 1997. Un album qui revisite une célèbre bande dessinée sous différents prismes, et notamment l’écologie, la désobéissance civile, le slow working et la sieste. « Gaston avait tout bon », avec quelques décennies d’avance. Ce sont des personnalités bien connues dans l’univers du développement durable qui l’affirment : ll a posé les germes d’une critique et possédait déjà toute la grammaire qui allait être la nôtre , nous dit Pascal Canfin, directeur du WWF. Pour Hubert Reeves, Gaston est un « patenteux », c’est-à-dire un créateur sans recette, plus dans l’improvisation que dans l’invention. Sa pensée pragmatique est absolument sans limites !  C’est ce caractère qui fait de Gaston une vedette du développement durable. Une liberté de pensée et une envie de passer aux actes, même s’il oublie souvent de prendre quelques précautions. Ajoutez une bienveillance à l’égard des animaux, une sensibilité à la nature, et une volonté de changer le monde, comme le dit Jean-François Julliard, directeur de Green-Peace France. Un bel ensemble qui fleure bon le développement durable, même si le concept est né bien après lui. Pour Hubert Reeves, Franquin a eu une intuition écologique, bien avant que l’opinion prenne conscience des enjeux. La force de beaucoup de dessinateurs est à la fois d’aller dans le sens de l’Histoire et d’être en avance sur elle, constate Yann Arthus-Bertrand. Parmi les nombreux témoignages, notons José Bové et l’avocat Arnaud Gossement, mais aussi le directeur général de Grenoble école de management, Loïck Roche, qui fait le rapprochement avec le « slow management ». Gaston, c’est en quelque sorte la conscience du manager. Un Jimmy Cricket contre les dérives du seul profit, de la seule performance, de la seule immédiateté.
Gaston a accompagné toute une génération. A-t-il eu une influence, a-t-il fait germer des vocations, il est bien sûr impossible de l’affirmer. Il a surement contribué à un mouvement d’opinion très vaste, avec sa touche de poésie et d’humour. Peut-être ce qui manque aujourd’hui aux discours écologistes.
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Cuisine pas bête pour ma planète

Sarah Bienaimé
Terre vivante, 2018

cuine pas bete pour ma planete2

Un livre pratique, riche en informations exploitables immédiatement par chacun. Mais un livre de militant, ce qui brouille un peu le message et jette le doute sur certaines affirmations. C’est le problème des auteurs engagés, ils ont accumulé une grande expérience, testé des solutions inédites, mais ils professent tellement de foi que l’on se demande si leurs convictions ne les aveuglent pas par moment.
Prenons malgré tout le livre du bon côté, celui des informations pratiques, et de l’enthousiasme dans leur mise en œuvre. Nous entrons en effet dans l’intimité de la famille Bienaimé, qui a quitté Paris pour le Cantal à la suite d’un déclic sur la consommation de viande. C’était en 2002, et depuis Sarah Bienaimé a mis en pratique, progressivement, un nouveau mode de vie et surtout d’alimentation dont elle a fait son métier. Elle nous livre son expérience en 5 chapitres de recommandations et un « carnet de recettes ». Il s’agit de mieux manger pour soi-même et pour la planète. Un double dividende à engranger sans modération.
Les recommandations sont classiques pour une militante de l’environnement, et confortées de chiffres bien utiles. Combien de litres d’eau sont-ils nécessaires pour produire un kg de bœuf, de porc, de volaille, ou de tomate ? 15 400 pour le premier, 214 pour la dernière. Plus la déforestation en Amazonie pour produire le soja aliment des bovins, et les émissions de gaz à effet de serre. Ajoutez quelques conseils pour ne pas souffrir de carences qu’un régime végétarien maladroit pourrait provoquer, pour cause de déficit d’acides aminés ou de calcium, et vous aurez l’essentiel de ce chapitre sur les produits animaux. Vient ensuite un plaidoyer pour le « fait maison, local, de saison, et biologique, oui tout ça à la fois ». Un chapitre dont les thèmes sont souvent abordés dans le « Dictionnaire du développement durable ». Nous y apprenons notamment qu’une salade produite sous serre chauffée a consommé près de 50 fois plus d’énergie que la même en pleine terre, à ciel ouvert, au soleil. Ratio de 10 pour les tomates. Ce sont les déchets alimentaires qui sont ensuite sous le projecteur. Comment en produire moins, leur donner une nouvelle chance, les composter, lutter contre l’obsolescence programmée dans la cuisine. Un petit développement sur les logos et autres indications de recyclabilité, de provenance, de composition, avec une contradiction récurrente : comment simplifier ces messages tout en nous apportant le maximum d’informations ?  Dans le même ordre d’idées, c’est au tour de l’énergie, que l’on consomme abondamment dans la cuisine, pour cuire, pour faire tourner les appareils électro-ménagers, de plus en plus nombreux. Soyons sélectifs sur ces robots, adoptons des modes de cuisson économes, par exemple avec une marmite norvégienne, ou un four solaire à fabriquer soi-même. Dernier chapitre de recommandations sur les produits ménagers, à confectionner à la maison avec quelques ingrédients simples et bon marché comme le bicarbonate de soude ou les vinaigre ménager. C’est bon pour le porte-monnaie et pour la planète.
Impossible de vous présenter les recettes et quelques lignes, je vous donnerai donc juste quelques titres, pour vous mettre l’eau à la bouche : Gratin tricolore à la cacahuète, Cannellonis d’aubergine au coulis de tomate et à l’aneth, Velouté de cosses de petits pois et courgettes, etc. Des recettes pour illustrer les recommandations qui précèdent, recycler les épluchures et les fanes, réduire sa consommation de produits animaux (avec une mayonnaise sans œuf et des steaks de champignons par exemple), faire des conserves, etc.
Voilà le développement durable en action. Et le mieux, c’est que vous n’êtes pas obligé de tout faire : vous ferez votre marché dans ces suggestions : un apprentissage à la carte !
 
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Manifeste pour une comptabilité universelle

Gérard Schoun, Jacques de Saint-Front, Pauline de Saint-Front, Michel Veillard
L’Harmattan, 2012

manifeste pour une comptabilite universelle 2

Le code de déontologie des professionnels comptables affirme que ces derniers « assument la responsabilité d’agir dans l’intérêt général ». C’est sans doute dans cet esprit que s’est créé un Club Développement durable au sein du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts comptables, auquel les auteurs participent. Ils nous proposent ici d’enrichir l’approche comptable, tout en en gardant la logique et la rigueur. La comptabilité universelle est un outil qui peut aider la finance à assumer sa place centrale dans l’économie tout en légitimant son utilité sociale.

Architecture, urbanisme et pratiques de l’Etat

Eric Lengereau

Comité d’histoire du ministère de la cuture, La Documentation française, 2017

Architecture urbanisme et pratiques de l Etat 2

Eric Lengereau observe l’architecture depuis toujours. Il nous livre ici une vision de 50 ans de politique de l’Etat dans ce domaine, de 1960 à 2010. Un ouvrage fondé sur 14 entretiens, avec 12 directeurs successifs chargés de l’architecture, et deux acteurs déterminants dans d’autres positions ministérielles, Pierre Mayet et Maryvonne de Saint-Pulgent. Une occasion rare de suivre une politique publique, avec ses évolutions, des aller et retours, le jeu des acteurs. Un ouvrage qui pourrait donner des idées pour d’autres politiques publiques, à une époque de multiples changements, avec la fin des 30 glorieuses et des efforts de reconstruction, le passage d’une approche purement quantitative à une ambition qualitative, la décentralisation, etc. Avis aux comités d’histoire des autres ministères.

La nouvelle société de la connaissance

 Joseph E. Stiglitz et Bruce C. Greenwald
Les liens qui libèrent, novembre 2017

 

Voilà un livre paradoxal. D’un côté un aspect très professoral, un livre issu d’une série de conférence pour des économistes chevronnés ; et de l’autre, la confirmation de nombreuses idées que chacun peut avoir spontanément, comme l’importance de l’apprentissage dans nos sociétés en perpétuelle évolution. Et ça fait du bien de voir ainsi confortées des hypothèses empiriques, qui passent ainsi d’un statut de « croyance » à celui de vérités scientifiques.

Sapiens

Une brève histoire de l’humanité
Yuval Noah Harari
Albin Michel, 2015

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« Voici soixante-dix mille ans, Homo sapiens n’était encore qu’un animal insignifiant qui vaquait à ses affaires dans un coin d’Afrique. Au fil des millénaires suivants, il s’est transformé en maître de la planète entière et en terreur de l’écosystème ».
Sapiens est un livre d’histoire. Pas d’histoire évènementielle, avec des guerres et des conquêtes, mais une histoire construite à partir des moteurs qui ont provoqué les changements profonds dans nos sociétés, nos modes de vie, nos capacités de production, nos relations avec notre écosystème. Une histoire qui s’est enrichie de nombreuses découvertes récentes, qui éclairent nos connaissances d’un jour nouveau.

Hubert Reeves nous explique la biodiversité

Hubert Reeves, Nelly Boutinot, Daniel Casanave, Claire Champion
Le Lombard, 2017


Une bande dessinée, qui intéressera les jeunes et les moins jeunes. Un langage simple et imagé, bien sûr, pour un sujet complexe, la biodiversité. Un bon complément, ou une entrée en matière, à des ouvrages présentés dans ce blog, tels que Le guide illustré de l’écologie, La biodiversité ? ou Les Jardiniers de la nature.
Un livre qui surprend. Hubert Reeves, le narrateur en l’occurrence, commence par le béton et l’acier, qui « doivent leur existence à la biodiversité du lointain passé ». Il s’agit de bactéries, d’algues microscopiques et de sédiments. Le facteur temps est placé d’emblée au cœur du sujet. Le paysage, aussi, car le discours commence sur le viaduc de Millau, « endroit idéal pour admirer le paysage qui comprend la rivière Tarn, des causses, des bois, des rivières, des prés, des champs, une belle diversité des milieux ». Une « vue panoramique sur la biodiversité actuelle ». De l’infiniment petit à l’infiniment grand, pourrait-on dire.