Les retraites : Un problème insoluble parce que mal posé

Le président l'a dit : il faut remettre l'humain au coeur de chaque politique. L'humain au coeur de la question des retraites, au lieu de la recherche exclusive de l'équilibre des comptes de la sécurité sociale. Bien sûr, tout est lié, mais c'est l'angle d'attaque qui compte, la priorité affichée. Ce sont souvent des économies dans le fonctionnement d'une entreprise ou d'une institution, au lieu de sa performance, de la manière dont elle répond à des besoins. La question des retraites n'échappe pas à cette règle, et la préoccupation financière, dominante, omniprésente, n'est pas la bonne manière d'entrer dans le sujet, et par suite d'y apporter des réponse satisfaisantes.

Nos sociétés vieillissent, le nombre de vieux augmente inéluctablement. Puisque le phénomène est incontournable, faisons du vieillissement un atout, en valorisant les qualités des vieux. Quelle place notre société offre à ces vieux, que peuvent-ils lui apporter, quels sont leurs besoins, leurs envies.  Les vieux le souhaitent, ils veulent, pour beaucoup, rester actifs, jouer envore un rôle. C'est bon pour leur moral, ça les maintient dans des réseaux humains, avec des collègues, des camarades, voire des "têtes de turc", et nous savons que l'insertion dans la société est la meilleure manière de retarder la dépendance. La solitude, voilà l'ennemi. Bien sûr, l'activité des vieux ne peut être la même que celle des jeunes et de la force de l'âge. Elle doit surtout être sur mesure, adaptée à la situation de chacun, à son état de santé, son savoir faire, ses envies. La question posée de l'âge à la retraite ou du nombre d'années de cotisation, purement mathématique, ignore l'humain, nie la possibilité même d'activité pour les retraités, seule comptant l'activité avant la retraite. Comme si, le couperet tombé, les activités humaines n'avaient aucune valeur. Imaginez que les retraités fassent grève, et vous verrez par défaut tout ce qu'ils apportent à la société, dans un cadre familial, associatif, caritatif, politique, et même professionnel, avec des activités rémunérées, parfois "pour mettre du beurre dans les épinards". La question des retraites est posée avec le sentiment que les retraités sont une charge. Le vieillissement de la population est alors perçu comme une calamité, dont il faut réduire l'impact. A l'inverse, considérons que les vieux sont un atout pour la société, des apports dont beaucoup sont gratuits, et qu'aucune société civilisée ne peut se passer de l'énergie d'un cinquième de ses membres, et bientôt d'un quart. A la question de la retraite, répondons par une recherche active de la place des vieux dans la société, une place opportune pour eux-même et la collectivité. Nul doute que la réponse à cette question permettra d'aborder la question financière sous un autre angle, avec de nombreuses ouvertures que l'approche purement comptable ne permettra jamais d'imaginer. L'humain au coeur du sujet, bien sûr !

 

Edito du 1er mai 2019

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