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Perturbateurs endocriniens On arrête tout et on réfléchit !

Mélanie Popoff
©Rue de l’échiquier, 2023


Les perturbateurs endocriniens, un sujet qui monte mais souvent mal connu. Il est vrai qu’il est complexe et présente de multiples facettes. Mélanie Popoff le présente en deux phrases : « Le problème posé par les perturbateurs endocriniens est celui de tout constat sanitaire et écologique qui impose un changement de société et par conséquent un changement du modèle économique pour les industriels » ; « Bien qu’à risque, les substances et produits chimiques sont aussi très utiles à notre confort ». Nous voilà avertis : une injonction à changer de modèle, et la résistance à changer de mode de vie. Une contradiction dont il faut sortir « par le haut ».

Le livre commence par une explication sur ces fameux perturbateurs endocriniens. Identifiés récemment, leur reconnaissance officielle date d’un congrès médical en 1991, ce sont des substances ou parfois des circonstances, qui dérègle notre système hormonal. L’information entre les différentes parties de notre corps circule mal, est parfois déformée, et cela donne des maladies qui peuvent être graves, des cancers ou des maladies neurodégénératives notamment. Des maladies qui peuvent se transmettre jusqu’à la seconde génération par effet « épigénétique », la manière dont notre ADN s’exprime. Pas d’effet dose, les perturbateurs endocriniens peuvent agir à très faible dose, mais des effets liés aux époques de la vie où nous sommes plus exposés, notamment in utero et dans les 1000 premiers jours. Des maladies liées à l’environnement où nous vivons, l’air que nous respirons, notre alimentation, les cosmétiques, le stress et les rythmes de vie. Ces perturbateurs endocriniens sont partout, et peuvent se manifester avec des années de décalage par rapport à la contamination. Un phénomène aux causes multiples, ce qui rend la relation de cause à effet difficile à mettre en évidence.

Le deuxième volet concerne la réglementation, délicate à mettre au point dans ces conditions, ce qui conduit les industriels à cultiver le doute dans une démarche assidue de lobbying auprès des instances européennes, à l’instar de ce qui a été fait par les marchands de tabac. Concernant particulièrement les pesticides, les tests règlementaires n’ont pas été conçus pour des perturbateurs endocriniens, qui se retrouvent ainsi dans nos assiettes.

L’ouvrage rappelle par ailleurs tous les problèmes et accidents qui ont pour origine des produits chimiques, notamment l’affaire de la chlordécone dans la culture de la banane, produit interdit aux Etats-Unis en 1976 mais utilisé jusqu’en 1993 dans les Antilles françaises qui ont ainsi le triste record mondial des cancers de la prostate. Les résistances des industriels et des milieux agricoles sont tenaces, comme en témoignent les échecs des plans écophyto.

Quelques conseils pour réduire les risques d’exposition aux perturbateurs endocriniens complètent ce livre – « achetez le moins emballé, le moins neuf, le moins plastifié possible » - , qui conclut par un appel à la mobilisation pour un meilleur contrôle des substances mises sur le marché. Un livre engagé, où vous trouverez une illustration convaincante des relations qui existent entre environnement et santé. Un sujet de santé publique qui n’a pas fini de faire parler de lui.

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