Voyages mobilité

Feuille de route

La maîtrise des émissions de gaz à effet de serre est en marche pour le bâtiment. Peut-on écrire une "feuille de route" équivalente pour les transports ?

« Towards a competitive and resource efficient transport system », le contenu de la feuille de route européenne pour les transports a été adopté le 28 mars dernier(1).

Un principe fort est affirmé par la Commission, le beurre et l’Argent du beurre, plus mobilité et moins de gaz à effet de serre. Moins de Dépendance, aussi, vis-à-vis des importations de pétrole. Voilà une illustration éloquente du double Dividende. On ne sacrifie pas l’économie et le bien être, on trouve des solutions pour les assurer tout en diminuant les problèmes. On appelle ça aussi le découplage.
C’est un pari audacieux, qui rompt avec l’idée qu’il va falloir réduire le Volume des transports. La décroissance n’est pas à l’ordre du jour. A l’instar de Laplace qui répondait à Napoléon sur la place de Dieu dans ses découvertes sur le système solaire Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse, il semble que la Commission n’ait pas eu besoin de l’hypothèse de la décroissance de la mobilité pour réduire de 60% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. On notera malgré tout que 60% de réduction n’est pas une division par 4. Il faudra sans doute reprendre la copie dans quelques années.
C’est dans le Progrès technique et sa rapide diffusion que la Commission met ses espoirs. Des progrès tous azimuts, alliant la technique pure et l’action sur les Prix. Prenons l’exemple de la logistique, le transport des marchandises.
La Commission voit un grand avenir au rail et à la voie d’eau, un transfert à opérer à partir de la Route pour des Distances de 300km et plus. Même les canaux Freycinet, au gabarit modeste, sont remis à la Mode, moyennant des évolutions techniques encouragées par un projet européen INLANAV (2). Il est regrettable que le Réseau ferré « de détail », celui qui irriguait finement le territoire, ait été en grande partie abandonné, il aurait pu, lui aussi, faire l’objet de nouveaux modes d’exploitation, et rendre bien des services.
Les modes de transport lents ont été victimes du besoin de « juste à temps ». On a voulu réduire les stocks pour faire des Economies, en reportant de fait le stock sur la route. Le Coût élevé des carburants aujourd’hui pourrait conduire à réviser cette politique, à condition que le transport « massifié » soit sensiblement moins Cher que le Camion. Un défi à relever, avec ses aspects techniques et institutionnels.
Même avec une vitalité retrouvée des modes de transport de Masse, train et péniche, il restera toujours une bonne part du trafic pour le camion. Il dispose d’une panoplie d’outils adaptés aux différentes situations et aux distances à parcourir, de la longue distance a transport urbain. Les réponses sont multiples, et il ne faut en négliger aucune. Chacune annonce sa performance. Faire faire des économies sur les transports est devenu une activité à part entière, avec ses Différents procédés.
La conduite douce, la formation des chauffeurs, associée à un bon entretien du véhicule, est une source appréciable d’économies. On avance parfois le chiffre de 30%. Rien que le suivi des Pneus rapporte beaucoup. Souvent cité par les tenants de l’économie de fonctionnalité, Michelin propose un service complet d’optimisation de leur entretien, de leur gonflage, de leur rechapage, etc. Bref, un spécialiste s’occupe de tout. Il gagne bien sa vie, Michelin aussi, et vous faites des économies sans avoir à vous embêter.
Autre réponse apportée par les entreprises qui ont investi ce marché, le Choix de l’itinéraire le plus adapté. On va vous calculer votre consommation en incorporant un tas de paramètres, comme les encombrements ou la montée des côtes, qui demandent toujours beaucoup de carburant. Pour les camions, il y a aussi la manière de la charger, pour un bon équilibre du chargement et un bon remplissage. Il va falloir se rapprocher d’autres chargeurs, pour mutualiser les volumes et éviter de voir partir des camions à moitié Vides.
Pour les petites distances, et pour les Livraisons en ville, les progrès s’appellent tricycle avec assistance électrique, GPS pour optimiser les circuits, Centres de logistique urbaine comme on commence à en voir dans nos grandes Villes.
Au total, beaucoup de progrès en vue, déjà amorcés ici et là, avec des changements de braquet en perspective. Si on ajoute les quelques pour cents gagnés avec chaque avancée technique, il y a de l’Espoir. Encore une fois, la pression environnementale mobilise les énergies.
Cela suffira-t-il ? La Commission européenne le dit, il faut faire vite, chaque Retard sera cher payé. La Dynamique à engager concerne beaucoup d’acteurs, avec des intérêts et des Cultures divergentes. Inertie et Calculs optimistes, un Mélange qui fait craindre que les objectifs ne soient pas atteints, avec les Risques que cela comporte sur le climat et l’Avenir de l’humanité.  On peut s’interroger sur le réalisme de cette feuille de route, qui pose comme postulat un lien indissoluble entre la réussite économique, le bien-être, et l’augmentation de la mobilité. Il ya, comme pour le cholestérol, une bonne et une mauvaise mobilité. La simple hausse des prix de transport ne suffira pas à faire le tri. Des mécanismes économiques de type Taxe Carbone, et des aménagements du territoire à différentes Echelles pourront sans doute compléter la feuille de route, de manière à éliminer la mauvaise mobilité et à se donner de la Marge. Une feuille de route n’est autre qu’un plan glissant, qui ouvre une perspective, mais qu’il faut revoir régulièrement.

 

1 - WHITE PAPER Roadmap to a Single European Transport Area – Towards a competitive and resource efficient transport system, du 28 mars 2011
2 - www.inlanav.eu


 Chronique mise en ligne le 3 avril 2011

Mots-clés: ressources, énergie, croissance, vitesse

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