fondamentaux du DD

Bien-être

bien etre camille orgel 551599 unsplashLa fragilité de la planète et les agressions qu’elle subit font parfois oublier les êtres humains, parfois même considérés comme des prédateurs irresponsables. On en oublie facilement leur bien-être. Un oubli qui peut s’avérer fâcheux pour la planète comme pour ses occupants.

Le bien-être devrait être le maître-mot, l’objectif affiché des politiques publiques. Une approche du bonheur, lequel est dans le pré mais qui file bien vite. Le bien-être de chacun, une forme de qualité de vie, dénuée de peurs, de privations et d’angoisses, et riche en convivialité, en plaisirs des sens et de l’esprit. Un bien-être obtenu sans prélèvements excessifs de ressources, et, ce qui va souvent avec, sans rejets agressifs pour notre environnement. Plus de bien-être, en prélevant moins de ressources, telle est une des définitions du développement durable, en reprenant le sous-titre d’un rapport au Club de Rome, « Facteur 4 ».
L’être humain est le produit d’une longue histoire, démarrée il y a quelques dizaines de milliers d’années. Une histoire marquée par des pénuries, des disettes, des famines. L’humanité s’est adaptée à ces fléaux, et les a inscrits dans son ADN mental. La peur de manquer reste omniprésente, et provoque des comportements de précaution, avec constitution de réserves et réflexes d’accaparement. Notre bonheur est lié à l’accumulation de richesses. L’évangile nous donne bien les oiseaux en exemple, qui sont nourris par le ciel, mais notre histoire est bien plus ancienne, et ce besoin d’accumuler est enraciné au fond de nous. Vous le savez bien, à la moindre alerte sur le sucre ou l’essence, les épiceries et les stations-service sont dévalisées. La peur de manquer est insupportable, et a forgé nos comportements.
Nous en sommes venus à accumuler les richesses de nos enfants. Une gestion en père de famille des bienfaits de la planète conduirait à ne prélever que le flux, ce qui est produit chaque année, et à mobiliser notre génie pour que ce flux soit le plus abondant possible, sans altérer le stock, le capital de l’humanité. Mais nous sommes trop pressés, ou trop avides, ou trop angoissés, et nous prélevons au-delà du flux. Notre empreinte écologique est supérieure à la production de notre planète, et cela depuis une bonne trentaine d’années. Alors que nous serons plus nombreux, plus vieux, et plus exigeants sans doute, voilà notre capital productif qui s’érode sous nos yeux. Ça ne peut pas durer.
La solution ne réside pas en coup de frein brutal. Une société ne se bouscule pas comme ça, dans un monde fortement inégal, avec des populations aux aspirations et aux modes de vie très variés. Et lutter contre le réflexe d’accumulation serait vain. Il faut proposer de nouveaux modèles de développement, attractifs et offrant une gamme d’opportunités telle que chacun trouvera son bonheur. Vous l’avez deviné, cette recherche de nouveaux modèles n’est autre que le développement durable. Offrir un bien-être qui ne ponctionne pas les ressources de nos enfants, le concept est simple à formuler.
Plusieurs pistes sont explorées. Tout d’abord, le partage. Un partage qui vous rend propriétaire de biens qui ne vous appartiennent pas, mais auquel vous aurez recours à chaque fois que vous en aurez envie. L’exemple de l’autopartage est classique aujourd’hui. A quoi bon avoir SA voiture, une voiture qui reste en stationnement 95% de son temps, qui coûte cher et vous crée bien des soucis. Une voiture partagée « efface » 7 voitures en propriété particulière. Il y a beaucoup à gagner de ce côté-là, pour les déplacements et pour un tas d’autres objets ou d’autres services, tels que des outils de bricolage, des équipements électroménagers, et même des espaces de vie.
Une autre piste est l’immatériel. Une expression étrange, abstraite, mais riche en contenu. Nous cherchons avant tout des émotions. L’engouement des matchs de football illustre cette recherche de communion et de frisson collectif, provoqué par le talent de quelques joueurs et le côté dramatique du spectacle donné. Un drame avec ses imprévus, ses rebondissements, ses moments de doute et d’abattement. L’immatériel est très présent dans nos vies, il les structure autant que le « matériel », sans pour autant consommer de ressources autres qu’humaines. Le génie humain, la créativité, le talent, voilà les richesses à consommer sans modération. Les mondes des sports, de la culture, de la connaissance, des savoir-faire, sont autant de sources de satisfactions et de bien-être, à substituer à des objets matériels sous-utilisés et vite périmés.
Le bien-être n’est pas inaccessible. Les deux pistes mentionnées ci-dessus ne sont pas les seules, les formes d’autoproduction auraient pu être évoquées, par exemple, et prendront des formes différentes selon les circonstances et les contextes culturels. L’hyperactif et le contemplatif y trouveront leur bonheur. Bien sûr, le partage et l’immatériel consomment toujours un peu de matériel, mais très peu en proportion de la valeur crée. Il s’agit à présent d’anoblir ces voies de développement, de leur donner un statut social, face aux « valeurs sure » que sont les productions matérielles. En route vers le bien-être !

 

Mots-clés: culture, ressources, facteur 4, sport

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