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Investir responsable

Et son on donnait du sens à nos placements ?
Thierry Bisaga et Sandy Campart
©Editions EMS, 2022


Si vous avez trois sous à investir, ce livre est fait pour vous. Idem si vous en avez plus. L’objectif de ce petit (100 pages en gros caractères) livre est « d’exposer et clarifier les solutions proposées en réponse à la quête de sens des épargnants ». Il est vrai que la grande presse nous aide souvent à nous y retrouver pour « consommer responsable », et qu’il est plus difficile de trouver des conseils équivalents pour bien investir notre épargne. Les banquiers sont rares à vous entraîner sur ce terrain, malgré une demande sociale en hausse, et l’intérêt que chacun peut y trouver. L’observation des résultats montre en effet que la recherche de bénéfices sociaux et environnementaux est favorable aussi en termes financiers, même si ces conclusions ne peuvent pas être extrapolées. « Pour l’entreprise, la prise en compte des effets induits par son activité sur l’environnement naturel, sur ses propres ressources humaines, sur les zones dans lesquelles elle est implantée, est un moyen de renforcer sa performance globale ».
Vous pouvez donc, à la fois, gagner un peu d’argent, donner du sens à votre épargne, et contribuer activement aux « grandes transformations sociales (écologiques, sociales, numériques) ». Comment s’y prendre ? Comment échapper au greenwashing, comment trouver des projets réellement durables ?
La préoccupation est ancienne, et elle a pris de nouvelles formes. Au commencement, il ne s’agissait que d’éviter les « actions du péché », dans une vision religieuse développée notamment par les quakers, au XVIIe siècle. Pas d’argent pour l’alcool, les armes, le jeu, le tabac, les « sin stocks ». Et puis d’autres préoccupations sont apparues, comme, au siècle dernier, les investissements dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Au cours des années 1980, l’environnement devient un critère de plus en plus important et le terme de finance verte prend son essor. Il s’agit au début d’éviter d’aggraver la situation, et puis vient le désir de l’améliorer, d’avoir un impact positif sur l’environnement. Des systèmes de référence apparaissent, avec les labels qui reflètent leurs orientations. Au niveau international, le Pacte mondial de l’ONU (Global compact), né avec le siècle, et le PRI, « principes pour l’investissement responsable », et puis des labels européens, et en France le label ISR, investissement socialement responsable, avec une déclinaison pour l’immobilier, le label Finansol, et né avec les accords de Paris, le label Greenfin.
L’ouvrage présente les grandes familles de labels sur lesquels vous pourrez vous appuyer pour choisir vos placements. Ont déjà été évoqués les labels d’exclusion de certains domaines. D’autres approches ont vu le jour sous des noms divers, comme « best in class », qui sélectionne, dans chaque secteur d’activité, les meilleurs élèves selon les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, ou « best in universe » qui ne tiennent pas compte des secteurs d’activité, ou « best effort » pour les entreprises qui progressent le plus. Il y a des stratégies thématiques, centrées sur des technologies ou des sujets comme l’eau ou le climat, l’économie circulaire etc. Des stratégies dites d’impact, qui se réfèrent aux avancées espérées, et pas seulement à la simple sauvegarde de la situation. Vous l’avez compris, les démarches différentes, qui vous permettront de choisir en fonction de vos priorités.
La finance, souvent montée du doigt pour ses atteintes à l’environnement et à la vie sociale, est un instrument d’une grande puissance. Peut-elle devenir un levier pour les transformations que nous devons mettre en œuvre, cet ouvrage en fait le pari et donne quelques clés « pour une finance plus soucieuse de la société ».

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