Progrès et Innovation

Imprimante

Depuis Gutenberg, nous savons l'importance de l'imprimerie. Celle-ci a connu de nombreuses améliorations, et quelques sauts technologiques grâce au téléphone et  à l'informatique, tout récemment. Ce n'est pas fini, voici venir les imprimantes 3D. Des imprimantes qui semblent prometteuses en matière de développement durable.

Disons-le tout de suite, il s’agit ici de l’imprimante 3D, qui ouvre de nombreuses perspectives.  Pour l’imprimante ordinaire, à 2 dimensions, à plat, restons sur le conseil de s’en servir que quand c’est nécessaire. On peut y ajouter qu’il serait bon, quand c’est nécessaire, de n’avoir à imprimer que ce qui est vraiment nécessaire, alors que souvent, il faut imprimer 3 pages pour une demi page utile, en termes de billetterie notamment.


Revenons à la 3D. En volume, 3 dimensions. On peut tout faire, ou presque avec une imprimante 3D, associée à une modélisation informatique : des chaussures et des maisons, des gâteaux, des prothèses dentaires, etc. Ne nous trompons pas : le mot « imprimante » peut laisser croire qu’il ne s’agit que de reproduire une pièce existante,comme une photocopie, mais cela va bien plus loin. La simple reproduction d’une pièce existante est déjà intéressante : combien d’appareils de toute nature sont jetés pour manque d’une pièce défaillante qu’on ne sait pas remplacer ! La réglementation tend à prolonger le délai au cours duquel les fabricants doivent conserver des pièces de rechange, mais avec une imprimante 3D, il suffira de conserver son image informatique, ou, à défaut, de trouver une autre pièce encore en bon état, pour la reproduire. Une source d’obsolescence accélérée qui va se tarir, tant mieux. La simple reproduction est aussi intéressante pour les petites séries, un peu comme la photocopie a permis, dans l’imprimerie, de rendre compétitifs les petits tirages. Pour la création d’objets nouveaux, l’imprimante 3D a été utilisée pour des prototypes et des maquettes, mais nous verrons qu’elle peut apporter beaucoup plus.
Il y a plusieurs techniques d’impression en 3D, présentée schématiquement sur Wikipédia, par exemple, mais il s’agit toujours de créer une forme, à partir d’une image virtuelle obtenue soit en scannant un objet concret, soit par un procédé informatique de modélisation. Une chaussure peur être produite à partir d’un scan de votre pied, un bijou dupliqué à partir d’un modèle, une maison construite à partir d’une maquette numérique. L’imprimante est de conception très différente selon la nature de l’objet, de taille modeste pour les prothèse dentaires ou acoustiques, immense pour les bâtiments.
Il s’agit donc d’une nouvelle voie qui s’ouvre depuis quelques années pour la production. Quand on sait que le développement durable consiste notamment à produire autrement, voilà donc une piste à suivre et à analyser en profondeur. Y aurait-il là un moyen de produire « durable » ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais l’imprimante 3D a des atouts, et elle n’en est qu’à ses débuts.
Le premier est d’être économe en matière. Seule la quantité nécessaire est consommée. Pour prendre un exemple, pour une prothèse dentaire, un tiers du métal utilisé se retrouve dans la dent reconstituée avec les techniques traditionnelles. Avec la 3D, c’est 100%. L’économie de matière est considérable, mais il s’agit souvent d’une matière revue et corrigée pour être utilisable en imprimante 3D. Pour une maison, par exemple, les murs sont construits par superposition de couches de béton déposées par une buse. C’est un béton spécial, avec un dosage particulier de ciment pour donner la fluidité nécessaire à la pose, et la résistance nécessaire pour la suite. Les premières réalisations utilisent du béton recyclé, mais avec des additifs dont la composition reste un secret. Un projet en cours à Amsterdam utilise des bioplastiques pour fabriquer des éléments d’un immeuble de plusieurs étages, dans l’esprit des maisons traditionnelles du site. La solidité pourra être apportée en coulant du béton dans des alvéoles prévues dans les structures imprimées. Bien sûr, il n’y a pas de perte et les déchets de chantier se réduisent ainsi fortement, mais quel est le bilan environnemental de ces nouveaux matériaux ? Une question à se poser en perspective, puisque la R&D qui se développe sur ces produits conduira très certainement à des bilans environnementaux plus favorables qu’aujourd’hui. Faut-il encore que ces bilans soient réalisés. Poursuivons donc sur ce chemin, nous verrons les résultats. Retenons que l’économie de matière est une promesse crédible de l’imprimante 3D, et qu’elle entraîne à la fois une baisse des coûts et une dématérialisation de l’économie. Tout le monde y gagne : ça coute moins cher, les prélèvements de ressources sont réduits, encore un double dividende comme on les aime au pays du développement durable.
Autre atout : la production se fait là où se trouve le consommateur. La chaussure peut être fabriquée dans le magasin où vous l’achetez, à la mesure exacte de votre pied, et aux couleurs qui vous plaisent. L’imprimante 3D met en relation directe le producteur et le consommateur, permettant un meilleur ajustement et donc une satisfaction des besoins plus fine. N’ayons pas d’illusion, il y aura toujours un effet « rebond » : la facilité de ce procédé risque fort de provoquer des abus. Il faudra les débusquer à la source pour les contrôler. Tout progrès technique provoque des changements de comportement. Souvent négatifs, comme l’usage intempestif de la voiture, ils peuvent être orientés si la technique est accompagnée d’une politique de maîtrise de la consommation, à base de communication, de règlement, de prix. Il faudra prendre en charge les questions d’éthique, de droits d’auteur, et bien d’autres qui apparaitront au fur et à mesure que l’impression 3D se développera.
Le rapprochement du producteur et du consommateur, qui permet de généraliser le sur-mesure tout en faisant des économies, n’est qu’un aspect d’un phénomène plus vaste : c’est toute la chaine des parties prenantes qui est concernée, le concepteur, les fournisseurs de matières premières et d’imprimantes ad hoc, les commerciaux et les clients. L’imprimante 3D s’inscrit dans ce que l’on appelle l’industrie 4.0, fondée sur la connexion entre tous les acteurs et leur collaboration permanente. Une industrie dont la vraie matière première est la communication, voilà comment assurer une forme de croissance économe, fondée sur l’intelligence et le génie humain. A condition de le vouloir, bien sûr.

Mots-clés: ressources, progrès, déchet, communication

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