Skip to main content

Les limites de la planète

Une nouvelle boussole pour l'habitabilité de la planète

Ouvrage collectif de la Fédération nationale des agences d'urbanisme (FNAU), publié en collaboration avec les Editions Gallimard, Collection Alternatives, 2024

Vous connaissez la célèbre exhortation : « penser global, agir local ». Une logique imparable mais bien difficile à mettre en pratique. La planète et la vie quotidienne, quoi commun, comment établir un lien, bien que nous sachions que c'est l'addition de tous les choix particuliers, de toutes les décisions locales si modestes soient-elles, qui compromettent les grands équilibres de la planète.

L'écart entre le global et le local est tel que beaucoup préfèrent la fuite, et n'acceptent pas de modifier leur comportement pour le mettre en cohérence avec les enjeux globaux. Il est arrivé cependant que le lien soit facile à comprendre et qu’il soit facile de mettre ses choix en cohérence avec les intérêts globaux. Rappelez-vous les bombes aérosols néfastes pour la couche d'ozone. Dès que le message a été clair, que l'étiquetage des produits l’ait rendu évident et que des produits de substitution était proposés dans le commerce, les consommateurs ont fait localement le choix favorable au global. Il s’agissait de décisions individuelles, comment faire pour des décisions prises au nom d’une collectivité ?

La fédération Nationale des agences d'urbanisme s’est attelée au sujet dans son domaine, l'aménagement. La planète a des limites, comment en tenir compte dans les projets d'urbanisme ? La diversité des situations rend impossible l'élaboration d'une méthode harmonisée, il faut plutôt amener les acteurs locaux à « s’approprier pleinement le concept de limites » de la planète. Des limites tenant compte à la fois du « plafond environnemental » et d’un « socle social » défini à partir des objectifs de développement durable de l'ONU. « C’est à l'échelle locale que se prennent la plupart des décisions qui impactent les variables de contrôle des différentes limites planétaires ». Ce sont 8 limites biogéochimiques qui ont été mises en évidence par les scientifiques qui permettent d'assurer un « espace sûr pour l'humanité », de préserver l'habitabilité de la terre : climat, intégrité fonctionnelle de la biosphère, surface d'écosystèmes naturels, eaux de surface, eaux souterraines, cycles de l’azote, cycle du phosphore, aérosols.

L’ouvrage traite tout d’abord des politiques sectorielles, carbone, eaux, sols, aérosols, forêts, avant de proposer des stratégies territoriales et de nouveaux cadres de référence pour l’aménagement et les économies locales. De nombreux éclairages sont apportés par des retours de pratiques mises en œuvre dans diverses collectivités. A défaut d’un mode d’emploi, vous y trouverez toutes les références nécessaires pour établir le lien entre les modalités d’aménagement local et les enjeux globaux, les « limites planétaires ».
En marge de cette publication, deux initiatives récentes (avril 2024) peuvent être signalées, qui concourent à ce rapprochement local-global. La mise en place par la FNTP d’une plateforme numérique intitulée InfraClimat (1) pour visualiser l’impact du changement climatique sur les infrastructures, et la remise du rapport du think-tank Impact Tank (2) sur l’impact des entreprises dans leurs territoires.

1 https://infraclimat.com/
2 https://impact-tank.org

  • Vues : 199

Ajouter un Commentaire

Enregistrer