Chroniques d’actualité

La Banque Centrale européenne a enfin entendu le message de Mark Carney, alors gouverneur de la banque d’Angleterre et aujourd’hui envoyé spécial de l’ONU sur le climat, qui décrivait les risques du changement climatique pour la finance, devant les Lloyds of London. C’était en 2015. Mieux vaut tard que jamais.

La BCE vient d’annoncer, le 8 juillet dernier précisément, qu’elle mettait en place « un plan d’action pour inclure le changement climatique dans sa politique monétaire ». La solidité financière des entreprises qui sollicitent des prêts sera évaluée à l’aune de leur capacité à résister au risque climatique. Une excellente nouvelle, qui intervient au moment de la relance européenne, du « green deal », le l’injection massive de crédits post covid. L’éco-conditionnalité entre dans les mœurs, un message qui sera repris, espérons-le, par les instances nationales de chaque pays membre de l’UE. La finance se verdit, et c’est une des conditions nécessaires, mais pas suffisante, pour progresser vers un développement durable. En janvier 2019, l’Union européenne avait adopté un vocabulaire commun pour qualifier les activités en fonction de leur impact environnemental, la « taxonomie (1) ». Un instrument pour donner des repères solides pour orienter les investissements vers des productions « durables ». La BCE adopte à son tour cette orientation, réjouissons-nous.
Au même moment, une question de « fenêtres de tir », nous assistons au lancement du « tourisme spatial ». Les milliardaires pourront s’envoyer en l’air pour un saut dans l’espace, à la recherche de sensations fortes. Beaucoup de commentaires dans la presse, mais peu de questions sur le bilan carbone de l’opération. Quel impact environnemental de ces vols. Les satellites nous offrent de nombreuses possibilités d’observation de notre planète, de connaissances sur son fonctionnement, ses origines et son évolution. Continuons sur cette lancée, et préférons le vocabulaire scientifique d’exploration ou d’observation au vocabulaire guerrier, voire colonisateur, de conquête. L’observation de notre planète par l’extérieur, en complément de celle de l’intérieur, encore bien incomplète. Deux approches complémentaires qui s’enrichissent mutuellement, pour comprendre comment notre milieu de vie évolue, quel est l’impact de l’humanité, quelles politiques adopter pour le conserver en bon état et le voir prospérer, pour notre plus grand bonheur. Mais aujourd’hui, il est question de tourisme de tourisme, un tourisme prédateur de ressources qui seraient bien plus utiles ailleurs, et qui entretiennent le mythe d’autres planètes pour l’humanité. Un mythe dangereux, qui pourrait conduire à l’abandon d’une Terre épuisée au lieu d’une réaction vigoureuse face aux dégradations qu’elle subit. Le tourisme spatial passerait-il les tests de durabilité de la BCE ?
Finissons ce propos par une évocation « 14 juillet ». Il s’agit de la Marseillaise. Celle de Django Reinhardt et Stéphane Grappelli, pour fêter leurs retrouvailles à Londres, en 1946. Une Marseillaise en mode manouche, dans une époque de grande intensité patriotique, qui illustre le bonheur de marier une culture traditionnelle à l’attachement à la France. Vous la trouverez sur YouTube, un vrai plaisir !

1 - Voir l’édito du 29 janvier 2020

 

Edito du 14 juillet 2021

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