Energie

Compensation

En attendant que l'on soit parvenus à réduire fortement nos émissions de cartbone dans l'atmosphère, il est bon de les compenser autant que l'on peut le faire.

Nous vivons dans des cycles. Des cycles naturels, ceux de l’eau et du carbone par exemple, ou des cycles économiques, de vaches grasses et de vaches maigres, d’abondance et de pénurie. Notre activité nous conduit à s’inscrire dans ces cycles, où nous prélevons ce dont nous avons besoin, et rejetons le surplus ou les résidus de ce dont nous nous sommes servis.

Le développement durable consiste à exploiter ces cycles à notre profit sans dégrader leur bon fonctionnement, et même si possible en les renforçant. Nous observons plutôt que les pressions exercée par l’Homme sur les ressources naturelles se sont fortement accrues, et compromettent souvent le bon fonctionnement de ces Boucles bénéfiques.
La pêche s’inscrit ainsi dans un cycle, celui de la reproduction des Poissons, et nous voyons aujourd’hui que les excès des prélèvements et la dégradation des milieux marins mettent ce cycle en danger sans que l’on parvienne à enrayer ce mécanisme. Nous prélevons du carbone de différentes origines, et nous le renvoyons dans la nature, en modifiant les équilibres de son cycle. Souvent, des mécanismes correcteurs sont à l’œuvre, et réduisent les effets d’une déformation trop importante du cycle, mais ce n’est pas systématique, et une action corrective volontaire n’est pas inutile. Par exemple, des constructions vont souvent entraîner l’imperméabilisation de sols, ce qui va modifier le cycle de l’eau. Le ruissellement sera accéléré, avec des Risques d’érosion, d’inondation et de sécheresse. Face à cette situation, la sagesse nous conduit à lutter contre l’imperméabilisation, et, à l’aide de moyens artificiels si nécessaire, de chercher à infiltrer l’eau sur place au lieu de la laisser s’écouler.
Ce n’est pas toujours possible, l’ampleur du phénomène, ou la nature du projet, le contexte ne permettent pas toujours de traiter le problème sur place, et il convient alors de réparer les dégâts éventuels. Une des manières de procéder est de compenser la dégradation provoquée. A défaut de pouvoir retenir l’eau sur place, je vais planter des arbresà proximité, de manière à restituer des capacités de retenue d’eau. La compensation est une manière de gérer un déséquilibre que l’on introduit dans un mécanisme, dans un cycle. Il est parfois beaucoup plus facile et plus efficace de compenser que de gérer sur place un problème, et il ne faut pas se priver d’étudier cette option.
C’est ce qui se passe pour le carbone. Notre économie est basée sur la consommation de carbone. Ce n’est pas un problème quand le carbone provient essentiellement de la biomasse, des cultures, du bois, qui sont totalement intégrés au cycle naturel du carbone. Si les prélèvements restent modérés, l’action humaine ne modifie pas ce cycle, plutôt affecté par des évènements tels que des éruptions volcaniques ou des cycles solaires. En ayant recours au charbon, puis au pétrole et au gaz, nous avons fortement perturbé le cycle du carbone, en mettant en circulation, dans l’atmosphère, d’énormes quantités de carbone stockées dans les profondeurs de la Terre. Loin de se corriger tout seul, ce déséquilibre peut s’accentuer par des phénomènes tels que l’affaiblissement du pouvoir réflecteur de la planète, conséquence de la disparition de glaciers, ou la fonte de sols gelés qui dégagent le carbone piégé dans la glace depuis des siècles. Nous pouvons réduire la quantité de carbone que nous envoyons dans le ciel, mais ça prend du temps, et nous continuerons d’en émettre encore pendant quelques dizaines d’années. Il faut donc compenser d’urgence nos émissions de carbone, et introduire cette nécessité dans nos mœurs. Il y a en plus une facilité par rapport aux questions d’écoulement des eaux, évoquées ci-dessus : le gaz carbonique se diffuse dans l’ensemble de l’atmosphère, l’impact qu’il produit est planétaire, ce qui permet de délocaliser la compensation.

Les opérateurs de transports se sont mobilisés. Les sites des voyagistes vous proposent souvent de calculer la quantité de carbone que vous allez émettre en faisant le voyage que vous leur commandez, et de la compenser en participant financièrement à une action de stockage de carbone, de type plantation d’arbres. Ces initiatives sont heureuses, encore que pas très satisfaisantes pour la morale. Elles sont en définitive une application d’un principe vertueux-payeur, puisque seules les personnes sensibles à la question du réchauffement climatique et conscientes de leurs responsabilités cotisent volontairement. Il faudrait sans doute que cette compensation devienne obligatoire pour revenir à une règle plus logique, celle du pollueur payeur. Admettons que la formule proposée aujourd’hui est transitoire, qu’elle ouvre la voie à une obligation. Il n'est d’ailleurs pas étonnant qu’il en soit ainsi, car il faut une période de rodage.
L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, ADEME, a examiné les dispositifs de compensation ainsi proposés spontanément, 31 au total. Résultat ? Une grande diversité dans les modes de calcul qui permettent de transposer en CO2 des Kilomètres parcourus et des Hectares replantés. De grands écarts qui auraient pu discréditer le système. Il fallait donc mettre de l’ordre, de manière à consolider l’Offre de compensation. L’ADEME a invité tous les acteurs concernés à s’asseoir autour de la table, ce qui a donné naissance à une charte de la compensation. L’objectif est bien d’harmoniser les approches pour apporter des garanties aux généreux donateurs : les réductions d'émissions de CO2 générées par les projets doivent être réelles, vérifiables, additionnelles, permanentes ou garanties et leur traçabilité (…) clairement établie. Un site Internet apporte à ceux qui le souhaitent toutes les informations utiles : www.compensationco2.fr

Compenser dans de bonnes conditions est bien, mais si on peut éviter de devoir compenser, c’est encore mieux. Nous avons un tel défi à relever en matière de réchauffement climatique qu’il faut aller au-delà de la compensation, qui apparaît comme le minimum syndical de l’espèce humaine. C’est ce qui ressort de la charte de la compensation, dont les signataires s’engagent à n’en faire usage qu’après avoir épuisé les différentes manières d’éviter les émissions de carbone. Ne négligeons pas pour autant les actions correctives et les compensations. Il est possible de créer artificiellement de la richesse biologique ou des Paysages pour compenser des appauvrissements, sans parler de l’amélioration de nos techniques de valorisation des ressources, pour compenser leur raréfaction. Remplacer de la matière par de la matière grise est un des axes de référence du développement durable, mais cela ne fera que compenser la croissance du nombre des être humains et leurs besoins légitimes de Consommation.

Chronique mise en ligne 28 février 2008, revue le 3 février 2012

Du nouveau sur la compensation (18 octobre 2013) :

La Compensation locale : une première en France !

Posté par: Rédaction dans Air 18/10/2013 0 1 vu(s)

Il est désormais possible de compenser ses émissions de gaz à effet de serre sur le territoire français. CO2Solidaire et son partenaire, l’association Bleu-Blanc-Coeur, proposent une Compensation locale grâce au projet Eco-Méthane. Ce nouveau dispositif ne doit pas faire oublier l’enjeu de réduction à la source de notre propre impact sur le climat.

La Compensation locale : comment ça marche ?

La compensation carbone telle qu’elle est le plus souvent pratiquée permet de financer un projet économe en CO2 mené dans un pays en développement. En s’appuyant sur la Mise en Œuvre Conjointe instaurée dans le cadre du protocole de Kyoto, l’Etat Français lance en 2006 le dispositif des projets dits domestiques*. L’objectif de ces projets est de stimuler les réductions d’émissions de gaz à effet de serre sur le territoire national et dans des secteurs d’activités non couverts par le système européen de plafonnement et d’échange de quotas d’émissions de CO2.

Le principe est simple : une fois les économies de CO2 réalisées et vérifiées par un tiers indépendant, l’Etat puise dans son stock de quotas d’émissions, les transforment en crédits carbone et les délivre aux développeurs de projet. Ceux-ci pourront alors intégrer le bénéfice de la vente des crédits carbone dans le plan de financement du projet.

Certains de ces projets, expérimentaux, ont bien été validés mais ils n’avaient jamais été proposés aux entreprises, collectivités ou particuliers… jusqu’aujourd’hui.

Rôts de vaches, Oméga 3 et Eco nutrition

CO2Solidaire propose de soutenir le projet Eco-Méthane mené par l’association Bleu-Blanc-Coeur. Dès les années 2000, Bleu-Blanc-Coeur expérimente la graine de lin dans l’alimentation des vaches laitières. Meilleures pour la santé car chargées naturellement en Oméga 3, les graines de lin réduisent la fermentation entérique des vaches, c’est à dire les émissions de méthane (CH4), gaz à effet de serre 25 fois plus réchauffant que le CO2. A partir de cette expérience, BBC élabore une méthodologie de calculs des économies de CO₂. Elle est officiellement validée par le ministère de l’écologie en 2011, par les Nations Unies en 2012 et par le ministère de l’agriculture en 2013.

Aujourd’hui, près de 450 éleveurs français participent à démontrer que le monde de l’élevage, responsable à hauteur de 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, peut s’engager et apporter une réponse positive aux problématiques environnementales.

Le Pal, premier partenaire engagé dans la Compensation locale

Depuis le 18 octobre, le parc d’attraction et animalier Le Pal est la première organisation à compenser ses émissions sur le territoire français. Le Pal s’implique dès sa création dans une gestion plus durable de ses propres ressources : des forages sont creusés pour économiser l’eau, pour limiter les déperditions d’énergie, les bâtiments sont isolés, leur ergonomie est repensée et les postes de travail sont modernisés. Très vite, sa volonté d’intégrer des énergies renouvelables la décide à changer son système de chauffage au fioul par un système à base de plaquettes de bois. En 2010, le Pal est certifié pour une démarche globale de tourisme durable internationalement reconnue : Green Globe**.

Premier programme historique français, CO2Solidaire poursuit le développement de son action en accord avec une éthique qui, plus que jamais, doit encadrer la compensation carbone. Celle de CO2solidaire s’appuie sur des valeurs fondatrices de transparence, de solidarité, et de cohérence de la démarche.

Plus d’infos : www.co2solidaire.org – Suivez–nous sur Twitter : @CO2Solidaire

* Plus d’infos sur les projets domestiques : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Procedure-de-referencement-des.html. La liste des méthodologies référencées et des projets agréés : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Liste-des-methodes-referencees-et.html

** Plus d’infos : http://greenglobe.com/

Bleu Blanc Coeur : Une agriculture responsable à vocation santé

Association loi 1901, Bleu-Blanc-Coeur (BBC) a été créée en 2000 pour promouvoir une agriculture responsable à vocation santé. Elle vise à prendre en compte les objectifs environnementaux et nutritionnels dans les productions agricoles. La préservation de la chaîne alimentaire est essentielle : bien nourrir les Hommes signifie prendre soin de nos cultures et de la santé de nos animaux. Les produits BBC (oeufs, viandes, produits laitiers, farines, pain…) présentent moins de graisses saturées et d’acides gras Oméga 6, plus d’acides gras Oméga 3. Ils participent ainsi à un meilleur équilibre nutritionnel.

Actuellement, l’alimentation dominante des vaches est à base de maïs et de soja. Or, ces cultures réalisées à grande échelle ne sont ni bonnes pour la planète, ni pour les consommateurs. Du fait de leur teneur élevée en acides gras Oméga 6, le soja et le maïs participent au déséquilibre de l’alimentation des vaches (insuffisamment pourvue en Oméga 3), et par conséquent, celle des Hommes. Il a été scientifiquement prouvé qu’une alimentation à base d’herbe, de lin, de luzerne, ou de lupin est bien meilleure pour les animaux et donc pour les Hommes.

BBC aide les éleveurs à modifier l’alimentation de leurs vaches en passant du soja/mais/blé à la graine de lin. Les ruminants réduisent ainsi leur fermentation entérique, donc les émissions de méthane (CH4).

La méthodologie de calculs des économies de TéqCO2 est officiellement validée en 2011 par le ministère de l‘Ecologie et les Nation Unies. La première vérification des économies de CO2 réalisées intervient en 2012.

Plus d’infos : www.bleu-blanc-coeur.com et www.eco-methane.com

Le parc Le Pal : 1er partenaire engagé dans la Compensation localewww.lepal.com

Créé en 1973, le parc animalier et d’attraction Le PAL, unique en son genre, est l’un des plus fréquenté de France (510 000 visiteurs en 2013). Son originalité repose sur la volonté que les animaux puissent évoluer en semi-liberté dans leur milieu naturel reconstitué.

En Auvergne, l’une des régions les plus belles de France, le parc offre un cadre extraordinaire sur un domaine de 35 hectares où 500 animaux venus des 5 continents peuvent déambuler comme s’ils étaient dans leur milieu d’origine. Avec des possibilités d’hébergements en lodges écotouristiques, le parc est résolument engagé dans un développement durable. Il est certifié Green Globe depuis 2010, label de tourisme durable internationalement reconnu.

Le programme CO2Solidaire : Plateforme de compensation des ONG françaisewww.co2solidaire.org

En 2004, le GERES (Groupe Energies Renouvelables, Environnement et Solidarités) lance le premier programme de compensation carbone volontaire en France : CO2Solidaire. A but non lucratif et entièrement porté par l’association, l’objectif principal du programme est de cofinancer les projets de développement basés sur l’accès à l’énergie mis en oeuvre sur le terrain au Sud. Lorsqu’une majorité des acteurs de la finance carbone visent en premier lieu la quantité de carbone évitée, le GERES s’applique à intégrer la durabilité et la qualité des projets qui génèrent des crédits carbone. L’objectif principal de ces projets demeurant l’amélioration des conditions de vie des populations locales. CO2Solidaire s’appuie sur la transparence en matière de gestion des fonds, une intégrité des rôles de chacun au Nord comme au Sud, une éthique dans l’accompagnement de la communication des partenaires et une proximité vis-à-vis des projets soutenus.

Aujourd’hui, CO2Solidaire propose ses services à 2 autres ONG françaises s’appuyant sur la compensation carbone pour financer leurs projets : Initiative Développement et Bleu-Blanc-Coeur. CO2Solidaire se structure ainsi en Plateforme de compensation des ONG Françaises.

Mots-clés: ressources, énergie, environnement, territoire

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