Retraites : Pour une nouvelle approche

A problème nouveau, nouveau mode de penser pour trouver la solution. C'est ça le développement durable, de la créativité pour imaginer des sorties "par le haut" des nombreuses contradictions dans lesquelles nous sommes empêtrés. La retraite en est un bel exemple. Le sens de l'histoire, si ce n'est du progrès, a toujours été de travailler moins, et de partir plus jeune à la retraite. La chute du nombre d'heures travaillées au cours d'une vie humaine dans notre pays est impressionnante, si l'on en croit des experts comme Jean Viard. L'idée qu'il faille aller dans l'autre sens a du mal à passer, c'est une sorte de promesse qui n'est pas confirmée. Le progrès que constitue l'allongement de la vie est terni par ce retournement de tendance. Le débat s'envenime, et se fixe sur les 3 paramètres, montant des cotisations, montant des pensions et durée de cotisation (ou âge du départ en retraite). Rien à faire, dans ce cadre, l'équilibre des comptes impose de travailler plus si l'on ne veut pas cotiser plus ou toucher moins d'argent à la retraite. Peut-on changer de cadre de travail ? Nous avons déjà évoqué la qualité de vie au travail (édito du 11 septembre 2019). Retarder la retraite n'est pas forcément une mauvaise chose, si le travail nous permet de s'épanouir. Il convient donc de connecter la nature et les conditions de travail avec l'âge de la retraite. Allons plus loin. Le problème d'équilibre dépend du ratio actifs/inactifs, comme si les "inactifs" n'apportaient rien à la société. Le principe fondateur "les actifs payent les retraites des inactifs" ne peut-il pas être revu ? Il est d'ailleurs en partie fictif, car l'Etat et donc les impôts paye les pensions des fonctionnaires et la CSG/CRDS contribue largement à l'équilibre des comptes. Et l'on parle aujourd'hui de faire cotiser les robots... La "répartition" doit-elle se faire uniquement sur la base du travail, ou sur l'ensemble des richesses créées ? Si c'était l'ensemble de la société qui payait les retraites, et non pas uniquement les actifs ? C'est une manière d'intégrer les robots, mais aussi de tenir compte de la productivité du travail, facteur curieusement oublié dans les débats. L'efficacité du travail humain permet de produire plus en travaillant moins, du fait de l'accumulation de compétences, de savoirs, de génie humain, héritée du travail. Tous les "facteurs de production" pourraient être sollicités pour payer les retraites, ce qui ne serait qu'un juste retour des choses, puisque les retraités sont aussi des consommateurs et font ainsi tourner l'économie. Libérons-nous des modes de penser hérités d'un autre âge, tout en conservant les principes fondateurs de solidarité, et nous verrons qu'un autre monde est possible, même pour les retraites.

Edito du 4 décembre 2019

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