L’arbre dans tous ses états

Georges Feterman
©Delachaux et Niestlé, 2019

l arbre dans tous ses etats

 

Un livre remarquable sur des arbres remarquables. Une succession d’histoires inspirées par des arbres, permettant de donner à chaque fois un éclairage sur un aspect des arbres, leur « état ». Un mot repris dans chaque tête des 31 chapitres. Cela va des états d’âme à l’état de grâce, en passant par l’état d’urgence, état-DN, ou encore l’état de bois et l’état de siège. Etat de siège, justement, pour illustrer la capacité des arbres à « s’installer dans des conditions difficiles, défiant les éléments et provoquant l’admiration des hommes ». Etat providence, grâce aux « usines végétales » de leurs feuillages, ou état second de l’arbre « ascenseur », avec ses vaisseaux qui font monter la sève. « La force avec laquelle monte ce liquide nourricier est impressionnante, parvenant à parcourir plusieurs dizaines de mètres à la verticale ».

L’entreprise responsable et vivante

Donner du sens au travail avec la RSE
Louise Browaeys
©Terre vivante, 2019. Collection « Champs d’action »

Un livre pour les responsables « d’organisations », essentiellement entreprises et collectivités publiques, qui intéressera également tous ceux concernés par la vie au travail. En effet, « la responsabilité d’entreprise est une excellente manière pour faciliter le réengagement au travail, pour redonner du sens et de la visibilité, pour partager des valeurs en lien avec l’écologie, le partage et le respect ». La responsabilité sociétale de l’entreprise, RSE, que l’auteure voudrait appeler plus simplement la responsabilité de l’entreprise, est une manière de retrouver la vocation première de l’entreprise : « un lieu de rencontres, d’échanges, d’enrichissement réciproque, de créativité ».

Il faut sauver nos oiseaux

Marc Duquet
© Delachaux et Nieslé, 2019

il faut sauver les oiseaux
 
A l’approche des fêtes, voici un « beau livre », à la fois fort bien documenté et magnifiquement illustré. Un livre engagé, le titre est clair, qui dresse un constat et propose des pistes pour enrayer la crise que connait l’avifaune depuis quelques décennies, avec une accélération notable pour les plus récentes.

Réussir la transition écologique

Outils pour agir ensemble
Grégory Derville
© Terre vivante 2019

Reussir la transition ecologique outils pratiques pour agir2

 Avez-vous entendu parler du mouvement de la Transition, né en 2006 à Totnes en Angleterre, et popularisé en 2008 par l’ouvrage de Rob Hopkins, Manuel de la Transition ? « Si nous attendons les gouvernements, ce sera trop peu ou trop tard. Si nous agissons à l’échelle individuelle, chacun de son côté, cela ne suffira pas. Par contre, si nous agissons ensemble, à l’échelle collective locale (dans nos quartiers, villes, territoires, nos communautés), cela pourrait être juste suffisant et juste à temps ».

« Réussir la transition écologique » s’adresse donc aux citoyens qui veulent reprendre leur destin en main. Le fond de décor est la catastrophe qui nous attend inéluctablement selon l’auteur, de manière à s’y préparer. Ce n’est pas la conception du Dictionnaire du Développement durable, mais l’approche présente de nombreux aspects positifs dont chacun peut s’inspirer pour contribuer à la nécessaire transition, pour notre bonheur et pas seulement pour échapper à la catastrophe.

Le guide de l’innovation frugale

Les 6 principes clés pour faire mieux avec moins
Navi Radjou et Jaideep Prabhu
© Daiteino, 2019 pour l’édition française

Le sous-titre de Facteur 4 (1) était « Deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins de ressources ». Voici un ouvrage encore plus ambitieux : Il s’agit de « générer au moins 10 fois plus de valeur économique, sociale et écologique en réduisant les coûts et l’utilisation des ressources naturelles par un facteur d’au moins 10 ». C’est que depuis 1997 les choses ont changé. Les pressions sur l’environnement se sont aggravées, les possibilités d’action se sont démultipliées et les attentes de la population se font de plus en plus exigeantes. Le « mieux » remplace le « plus » et le sous-titre du présent ouvrage le dit clairement, « faire mieux avec moins ».

Travailler, pourquoi faire ?

Fabienne Autier et Sanjy Ramboatiana
©GERESO Editions, 2019

Un livre de développement personnel, un bon sujet de développement durable. Un livre qui a connu plusieurs rééditions, qui nous parle de la crise du travail dans nos sociétés et qui s’interroge : si cette crise était une opportunité ?
Le travail n’est plus ce qu’il était. Une valeur sure, un « repère stable, central, légitime ». Il n’est plus associé à un métier, et la « logique d’ascension » qu’il comportait est remise en question. Nous n’y trouvons plus les satisfactions espérées. Les thèses des recherches des sociologues et des économistes convergent pour constater « une dégradation généralisée des conditions de réalisation du travail et des contreparties retirées, par les travailleurs, du travail ».

Histoires de l’alimentation

Jacques Attali
© Fayard, 2019

Une longue fresque historique, pour nous donner des pistes sur l’avenir de notre société, à travers le prisme de l’alimentation. Car celle-ci, bien que traitée avec soin et une documentation abondante, n’est qu’une porte d’entrée vers nos modes de vie et d’organisation sociale.

ZEN Zéro émissions net en 2050

Imaginer et construire une France neutre en carbone

Entreprises pour l’environnement, 2019

Voilà un document à l’appui du discours tenu avec constance dans le dictionnaire du développement durable, à savoir que, contrairement à une idée répandue, nos enfants vivront mieux que leurs parents. Une condition toutefois : Accepter de changer nos modes de vie, de production et de consommation. Ils vivront mieux, mais différemment.

L’agroécologie peut nous sauver

Marc Dufumier & Olivier Le Naire
©Actes Sud, 2019

 

« Il est possible d’intensifier la production à l’hectare par des voies intensément écologiques ». Tel est le message que Marc Dufumier nous propose dans ce long interview accordé à Olivier Le Naire. Un livre de dialogues entre un scientifique et un journaliste. Croissance de la production et croissance de la qualité du milieu peuvent aller de pair. Un double dividende qui ne tombera pas du ciel, mais qu’il est possible d’aller chercher, si l’on abandonne d’anciens modèles qui nous conduisent à l’impasse.

Un jardin pour les abeilles

Elke Schwarzer
©Delachaux et Nieslé, 2019, pour l’édition française

Il s’agit d’un livre d’écologie pratique. Vous en tirerez mieux profit si vous avez déjà un minimum de connaissances, notamment en botanique, mais ce n’est pas indispensable. Au-delà des abeilles, et des bourdons, c’est de le leurs gîtes et de leur garde-manger qu’il est question.
Ce ne sont pas les abeilles domestiques qui ont séduit Elke Schwarzer, mais les abeilles sauvages et les bourdons. Des animaux le plus souvent solitaires, moins connus que leurs cousines productrices de miel, mais importantes pour l’équilibre du jardin et la pollinisation.

L’intelligence du stress

Jacques Fradin
Eyrolles, 2008

 


Si le développement durable est un pari sur l’intelligence, cet ouvrage est assurément bien utile. Il concerne la manière dont nous mobilisons nos neurones. Le stress est le signal que ça ne fonctionne pas bien, que l’on se trompe de zone du cerveau à stimuler pour résoudre un problème. Le stress se manifeste par la fuite, l’agressivité ou l’inhibition, selon les situations, et on voit bien qu’aucune de ces attitudes n’apporte de solution durable.

Apprendre à résister

Pour l’école, contre la terreur
Olivier Houdé
© Le Pommier/Humensis, 2019

 

Un livre destiné en priorité aux enseignants et pédagogues, mais riche en enseignements pour tous ceux soucieux des transitions que notre monde doit engager. Il s’agit du cerveau humain, de ses rouages et de son mode de fonctionnement, du « paysage cérébral ». Objectif : « Rendre le cerveau plus robuste ». Il faut souligner l’importance de cette approche à l’heure où les médias sont de plus en plus rapides, sollicitent des réactions immédiates, favorisent la diffusion de « fake news » et de visions simplistes. Nous savons que le développement durable nous invite à « penser autrement » et à apprivoiser le complexe pour répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés.

La guerre au plastique est enfin déclarée et Survivre au péril plastique

Jacques Exbalin
© L’Harmattan, 2019

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Des solutions à tous les niveaux
Mathieu Combe
©Rue de l’échiquier, 2019

La pollution par le plastique fait l’objet d’inquiétudes multiples et croissantes. « Si rien ne change, les océans devraient contenir d’ici à 2025 une tonne de plastiques pour 3 tonnes de poissons et d’ici à 2050, plus de plastiques que de poissons (en poids) ». Une citation de la fondation Ellen Macarthur, reprise par Jacques Exbalin, pendant que Mathieu Combe nous avertit : « même lorsqu’il ne se voit pas, il est là ».

Drôles de légumes

De nouveaux goûts à cultiver
Blaise Leclerc, photos de Jean-Jacques Raynal
©Terre vivante, mars 2019

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Le développement durable en pratique, du plaisir « friendly » pour la planète. Le sous-titre est un programme à lui tout seul : de nouveaux goûts à cultiver. Ça tombe bien, le développement durable est la recherche de nouveaux modes de vie, qui nous donneront du plaisir, du bien-être, tout en favorisant la biodiversité et la préservation de nos ressources naturelles. Il faudra changer nos habitudes, s’habituer à des saveurs inédites. Un monde à découvrir, et même, et c’est l’objet de l’ouvrage, à faire vivre nous-mêmes, dans nos jardins. Nous voici acteurs du développement durable, nous en sommes heureux et fiers.

Respirez !

Solutions pour lutter contre la pollution de l’air
Olivier Blond
©Eyrolles, 2019
 
respirez

« La pollution de l’air émerge comme un enjeu majeur de notre temps », nous dit Yann Arthus-Bertrand dans la préface. Le livre d’Olivier Blond tente d’apporter des solutions, il faut le souligner. Il est rare que le mot « solution » apparaisse dans le titre d’un livre sur l’environnement, ou son sous-titre.

Morales espiègles

Michel Serres
©Le Pommier, 2019

 

Un assemblage de 6 textes, construits autour de mots, comme on l’aime au dictionnaire du développement durable. Chahuter, être chahuté, deux lynchages doux, rire dur et rire doux, donner, pardonner, et la vertu du virtuel. C’est bien un livre d’académicien, dont une des tâches est de mettre à jour le dictionnaire de la langue française.
Une réflexion espiègle, donc, sur les mots, pour mettre en évidence les vertus de la transgression. Chahut libérateur, refus de la hiérarchie, l’ouvrage démarre sur la nécessaire liberté à prendre par rapport aux codes et au passé. « Nous changeons, progressons et régressons, nous inventons l’avenir parce que, déprogrammés, nous désobéissons ». « Le chahuteur supporte mal la hiérarchie, le dogme ou le prêt à penser ». Nous voilà dans la logique du refus de l’autorité divine et du « on a toujours fait comme ça ». Mais attention, il ne faut tricher pour autant, et même savoir obéir aux lois de la nature et des choses. « Je hais ceux qui trichent, car ils n’inventeront jamais rien ». Pas de morale, même espiègle, derrière cette affirmation, mais un jugement pragmatique, sur le résultat attendu, la créativité. « La liberté vient des lois ». Une liberté qui nous conduit à nous « délester du savoir accumulé ».
Un livre pas si espiègle que ça, un livre sérieux ou l’amour des mots donne un prétexte à une réflexion sur le progrès.

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La finance verte commence à Paris

Philippe Zaouati
©Editions Rue de l’échiquier, 2018

la finance verts commence a paris

Deux convictions animent Philipe Zaouati, par ailleurs DG de Mirova, filiale du groupe BPCE spécialisée dans l’investissement responsable. Tout d’abord que « la finance sera verte ou ne sera pas », pour reprendre la phrase de Bruno Lemaire au « One Planet Summit », le 11 décembre 2017. Ensuite que Paris a toutes ses chances pour devenir le cœur battant de cette dynamique qui s’engage.

Où atterrir ?

Comment s’orienter en politique
Bruno Latour
©La découverte, 2017 

Un livre puissant et fort utile pour comprendre l’actualité marquée par les gilets jaunes, le grand débat, le Brexit et l’Europe. Au confins de la philosophie, de la sociologie et de la politique.
Au commencement sont trois phénomènes, le réchauffement climatique, la montée des inégalités et la mondialisation, avec leurs conséquences sur les mouvements de population. « Tous se retrouvent devant un manque universel d’espace à partager et de terre habitable ». Un constat qui entraîne que « ni la souveraineté des états ni l’étanchéité des frontières ne peuvent plus tenir lieu de politique ».  Ce qui en tient lieu, c’est le déni du réchauffement climatique, cheval de bataille de Donald Trump et des nantis de ce monde qui ont compris que la Terre ne pourrait pas accueillir tout le monde, et tentent de s’accaparer les espaces dont ils ont besoin.

A la recherche d’une humanité durable

Michel Juffé
©L’Harmattan, 2018

La condition humaine est le thème véritable de cet ouvrage. Elle ne nous satisfait pas, et nous, l’humanité, tentons de s’en extraire. Notre désir de « toute puissance » nous conduit à vouloir s’abstraire de la nature. C’est l’essence même de l’humanité qui est en cause, sur fond d’homme augmenté ou de post humanisme, car nous avons bien du mal à accepter de n’être qu'une partie de la nature. Comment canaliser cette recherche de « toute puissance », de manière à aller vers une « humanité durable » ? Michel Juffé propose plusieurs pistes, comme une Déclaration universelle des fins de l’humanité (DUFH) et des institutions pour la faire respecter.

Un autre monde est possible

Lost in transition ?
Gilles Berhault et Carine Dartiguepeyrou
Editions de l'Aube, 2018

Un autre monde est possible


On se perd facilement dans la transition, il faut donc l’explorer. C’est ce que fait la fondation des transitions, un think-do tank qui ne ménage pas sa peine. Pendant deux ans, un groupe d’experts d’origines variées a planché pour éclairer le chemin. Ils ont découvert 4 postures face aux défis des transitions : les « ça va pétistes », dont le mot d’ordre serait « c’est bien fait ! », les « A quoi bonnistes », qui n’y croient plus beaucoup, « foutu pour foutu… », les « survivalistes », qui ne croient qu’en eux-mêmes pour en sortir, « Tout seul, on va plus vite », et les « transitionneurs », qui sont persuadés, au contraire, « qu’ensemble, on va plus loin. »

Des kangourous dans mon jardin

Georges Feterman et Marc Giraud
©Dunod, 2018

Des kangourous dans mon jardin

« Dès qu’on la laisse libre, la nature se régénère et explose de vie ». Tel est le fond de décor de ce petit livre plein d’optimisme. Pas un optimisme béat, mais une conviction qu’il faut faire confiance en la nature. Le problème est largement dans nos têtes, avec une culture de la domination de la nature, du contrôle de ses mouvements : « Même les espaces dits naturels sont « gérés, » c’est-à-dire qu’on n’y tolère que ce qui nous semble intéressant, sans laisser la nature évoluer spontanément ». Faire avec, comme le dit le paysagiste Gilles Clément.