Parier sur l'avenir

Les gilets jaunes sont fils de la civilisation de l'automobile. C'est le prix du carburant qui a été le détonateur, et la question du déplacement obligé est toujours mise en avant. L'attachement à la voiture individuelle reste vif, et les solutions du type covoiturage ou auto partage, ou encore voiture à la demande (VAD) n'ont pas vraiment été évoquées, non plus que le coût réel de l'automobile, dont une part importante est prise en charge par la collectivité. L'étalement urbain coûte très cher, aux particuliers, obligés de prendre une voiture pour des actes courants de vie ordinaire, aller au travail, faire ses courses ou conduire les enfants à l'école, et pour la collectivité, qui doit entretenir les routes et les nombreux réseaux liés à l'habitat, eau, énergie, et organiser les services publics, collecte des déchets notamment, sur de grandes étendues. Tout se passe comme si l'espace avait été aménagé pour favoriser l'industrie de l'automobile. Pour un pays dépendant des importations pour le carburant, ce n'était pas très raisonnable, et nous en payons le prix chaque année, puisque le déficit de notre commerce extérieur est du même ordre de grandeur que nos importations de pétrole. Une nouvelle alerte vient s'ajouter : des soucis sur l'industrie automobile elle-même. Le journal "Le Monde" daté du 3 janvier titre "Le grand retournement du marché automobile", sensible dans le monde en 2018 et plus spécialement depuis le 4e trimestre en France. De nombreux emplois seraient menacés, apprend-on ainsi. La civilisation de l'automobile nous vaudrait donc une double peine, pour l'aménagement et pour l'industrie. Les gilets jaunes ont encore de beaux jours devant eux, s'ils restent "accros" à l'automobile. Il vaudrait mieux prendre les devants, et revoir notre avenir sans voiture, ou avec moins de voitures. Des solutions de mobilité partagées ou douces peuvent être mises en place pour le volet territoires, et une sorte de révolution industrielle doit aussi être envisagée. Heureusement, la conception et la fabrication d'une automobile sont des tâches complexes, et, quand on les maitrise, on doit pouvoir faire autre chose. Faut-il encore le prévoir et le vouloir, au lieu de chercher des prolongations. Le développement durable, c'est parier sur l'avenir, et faire ce qu'il faut pour gagner le pari.

Edito du 9 janvier 2019

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