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L'âge de la résilience

Jérémy Rifkin
©Edition Les Liens qui libèrent, 2022



« La résilience, ce n'est pas seulement reprendre le contrôle. C'est d’être ouvert à la création de nouvelles voies d'insertion. » il s'agit donc d'une nouvelle chance que l'humanité pourrait se donner, pour une nouvelle étape de l'aventure humaine. Contrairement à la définition souvent entendue, la résilience n'est pas le retour à la situation antérieure, mais une nouvelle manière de construire l'avenir, en réaction à un choc, sur de nouvelles bases. Des bases plus modestes, que le mot « insertion » caractérise bien. L’humain a sa place dans le monde, mais il n'en est plus le maitre. Il doit s'y insérer, parmi toutes les autres espèces. Cette reconversion sera une épreuve, et Jérémy Rifkin nous propose ici quelques pistes pour les affronter.


« Nous sommes en quête continuelle du sens de notre existence. C’est ce qui nous fait avancer. En chemin, nous nous sommes perdus ». Une large partie de l'ouvrage décrit la manière dont nous sommes arrivés dans une impasse. « Les humains et les autres êtres vivants se rapprochent dangereusement d'un précipice écologique fatal. » Plusieurs raisons à cela, la supériorité supposée des humains sur la nature, et une conception du progrès marqué par le concept d'efficience, obtenir tout, tout de suite, sans égards sur les conséquences de cette attitude. Une approche erronée également de la science, perçue à partir du XVIe siècle comme un instrument de domination du vivant, à la suite de Francis Bacon.
Nouvelle vision de la science, « pour une terre où la nature revient en force », nouvelle posture de l’humanité face à la nature, nous voici donc en position pour entrer dans l’âge de la résilience, d’inventer le monde de demain, dont l’adaptativité sera le maître mot. A plusieurs reprise, Jeremy Rifkin nous montre le chemin à parcourir : « de la productivité à la régénérativité, de la croissance à l’épanouissement, de la propriété à l’accès », en ce qui concerne les objectifs, « des caractéristiques des parties aux propriétés systémiques, des objets aux relations, des systèmes fermés aux systèmes ouverts, de la mesure à la détection et à l’évaluation de la complexité, de l’observation à l’intervention » pour les méthodes.
La troisième révolution industrielle, dont Jeremy Rifkin est le promoteur, offre une occasion unique d’opérer les transformations nécessaires à la résilience. Elle se fonde sur le rôle central des infrastructures, Internet de haut débit et énergies locales bien distribuées sur le territoire, dans le monde qui s’esquisse. L’intérêt qu’il y a eu à massifier la production est en train de disparaître grâce ce nouveau contexte, et Jeremy Rifkin y voit l’émergence d’une nouvelle organisation spatiale. Retour vers le local, c’est la « glocalisation », avec de nouveaux modes de production et de gouvernance, tels que la « pairocratie ». Il cite des exemples de biorégions, comme la Cascadie (Nord-Ouest des Etats-Unis et la Colombie britannique) et les Grands-lacs américains et le saint Laurent, qui ont su s’organiser pour donner une place nouvelle à la nature.
S’ouvrir à de nouvelles relations avec la nature, c’est trouver une manière d’assurer un avenir à l’humanité, mais aussi l’occasion de développer une empathie avec les autres êtres vivants. De donner du sens à notre vie ?
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