Le pouvoir de vivre

Relancée par Laurent Berger, la formule "pouvoir de vivre" était le titre du programme de Brice Lalonde aux élections présidentielles de 1981. Une formule fondatrice d'une nouvelle approche, où le bonheur n'est plus synomyme d'accumulation de biens matériels, achetés sur le marché, mais de satisfaction de besoins de mille manières, achat, certes, mais aussi échanges, services mutuels, changement de comportements. La vie va bien au-delà du marché. Vivre mieux n'est pas synonyme de gagner plus. la qualité de la vie sociale est ainsi remise en avant, avec son caractère immatériel qui dépend de phénomènes culturels autant que de phénomènes économiques. Une des manières de vivre mieux est de satisfaire ses besoins et ses envies de manière plus économe en ressources. Une traduction personnelle du "facteur 4", au sens deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins de ressources. Pour être concret, citons par exemple l'économie de fonctionnalité, qui consiste à bénéficier de matériel (une voiture par exemple) quand on en a besoin, sans en être propriétaire, avec toutes les charges que cela entraîne. L'économie du partage, de l'échange, de la proximité, l'informatique "open source", autant de manière de se sentir riche sans avoir à accumuler chez soi des richesses qui restent sous utilisées. Prenons l'exemple de l'informatique. Elle rend bien des services, mais elle a deux défauts : elle consomme de l'énergie -les émissions de gaz à effet de serre du numérique dans le monde sont moitié plus importantes que celles du transport aérien - et elle nous rend aisément addictes, nous y avons recours trop facilement, sans véritable utilité. ça ne vous coute rien, mais ça coute à la planète, notamment en carbone, en matériaux rares, etc. Les vidéos, par exemple, représentent 80% du trafic sur les réseaux numériques. Un peu de modération ne serait pas attentatoire à votre pouvoir de vivre... La sagesse dans ce domaine est souvent l'amie de votre porte-monnaie. Dans le domaine du numérique, deux règles sont à combiner pour réduire votre bilan carbone et faire des économies : moins d'équipements, qui durent plus longtemps. C'est l'équivalent de la règle pour l'alimentation, des produits de proximité et de saison. Voilà des comportements bons pour votre pouvoir de vivre, pour la planète, et en même temps pour votre pouvoir d'achat. Qu'attend-on nous pour être heureux ?

Edito du 13 février 2019

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