Passer aux actes

Contenir le réchauffement climatique au-dessous de 1,5°, restaurer la biodiversité, et permettre à 10 milliards d'humains de vivre dignement, c'est possible avec les connaissances et les techniques dipopnibles. C'est même possible en améliorant notre bien-être, dans l'esprit du facteur 4 (1) "deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins de ressources". De nombreux rapports (2) en attestent aujourd'hui, nous pouvons vivre mieux tout en réduisant la pression sur la planète. La question est comment "passer aux actes" ? Comment décider les acteurs que nous sommes tous, particuliers, entreprises, collectivités publiques, à changer nos modes de vie, condition incontournable pour vivre mieux demain.

Pour certains, il faut faire pression sur les pouvoirs publics. C'est un procès contre l'Etat, ou c'est chaque vendredi dans la rue, ou bien encore c'est un sitting sur les ponts parisiens. Rarement devant le siège de syndicats professionnels ou des sociétés du CAC 40. Comme si l'Etat était seul coupable, comme s'il pouvait passer outre les résistances des multiples groupes sociaux qui voudraient que rien ne bouge. C'était mieux avant, bien sûr ! Un argument souvent utilisé peut se résumer à "nous n'avons pas le choix". Pas très engageant, et contradictoire avec l'idée que demain peut être plus riant qu'aujourd'hui. La peur de l'apocalypse comme levier, souvent agitée, la "fin du monde", ne s'est pas montrée jusqu'à présent le bon levier pour activer le changement. Une autre piste serait de donner envie de ce futur, malgré l'effort du changement. L'espérance d'un monde meilleur plutôt que la peur de la catastrophe. On retrouve le "progrès", qui a été un formidable moteur de transformation, mais en lui donnant un autre sens. L'ancien "progrès" mène à l'impasse, proposons en un autre, tout aussi attractif, fondé sur le bien-être et non sur l'accumulation de biens et la consommation matérielle sans limites. Un progrès fondé sur le talent et le génie humain, pour obtenir le meilleur de ressources naturelles prélevées avec prudence et parcimonie.

 


1 - Facteur 4, Rapport au Club de Rome, Facteur 4, d’Ernst U. Von Weizsäcker, Amory B. Lovins, et L. Hunter Lovins, Terre Vivante pour l’édition Française, 1997.
2 - Voir sur ce point l'édito du 19 décembre 2018 : mission possible, conforté par d'autres travaux publiés depuis, notamment l'étude ZEN, zéro émissions nettes en 2050, d'Entreprises pour l'Environnement, ou l'ouvrage de Marc Dufumier L'agroécologie peut nous sauver.

Edito du 3 juillet 2019

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