La poule aux oeufs d'or

C'est depuis le 2 mars que les maquereaux de l'Atlantique Nord-Est ne sont plus certifiés MSC, et n'ont plus droit au label bleu. Leur pêche n'est plus durable. Les prises sont largement supérieures à celles recommandées des scientifiques pour maintenir l'état du stock. Le Conseil International pour l'Exploration de la Mer (CIEM) recommande une baisse des deux tiers des captures annuelles pour retrouver un stock durable, où les poissons aient le temps de se reproduire. Une alerte qui n'est pas isolée. Il y les cas extrêmes, comme les petits marsouins (vaquitas) du golfe de Californie, au Mexique, en voie d'extinction, et dont les protecteurs (Sea Shepherd) sont attaqués par les pirates, à coup de cocktails molotov. D'une manière générale, la situation est préoccupante, si l'on en croit l'IFREMER. En Europe, la moitié environ des stocks (un espèce dans son territoire) ne sont pas gérés "durablement". Un quart est surexploité. La Manche et la Mer du Nord font figure de bonnes élèves, avec les 2/3 des stocks exploités raisonnablement, et la Méditerranée porte le bonnet d'âne : 6% des stocks seulement sont gérés durablement, et 8% sont en train de s'effondrer. Il a fallu que le thon rouge soit presqu'éteint en Méditerranée pour qu'une gestion des stocks soit mise en place, avec un certain succès d'ailleurs. Il s'agit de poissons, mais il est permis de faire référence à la poule aux oeufs d'or, dont vous connaissez la fin. Le marsouin du golf de Californie est une victime collatérale de la pêche du tataoba, pourtant interdite, justement pour que le population se régénère. C'est la demande chinoise qui est çà l'origine de cette surpêche, depuis que les chinois ont anéanti les stocks de Bahaba taipingensis, dont la vessie natatoire est considérée comme un produit de grand luxe. Plus de bahabas ? Tant pis, il y a son cousin, le totoaba. Ce dernier pourrait bien subir le même sort. Et comme le monde n'est pas infini, nous pourrions bien, de proche en proche, vider la mer de ses poissons. La chute de la pêche à la morue aux abords de Terre-Neuve (la pêche a été interrompue en 1992, et il a fallu plus de 25 ans pour revoir des morues dans le secteur) n'a pas provoqué le début de sagesse espéré, l'exploitation de ces "biens communs" que constitue le poisson continue. Jusques à quand ? Rendez-vous à la semaine de la pêche responsable, du 18 au 24 février prochain !

Edito du 6 février 2019

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