L’écologie humaine en entreprise

Christel Koelher
GERESO Editions, mars 2018


Deux termes dans le titre : écologie humaine d’un côté, et entreprise de l’autre. La première partie de l’ouvrage est consacrée à une brève présentation de l’écologie humaine, et au sens qu’elle peut prendre dans une entreprise. L’auteure définit l’écologie humaine comme la prise en compte de tout homme et de tout l’homme dans toutes les activités du champ social. Dans l’entreprise, elle part du principe que l’entreprise peut être solidaire et performante à la fois, elle a un rôle à jouer bien au-delà de son objet social, l’innovation sociétale est un réel facteur de développement pour l’entreprise en particulier et toutes ses parties prenantes en général. Il en résulte une « stratégie du bien commun ». Un beau programme, avec notamment le souci permanent des plus fragiles, et des relations humaines. Les entreprises donnant accès à leur produits et services pour les populations les plus pauvres générèrent des relations économiques bénéfiques à toutes les parties, une sorte de double dividende, qu’il convient de faire naitre.
Il s’agit donc de transformer l’entreprise traditionnelle, pour intégrer une dimension sociale, pour prendre en compte les externalités et le temps long. L’ouvrage donne quelques clés pour entrer dans cette démarche, dans une série de chapitres courts, avec des encadrés pour souligner tel ou tel point, des exemples, et un encadré final sur ce qu’il faut retenir. Une sorte de cours de formation continue à l’attention de responsables d’entreprises. 12 recommandations concluent la première partie, parmi les quelles figurent la raison d’être de l’entreprise, qui doit contribuer au bien commun, la « voix au chapitre » dont doivent bénéficier chaque membre de l’entreprise, l’insertion territoriale, le respect des clients et fournisseurs, la confraternité avec les concurrents plutôt que la guerre économique, la modération salariale pour les dirigeants, etc.
Une grille de critères qui ne surprendra pas les habitués des investissements responsables, mais qui tente d’aller plus loin encore, en augmentant le niveau de ses exigences. La deuxième partie est consacrée aux banques et établissements de crédit, qui soutiennent l’activité des entreprises. Une présentation critique de la RSE et de l’ISR (responsabilité sociale de l’entreprise et Investissement socialement responsable) offre l’occasion à l’auteure de présenter quelques exemples de pratiques engagées, notamment celles de la BPCE, et de fonds d’investissements respectant les 12 critères définis en première partie.  La troisième partie constitue en quelque sorte les travaux pratiques du cours, avec des exemples d’entreprise et de la manière dont elles ont mobilisé leurs personnels autour des principes de l’écologie humaine.
Un livre intéressant, à l’heure de la réflexion sur le rôle social de l’entreprise et du rapport Notat-Senard. Beaucoup de bonnes idées, où chacun pourra faire son marché, d’autant que l’auteure recommande d’avancer chacun à son rythme. Une inquiétude toutefois, au-delà de l’entreprise, sur le concept d’écologie humaine, parfois appelée écologie radicale. Une approche qui met la solidarité et la personne humaine au cœur de son projet, ce qui est parfait pour l’entreprise, mais peut conduire à des dérives quand on sait que ce mouvement est issu de la manif pour tous.

 
 
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Gaston, le gaffeur qui avait du nez

Méga Spirou hors série, Dupuis, avril 2018

Gaston Lagaffe est né en 1957. Un an après son soixantième anniversaire, voilà un ouvrage qui lui rend hommage, et au-delà à son créateur, André Franquin, mort en 1997. Un album qui revisite une célèbre bande dessinée sous différents prismes, et notamment l’écologie, la désobéissance civile, le slow working et la sieste. « Gaston avait tout bon », avec quelques décennies d’avance. Ce sont des personnalités bien connues dans l’univers du développement durable qui l’affirment : ll a posé les germes d’une critique et possédait déjà toute la grammaire qui allait être la nôtre , nous dit Pascal Canfin, directeur du WWF. Pour Hubert Reeves, Gaston est un « patenteux », c’est-à-dire un créateur sans recette, plus dans l’improvisation que dans l’invention. Sa pensée pragmatique est absolument sans limites !  C’est ce caractère qui fait de Gaston une vedette du développement durable. Une liberté de pensée et une envie de passer aux actes, même s’il oublie souvent de prendre quelques précautions. Ajoutez une bienveillance à l’égard des animaux, une sensibilité à la nature, et une volonté de changer le monde, comme le dit Jean-François Julliard, directeur de Green-Peace France. Un bel ensemble qui fleure bon le développement durable, même si le concept est né bien après lui. Pour Hubert Reeves, Franquin a eu une intuition écologique, bien avant que l’opinion prenne conscience des enjeux. La force de beaucoup de dessinateurs est à la fois d’aller dans le sens de l’Histoire et d’être en avance sur elle, constate Yann Arthus-Bertrand. Parmi les nombreux témoignages, notons José Bové et l’avocat Arnaud Gossement, mais aussi le directeur général de Grenoble école de management, Loïck Roche, qui fait le rapprochement avec le « slow management ». Gaston, c’est en quelque sorte la conscience du manager. Un Jimmy Cricket contre les dérives du seul profit, de la seule performance, de la seule immédiateté.
Gaston a accompagné toute une génération. A-t-il eu une influence, a-t-il fait germer des vocations, il est bien sûr impossible de l’affirmer. Il a surement contribué à un mouvement d’opinion très vaste, avec sa touche de poésie et d’humour. Peut-être ce qui manque aujourd’hui aux discours écologistes.
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Cuisine pas bête pour ma planète

Sarah Bienaimé
Terre vivante, 2018

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Un livre pratique, riche en informations exploitables immédiatement par chacun. Mais un livre de militant, ce qui brouille un peu le message et jette le doute sur certaines affirmations. C’est le problème des auteurs engagés, ils ont accumulé une grande expérience, testé des solutions inédites, mais ils professent tellement de foi que l’on se demande si leurs convictions ne les aveuglent pas par moment.
Prenons malgré tout le livre du bon côté, celui des informations pratiques, et de l’enthousiasme dans leur mise en œuvre. Nous entrons en effet dans l’intimité de la famille Bienaimé, qui a quitté Paris pour le Cantal à la suite d’un déclic sur la consommation de viande. C’était en 2002, et depuis Sarah Bienaimé a mis en pratique, progressivement, un nouveau mode de vie et surtout d’alimentation dont elle a fait son métier. Elle nous livre son expérience en 5 chapitres de recommandations et un « carnet de recettes ». Il s’agit de mieux manger pour soi-même et pour la planète. Un double dividende à engranger sans modération.
Les recommandations sont classiques pour une militante de l’environnement, et confortées de chiffres bien utiles. Combien de litres d’eau sont-ils nécessaires pour produire un kg de bœuf, de porc, de volaille, ou de tomate ? 15 400 pour le premier, 214 pour la dernière. Plus la déforestation en Amazonie pour produire le soja aliment des bovins, et les émissions de gaz à effet de serre. Ajoutez quelques conseils pour ne pas souffrir de carences qu’un régime végétarien maladroit pourrait provoquer, pour cause de déficit d’acides aminés ou de calcium, et vous aurez l’essentiel de ce chapitre sur les produits animaux. Vient ensuite un plaidoyer pour le « fait maison, local, de saison, et biologique, oui tout ça à la fois ». Un chapitre dont les thèmes sont souvent abordés dans le « Dictionnaire du développement durable ». Nous y apprenons notamment qu’une salade produite sous serre chauffée a consommé près de 50 fois plus d’énergie que la même en pleine terre, à ciel ouvert, au soleil. Ratio de 10 pour les tomates. Ce sont les déchets alimentaires qui sont ensuite sous le projecteur. Comment en produire moins, leur donner une nouvelle chance, les composter, lutter contre l’obsolescence programmée dans la cuisine. Un petit développement sur les logos et autres indications de recyclabilité, de provenance, de composition, avec une contradiction récurrente : comment simplifier ces messages tout en nous apportant le maximum d’informations ?  Dans le même ordre d’idées, c’est au tour de l’énergie, que l’on consomme abondamment dans la cuisine, pour cuire, pour faire tourner les appareils électro-ménagers, de plus en plus nombreux. Soyons sélectifs sur ces robots, adoptons des modes de cuisson économes, par exemple avec une marmite norvégienne, ou un four solaire à fabriquer soi-même. Dernier chapitre de recommandations sur les produits ménagers, à confectionner à la maison avec quelques ingrédients simples et bon marché comme le bicarbonate de soude ou les vinaigre ménager. C’est bon pour le porte-monnaie et pour la planète.
Impossible de vous présenter les recettes et quelques lignes, je vous donnerai donc juste quelques titres, pour vous mettre l’eau à la bouche : Gratin tricolore à la cacahuète, Cannellonis d’aubergine au coulis de tomate et à l’aneth, Velouté de cosses de petits pois et courgettes, etc. Des recettes pour illustrer les recommandations qui précèdent, recycler les épluchures et les fanes, réduire sa consommation de produits animaux (avec une mayonnaise sans œuf et des steaks de champignons par exemple), faire des conserves, etc.
Voilà le développement durable en action. Et le mieux, c’est que vous n’êtes pas obligé de tout faire : vous ferez votre marché dans ces suggestions : un apprentissage à la carte !
 
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Manifeste pour une comptabilité universelle

Gérard Schoun, Jacques de Saint-Front, Pauline de Saint-Front, Michel Veillard
L’Harmattan, 2012

manifeste pour une comptabilite universelle 2

Le code de déontologie des professionnels comptables affirme que ces derniers « assument la responsabilité d’agir dans l’intérêt général ». C’est sans doute dans cet esprit que s’est créé un Club Développement durable au sein du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts comptables, auquel les auteurs participent. Ils nous proposent ici d’enrichir l’approche comptable, tout en en gardant la logique et la rigueur. La comptabilité universelle est un outil qui peut aider la finance à assumer sa place centrale dans l’économie tout en légitimant son utilité sociale.

Architecture, urbanisme et pratiques de l’Etat

Eric Lengereau

Comité d’histoire du ministère de la cuture, La Documentation française, 2017

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Eric Lengereau observe l’architecture depuis toujours. Il nous livre ici une vision de 50 ans de politique de l’Etat dans ce domaine, de 1960 à 2010. Un ouvrage fondé sur 14 entretiens, avec 12 directeurs successifs chargés de l’architecture, et deux acteurs déterminants dans d’autres positions ministérielles, Pierre Mayet et Maryvonne de Saint-Pulgent. Une occasion rare de suivre une politique publique, avec ses évolutions, des aller et retours, le jeu des acteurs. Un ouvrage qui pourrait donner des idées pour d’autres politiques publiques, à une époque de multiples changements, avec la fin des 30 glorieuses et des efforts de reconstruction, le passage d’une approche purement quantitative à une ambition qualitative, la décentralisation, etc. Avis aux comités d’histoire des autres ministères.

La nouvelle société de la connaissance

 Joseph E. Stiglitz et Bruce C. Greenwald
Les liens qui libèrent, novembre 2017

 

Voilà un livre paradoxal. D’un côté un aspect très professoral, un livre issu d’une série de conférence pour des économistes chevronnés ; et de l’autre, la confirmation de nombreuses idées que chacun peut avoir spontanément, comme l’importance de l’apprentissage dans nos sociétés en perpétuelle évolution. Et ça fait du bien de voir ainsi confortées des hypothèses empiriques, qui passent ainsi d’un statut de « croyance » à celui de vérités scientifiques.

Sapiens

Une brève histoire de l’humanité
Yuval Noah Harari
Albin Michel, 2015

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« Voici soixante-dix mille ans, Homo sapiens n’était encore qu’un animal insignifiant qui vaquait à ses affaires dans un coin d’Afrique. Au fil des millénaires suivants, il s’est transformé en maître de la planète entière et en terreur de l’écosystème ».
Sapiens est un livre d’histoire. Pas d’histoire évènementielle, avec des guerres et des conquêtes, mais une histoire construite à partir des moteurs qui ont provoqué les changements profonds dans nos sociétés, nos modes de vie, nos capacités de production, nos relations avec notre écosystème. Une histoire qui s’est enrichie de nombreuses découvertes récentes, qui éclairent nos connaissances d’un jour nouveau.

Hubert Reeves nous explique la biodiversité

Hubert Reeves, Nelly Boutinot, Daniel Casanave, Claire Champion
Le Lombard, 2017


Une bande dessinée, qui intéressera les jeunes et les moins jeunes. Un langage simple et imagé, bien sûr, pour un sujet complexe, la biodiversité. Un bon complément, ou une entrée en matière, à des ouvrages présentés dans ce blog, tels que Le guide illustré de l’écologie, La biodiversité ? ou Les Jardiniers de la nature.
Un livre qui surprend. Hubert Reeves, le narrateur en l’occurrence, commence par le béton et l’acier, qui « doivent leur existence à la biodiversité du lointain passé ». Il s’agit de bactéries, d’algues microscopiques et de sédiments. Le facteur temps est placé d’emblée au cœur du sujet. Le paysage, aussi, car le discours commence sur le viaduc de Millau, « endroit idéal pour admirer le paysage qui comprend la rivière Tarn, des causses, des bois, des rivières, des prés, des champs, une belle diversité des milieux ». Une « vue panoramique sur la biodiversité actuelle ». De l’infiniment petit à l’infiniment grand, pourrait-on dire.

Simplement bio, simplement bon

Valérie Cupillard
Terre vivante, 2017



Un livre de recettes, tout simplement, pour rester dans la logique du titre. Des recettes pour aider à mettre en pratique le développement durable, et bien sûr dans le plaisir. Car ce livre est aussi une démonstration que le développement durable, c’est du bien-être. Faire du bien à la planète, préserver ses ressources, réduire les émissions de toutes sortes qui dégradent les milieux et menacent les espèces, et en même temps, toujours pour rester dans l’air du temps, accroître son bien-être, se donner du plaisir, et faire aussi plaisir à ses amis, c’est à la portée de chacun. Le double dividende, il n’y a qu’à le vouloir.

Une campagne pour les fleurs sauvages

Elisabeth Trotignon
Campagne & Compagnie, 2017



Un ouvrage mêlant l’érudition et la poésie, sans compter les nombreuses photos, qui donnent la part belle au Berry, mais pas seulement. Une histoire naturelle des plantes sauvages, au sens propre puisque c’est l’histoire de nos campagnes et de nos jardins qui nous est comptée, au filtre des fleurs sauvages.

Choisir son monde

Agir au quotidien avec les entreprises sociales écologiques
Jean-Marc Borello et Hélène Le Teno
Avec la collaboration d’Anne Dhoquois
Editions de l’atelier, 2017

Choisir son monde

Comme le sous-titre l’annonce, il s’agit des entreprises sociales écologiques. Les deux à la fois. Et des entreprises qui marchent bien, avec un modèle économique solide. Nous sommes bien dans la mise en œuvre du développement durable. « Le succès de la transition écologique et solidaire repose sur l’émergence d’un nouveau type d’entreprises audacieuses et innovantes, qui mettent l’efficacité économique au service de l’intérêt général ».
L’objet de l’ouvrage est de nous montrer que « c’est possible », et que des entreprises de ce type se multiplient, dans le sillage de l’économie sociale et solidaire, qui existe depuis près de 200 ans et « représente aujourd’hui 10% des emplois et du PIB en France ».

Les jardiniers de la nature

Serge Bahuchet
Odile Jacob, 2017

jardiniers de la nature

Serge Bahuchet est ethnoécologue. Il s’intéresse aux hommes, notamment dans leurs groupes sociaux, et à la nature, plus précisément aux hommes dans la nature. Comment ils la considèrent, l’exploitent, en jouissent d’une manière ou d’une autre. Et cela dans l’histoire et la préhistoire, autant qu’on puisse le déduire d’observations sur des restes datant d’il y a quelques milliers d’années.
Ce sont les relations de l’Homme et de la nature, son milieu de vie, qui nous sont décrites en détail. Une présentation en deux parties : la principale par le volume, sur la manière dont l’Homme, depuis son apparition sur terre, s’est intégré dans son milieu, pour y trouver le gîte et le couvert, et même plus dans les représentations qu’il s’est données des éléments ; la seconde, centrée sur le monde d’aujourd’hui et la puissance des moyens d’intervention de « l’Homme moderne ». Cette deuxième partie nous touche plus particulièrement, car elle nous met devant nos responsabilités, avec la perspective de la finitude du monde.

Agriculteurs urbains

Dirigé par Guillaume Morel-Chevillet
Edition France agricole, 2017

agriculteurs urbains

C’est une véritable encyclopédie de l’agriculture urbaine qui nous est proposée. Le sous-titre, « Du balcon à la profession, découverte des pionniers de la production agricole en ville » donne l’étendue du sujet. Un état des lieux en 2017, formidablement documenté, et illustré de nombreux exemples dans des encadrés tout au long de l’ouvrage. Les innombrables références de sites Internet, qui vous permettront d’aller un peu partout dans le monde, sont à jour : elles ont été consultées récemment, et les dates du dernier contact sont mentionnées. 

Le guide illustré de l’écologie

Bernard Fischesser et Marie-France Dupuis-Tate
Delachaux et Niestlé, 2017.

Un classique, une bible en quelque sorte, dont la première version date de 1996. Un ouvrage de référence, écrit au départ pour les professionnels de l’écologie et de l’aménagement, mais qui a été conçu pour les aider à communiquer avec les « profanes », si bien que lesdits profanes y trouveront aussi leur intérêt et leur plaisir. Un livre imposant mais plaisant, illustré de nombreux croquis et dessins qui nous entraînent dans l’univers de la biosphère et des écosystèmes. Les principaux chapitres sont agrémentés d’une série de « questions indiscrètes » que nous nous posons souvent, en tant que citoyens, ou simplement de curieux. Un livre qui nous donne des repères, ce qui est si important pour comprendre les phénomènes dont nous sommes témoins chaque jour.

Garden_lab

Mook
Rue de l’échiquier

garden lab 1 couleur et matire  garden lab numro 2 structures et formes 


Il s’agit d’une revue, mais aussi d’une série de livres, puisque Mook est la contraction de Magazine et de Book. Une présentation de magazine, avec des rubriques et de nombreuses illustrations, mais un contenu digne d’un livre, avec de nombreux auteurs. Un jeune mook, qui parait chaque trimestre et qui en est au numéro 3. Un mook qui « explore les jardins de demain ».
Garden_lab est en plus un site Internet, www.gardenfab.fr « boite à outils conçue par des professionnels du jardin -paysagistes, pépiniéristes, fabricants ou artisans créatifs- pour réaliser soi-même des mises en scène originales ». Mise en scène est un mot important, car il s’agit bien de mettre en valeur le végétal et la nature, sans craindre es artifices qui peuvent aider à atteindre cet objectif. Tous les jardons sont à l’honneur, notamment les jardins urbains, les petites surfaces, les jardins verticaux, les terrasses. Une mise en scène par ailleurs soucieuse d’écologie : la biodiversité est au cœur des préoccupations de la « garden_team ». Les articles sont là pour développer cette approche, où il est dit que « dans un tout petit jardin, on peut réussir un coin de nature presque sauvage où la végétation domine ».
De nombreux jardins sont ainsi explorés, des petits et des grands, en ville et à la campagne. Avec leurs particularités, leurs innovations, leurs secrets de fabrication. Les acteurs s’expriment abondamment sur leurs œuvres, et des personnalités sont interviewées longuement, c’est la marque de fabrique des mooks, leur côté « livre » qui le permet, et qui apporte de la richesse au contenu. Dans le numéro 2, été 2017, le paysagiste Jean Mus développe sa conception du métier de paysagiste, et laisse filtrer quelques confidences telles que « surprises et imperfections sont les plus belles choses de la vie ». Dans ce numéro, les graminées sont à l’honneur, dans toute leur splendeur. Dans le numéro suivant, celui de l’automne, c’est Patrick Blanc qui nous parle des plantes de sous-bois tropicaux, tout en nous faisant part de ses convictions « Plus il y a de compétition, plus la biodiversité se réduit. La compétition n’engendre ni la diversité ni l’inventivité, contrairement à ce que l’on essaie de nous faire croire dans nos civilisations ». Ce numéro d’automne centré sur le thème « ombre et lumière » nous donne aussi des idées sur l’éclairage des jardins, la nuit.
Beaucoup de photos, beaucoup de dessins, beaucoup d’explications. Un puits d’information pour des puits de carbone en tous genres, et pour le plaisir des yeux.

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C’était mieux avant

Michel Serres
Le Pommier, 2017



« Cela tombe bien, justement, j’y étais ». Michel Serres a vécu cet « avant », et il nous le décrit avec lucidité. Un « bilan d’expert ». Point de nostalgie, mais des souvenirs précis des époques qu’il a traversées. Et une cible, au carrefour du caractère râleurs des Français, et du vieillissement de notre population, les « Grands-Papas Ronchons. Riches et bavards, devenus majoritaires, électeurs de plus en plus décisifs, cherchant d’autre part à exhiber la réussite de leur existence, ces colériques disent à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paira longtemps pour ces retraités : c’était mieux avant ».

J’économise l’eau au potager

Quand et comment arroser ?
Blaise Leclerc, Terre vivante, 2017



Le sous-titre du livre est clair : quand et comment arroser ?. Une bonne question, pour 2 raisons : l’une parce que trop arroser donne des fruits et des légumes insipides, et peut les faire pourrir, la seconde parce que l’eau est un bien précieux, qu’il faut utiliser avec parcimonie.
Deux parties dans l’ouvrage, une sorte de petit cours sur l’eau, et tout particulièrement sur son usage au jardin, et une série de fiches sur une trentaine de légumes. La théorie et la pratique en quelque sorte. Le tout agrémenté et complété de très belles photos signées Jean-Jacques Raynal.
La théorie, tout d’abord, mais la théorie présentée par un praticien, toujours proche de l’action. Chaque information est vite insérée dans une approche opérationnelle. Par exemple, l’eau est présente sous différentes formes, et chacune a son influence sur le sol. La température de l’eau est aussi importante pour les arrosages, etc. « Et pour les auxiliaires ? » Voilà la question du gel abordée en lien avec les habitants du sol et la petite faune.
L’eau est la vie, nous le savons bien, mais ici cet adage est expliqué avec la constitution de la matière organique, et le parcours de l’eau dans les plantes. Toujours la perspective du jardin et de sa production. Après un détour sur le cycle de l’eau et les effets du réchauffement climatique, retour à la terre avec un chapitre sur l’eau dans le sol. Comment le sol, selon sa nature, retient-il l’eau, quel lien avec la température du sol, etc.
Nous arrivons ainsi au jardin, aux techniques d’arrosage et sur le choix de la bonne technique en fonction des plantes, des sols, des saisons, des climats. Nous sommes dans le vif du sujet, les économies d’eau au jardin. Les premières réponses aux questions « Quand et comment arroser ? » nous sont apportées, d’une manière générale, avant d’être détaillée dans la seconde grande partie. Les techniques d’économies sont exposées, avec en bonne place le paillage, en tenant compte du rythme des saisons et des périodes de développement des végétaux.
Ce sont ensuite 30 fiches sur autant de légumes, où vous trouverez, après une brève description de la plante et de son fonctionnement organique (racines, réactions à une forte humidité, etc.), la manière de les arroser, les périodes critiques dans son cycle de développement, où elle a des besoins d’eau particuliers. L’auteur-jardinier ajoute quelques conseils issus de son expérience. Vous êtes armés pour cultiver et arroser comme il faut l’aubergine et la carotte, ou encore les choux et le fenouil.
Quand on connait l’appétence des français pour le jardin, on apprécie l’intérêt de livres comme celui-ci, simple et pratique sur un sujet aussi complexe et sensible que l’eau. Le développement durable commence au jardin, et c’est un plaisir !

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Les clés d’un sol vivant

Blaise Leclerc
Terre vivante, avril 2017



C’est une forme de retour à la terre. « Le XXIe siècle est incontestablement celui du retour au premier plan du sol comme solution sine qua non d’une agriculture et d’un jardinage durable », nous dit Claude Aubert dans la préface. Un retour qui s’explique par une prise de conscience, celle de la dégradation continue des sols, dans une agriculture mécanisée et soutenue par des intrants industriels.

Changer d’avenir

Réinventer le travail et le modèle économique

Les économistes atterrés
Les Liens qui libèrent, 2017


« La transition sociale et écologique est la voie d’un approfondissement de la démocratie ». C’est avec cette phrase que les économistes atterrés concluent cet ouvrage, reprenant avant l’heure et à une inversion près, l’appellation du nouveau ministère animé par Nicolas Hulot. Une phrase qui donne le cadre à cette formidable ambition de « changer d’avenir », restreinte par le sous-titre au champ de l’économie, ce qui n’est déjà pas mal. On regrettera malgré tout que ce cadre conduit les auteurs à négliger une forme de travail, très importante à de nombreux égards, le travail domestique, pour ne garder que le travail marchand et le travail du secteur public.

Le jardin DIY

Mat Pemper et Dillon Seitchik-Reardon
Delachaux et Niestlé, 2017



Ce n’est pas « labourage et pastourage », mais « jardinage et bricolage », et il faudrait y ajouter « recyclage », pour être complet. Voilà un ouvrage pratique à usage de tous ceux qui veulent faire eux-mêmes, do it yourself, DIY. La « durabilité » active.

Nouveaux mythes, nouveaux imaginaires pour un monde durable

Sous la direction de Gilles Berhault et Carine Dartiguepeyrou,
Les Petits Matins, 2015

Nouveaux mythes nouveaux imaginaires pour un monde durable

Ecrit dans la perspective de la COP 21, ce livre retrouve toute son actualité aujourd’hui, à l’aube d’un quinquennat, forcément historique, comme tous les quinquennats qui se respectent. Un livre préfacé par Jean-Paul Delevoye, et auquel ont contribué de nombreux auteurs, 22 au total. Ils se sont notamment retrouvés dans le cadre d’un évènement organisé par ACIDD (1) pour explorer « le monde d’après 2015 », après la COP 21.