Le progrès n'est plus ce qu'il était

Les sondages l’affirment : les Français pensent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux. Le progrès, tel que les Trente Glorieuses nous l’avaient fait espérer, n’est plus garanti. De nombreux indices nous le font savoir. Il n’y avait presque plus de clochards dans les rues, on pouvait croire que la misère était vaincue, et voilà des milliers de SDF sous nos ponts ou sur les trottoirs. Le temps de travail diminuait régulièrement, on nous annonce désormais qu’il faut travailler plus et plus longtemps. Les services publics sont débordés ou disparaissent de larges parties du territoire, les écoles ferment dans les centres-villes et les campagnes. Et puis, bien sûr, les avatars qui nous tombent sur la tête : le climat, la biodiversité, les océans, les migrations humaines, la mondialisation.

C’est sur ce fonds de décor qu’apparait le développement durable. Il est souvent présenté comme la seule issue face à cette dégradation annoncée : nous n’avons pas le choix. Une sorte de carte forcée, ce qui est loin de nous plaire, à nous, gaulois individualistes et frondeurs. Le discours de l’alerte est répété à l’infini pour faire passer cette pilule, rien de mieux pour nous décourager, pour nous paralyser et faire fuir tous les innovateurs, tous ceux qui ont hâte de construire un monde nouveau. Rien de bien sérieux pour promouvoir une alternative attractive, qui nous conduise à trouver plaisir à se démener pour une vie riche d’opportunités, au lieu de faire d’énormes efforts juste pour éviter le pire. Il fut un temps où la protection de l’environnement conduisait à la qualité de la vie, qu’il s’agissait d’améliorer. Le sous-titre du rapport au Club de Rome « Facteur 4 » était explicite : deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins de ressources. Aujourd’hui, il n’est question que d’alerte sur l’état de la planète, certes justifiée, mais sans égard pour l’être humain, si ce n’est pour le montrer du doigt comme coupable de cette dégradation.
Le développement durable est à l’inverse la recherche d’un nouveau sens pour le mot « progrès », ou de nouveaux sens, au pluriel, car nos cultures et nos besoins sont variés et chacun doit y trouver son compte. Le progrès des 30 glorieuses est à bout de souffle, il ne nous propose pas d’avenir durable. Nous le savons bien, mais nous avons soif de changement, de perspectives qui nous motivent pour aller de l’avant. Une forme de moteur pour satisfaire notre curiosité, pour affirmer notre personnalité, donner du sens à notre vie. Il nous faut revisiter le progrès, le remettre en question pour lui donner un sens adapté aux exigences du XXIe siècle. De nombreux exemples nous montrent qu’il est possible de gagner sur les deux tableaux, ce que l’on appelle parfois un double dividende, le bien-être des humains et la prospérité de la planète. C’est le sens du titre « le vent s’est levé » de mon dernier livre, largement issu de ce blog. A côté de l’alerte, qui a un rôle à jouer, proposons la recherche collective de nouveaux modes de vie, à partir de ces exemples et de tous ceux qui naîtront d’une démarche offensive, partant de la qualité de la vie des humains pour assurer durablement, dans tous les sens du mot, la richesse de notre milieu de vie, la Terre. C’est ça le développement durable.

Le vent s'est levé : présentation le jeudi 17 décembre à 18h. Lien ZOOM : https://us04web.zoom.us/j/72712241089?pwd=bFhLbkUrWXVCQlpZOG1zNmwxdVB6UT09, ID de réunion : 727 1224 1089, Code secret : XDZNS0

 

Edito du 16 décembre 2020

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