Le moral des Français

Haro sur les Etats et leurs gouvernements qui ne font rien pour lutter contre le changement climatique ! Un peu facile, car nous savons bien que les Etats ne peuvent se permettre d'aller à l'encontre des aspirations de leurs citoyens. Bien sûr, nous voudrions aller plus vite et plus loin sur la voie de la transition, mais les dirigeants sont tenus par l'opinion publique et la capacité de blocage de certain groupes sociaux. Ils peuvent créer un cadre plus favorable à l'évolution des mentalités, mais attention à ne pas brusquer les choses, car les retours de manivelle sont toujours prêts à partir. Il n'y a que les régimes autoritaires qui peuvent se le permettre, comme le décrivait en 2014 le petit livre "L'effondrement de la civilisation occidentalee", où il apparaissait que seule la Chine pouvait adopter les mesures nécessaires.

Parmi les actions que peuvent mener les politiques, il y a donner confiance. Il est bien difficile de changer quand on n'a pas confiance en soi. Voilà donc un objetcif qui n'a a priori rien à voir avec le climat, mais qui pourrait faciliter les choses. Il faut faire adhérer le maximum d'acteurs aux mesures pour le climat, et l'injonction n'est pas forcément la meilleure manière de faire. Les Français sont réputés pour un mauvais côté de leur personnalité : ils sont volontiers pessimistes, il ont le moral au plus bas, le record parmi les pays européens et bien d'autres, pourtant moins favorisés. On parle aussi de déclinisme", ce qui n'est pas pour remonter ledit moral. Comment redonner aux Français confiance en eux, en leur capacité collective à surmonter les problèmes et ouvrir de nouvelles voies de progrès ? Il y a en France une multitude de réalisations "durables" qui pourraient être montrées pour donner des idées et du courage. On parle de "solutions", et en marge de la COP 21, à Paris, se tenait une manifestation intitulée "agenda des solutions". C'est judicieux d'en parler, au lieu de s'appesantir sur les problèmes. Donner le moral, c'est aussi favoriser les initiatives. Il y a beaucoup à faire dans ce domaine dans un pays centralisé, régenté d'en haut. Une bonne décentralisation, pour donner plus de responsabilité sur les territoires, pour bénéficier d'une diversité de réponses, élaborées dans des contextes locaux différents. A l'heure des réseaux sociaux et d'Internet, les initiatives locales coordonnées entre elles peuvent à la fois permetre de trouver des solutions originales, et de donner aux acteurs le sentiment d'être utiles, de faire avancer les choses. C'est bon pour le moral. Pour donner un exemple de ce que l'Etat pourrait faire pour lutter contre le dérèglement climatique,  favoriser les monnaies locales ! Et par suite les initiatives locales, les circuits courts, l'entr'aide et la cohésion sociale dans les territoires. Ouvrir des espaces à l'initiative, c'est sans doute mieux que d'imposer les objectifs "contraignants" qui seront perçus comme des diktats de Paris ou de Bruxelles. La lutte contre le changement climatique est pleine d'opportunités, mieux vaut les faire connaître et aider à en profiter que d'imposer un changement qui sera mal vécu et accepté à regret.

 

Edito du 9 octobre 2019

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