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Economie écologique

Une perspective européenne
Olivier Petit, Géraldine Froger, Tom Bauler
©De Boeck Supérieur, 2022

Economie ecologique



Il s’agit d’un manuel universitaire, dont l’intérêt dépasse largement le milieu universitaire. Tout ce que vous vouliez savoir de l’économie écologique sans oser le demander.

L’économie écologique est une branche hétérodoxe de l’économie. Elle se distingue par le rejet de la vision simpliste de « l’homo aeconomicus », qui ignore le milieu dans lequel ledit Homo se meut, avec les interrelations physiques, biologiques et sociologiques qui influencent son comportement autant que les calculs d’optimisation économique. Elle s’intéresse aux « systèmes socio-écologiques complexes », au-delà de la pensée « simplifiante ». Celle-ci présente de nombreuses qualités, et a permis de nombreuses découvertes, mais elle rencontre des limites qu’il faut dépasser aujourd’hui. L’économie écologique veut sortir « des impasses des approches économiques traditionnelles (qu’il s’agisse des approches néoclassiques ou marxistes) lorsqu’il s’agit de traiter des ressources naturelles et de l’environnement ». Elle se présente comme « la science de la gestion de la soutenabilité ».
Certains lui trouvent des origines dès le XVIIIe siècle, mais c’est dans les années 1970 qu’elle émerge vraiment. C’est l’époque du premier rapport au Club de Rome, Halte à la croissance, de la première conférence mondiale sur l’environnement, à Stockholm, en 1972. Une histoire marquée par quelques noms, Robert Costanza, Eugène Odum, Darry Commoner, et en France René Passet pour n’en citer que quelques-uns. Une histoire qui permet de revisiter la montée des préoccupations écologiques dans la société et le monde politique, la conférence de Stockholm déjà citée, puis la naissance des concepts d’écodéveloppement et de développement durable, les objectifs du millénaire et des 27 objectifs du développement durable, les ODD onusiens.
L’économie écologique s’organise progressivement, et se constitue dans le courant des années 1980 en courant de pensée, avec une revue de référence, Ecological economics, et des sociétés savantes, internationales et européenne notamment. Elle se dote d’un fonds théorique, avec 4 concepts, la coévolution, le métabolisme social, les services écosystémiques et la résilience, termes « inspirés de la physique et de la biologie ». Son domaine est l’économie et les sociétés humaines étudiées comme un « système naturel », bien différent de celui de l’économie néoclassique, pour laquelle l’environnement est considéré « comme une collection de biens économiques à allouer efficacement en fonction des préférences des agents ».
Pour l’économie écologique, la nature a une valeur intrinsèque. Elle utilise les techniques de l’économie, notamment la modélisation, pour mieux comprendre les interactions entre le vivant et les comportements humains, et « offre toute une gamme d’outils pour tenter d’affronter les défis environnementaux et sociaux actuels ». Il s’agit tout d’abord de « conceptualiser et représenter le développement (économique) », dans un monde où « la notion même de progrès devient multidimensionnelle ». Ensuite, « la microéconomie écologique doit surtout permettre de mieux comprendre comment les humains s’insèrent dans un contexte changeant, comment ils génèrent des nouveautés, font innovations et transformations ». La question de l’évaluation constitue un enjeu fort, pour aller au-delà des seuls critères monétaires : Comment intégrer une approche multicritère dans les analyses coûts-bénéfices. Et enfin l’enjeu de la gouvernance : « réinventer la gouvernance de l’interaction humain-nature », avec quels instruments de régulation de l’action publique.
La forme universitaire, avec de nombreuses références accessibles grâce à des QR codes, donne à l’ouvrage un aspect austère, mais elle permet de nous présenter un tableau clair et opérationnel d’une approche originale de l’économie, en liaison directe avec les enjeux d’aujourd’hui.

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