Le solaire nouveau est arrivé

Il n’est pas encore vraiment arrivé, mais il se prépare et présente de sérieux espoirs. La « relance » pourrait-elle l’occasion de rapatrier, au moins en partie, la fabrication de cellules er de modules photovoltaïques ? Une bonne manière de faire que le monde de demain soit différent de celui d’hier. L’occasion est réelle, mais il reste à transformer l’essai. De nombreux acteurs européens montent des projets, qui exploiteront les nouveautés technologiques issues de la recherche européenne, et notamment française. Des avancées qui vont permettre d’améliorer la productivité des cellules de 25% environ, et même, pour certaines encore en phase de recherche, d’atteindre 30%, presque un tiers de l’énergie solaire recueillie transformée en électricité.


La question est de leur développement industriel. Passer du labo à l’usine, une épreuve identifiée de longue date, dans de nombreux secteurs, et qui restent un point sensible en Europe. Certains grands programmes européens, du type Airbus, permettent d’avancer, de rattraper des retards, de structurer des filières et d’espérer des succès qui positionneront l’industrie européenne. Dans le domaine de l’énergie, particulièrement sensible, c’est le cas notamment pour l’hydrogène et les batteries, mais le photovoltaïque est oublié, et ne peut compter que sur les formules ordinaires, dont nous connaissons la lourdeur, trop fréquente. L’enjeu est pourtant de taille, nous dépendons de l’Asie pour la quasi-totalité des cellules photovoltaïques. Et le marché mondial est en forte expansion, +12% en 2019 et plus encore en 2020 malgré le Covid. D’une manière générale, la capacité installée en 2020 des énergies renouvelables a atteint 260 Gigawatts (GW), contre 60 pour les énergies fossiles et un tassement pour le nucléaire. Un créneau prometteur à ne pas laisser filer.
Investir dans la production de cellules photovoltaïques est aussi une bonne opération dans la perspective de l’objectif européen de réduire e 55% les émissions de CO2. Pour y parvenir, il faudra installer de 50 à 80 GW par an, et il ne serait pas sot qu’une partie soit produite sur place. Outre la maitrise industrielle, cela réduirait le volume de transport et permettrait d’assurer des conditions de fabrication optimales. De nombreuses initiatives émergent en Europe, pour développer ces dernières technologies. On parle de « gigafactories ». Première initiative en Sicile, en 2019, suivie de projets en route en Allemagne et en Finlande, et puis en France, Hongrie, Portugal. En France, une giga-usine est en projet à Hambach, en Lorraine, bien connue pour avoir accueilli l’usine Smart. 4 GW de production annuelle en 2025. Décision définitive en juin prochain, à la suite de procédures adaptées à l’importance de l’installation et du montage financier.
C’est une dynamique industrielle qui se manifeste, et qui s’insère bien à la fois dans le green deal européen et la relance française. C’est peut-être aussi la bonne réponse à la course folle à l’exploitation de l’antarctique, avec tous les dangers qu’elle comporte, pour l’environnement et pour les enjeux géopolitiques qui attisent les tensions internationales. L’énergie de demain viendra du ciel et du soleil, et non pas des fonds marins, qu’il faut préserver. Prendre une option solide dans l’énergie solaire est une bonne manière de rendre archaïque et peu rentable l’exploitation de zones fragiles, et qui fonctionnera bien mieux que les interdictions et les sanctions inapplicables qui les accompagnent.

 

 

Edito du 26 mai 2021

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