La grande bascule

La grande bascule vers le bio de l'agriculture française. Ainsi titre le journal "Le Monde", dans son édition datée du 5 juin. Il ne s'agit que de quelques pour cent de l'agriculture, mais c'est la plus forte progression depuis le début du bio. Nous sommes aujourd'hui à la moitié de l'objectif fixé pour 2022 par la récente loi Alimentation, 15% des surfaces cultivées. Il y a encore beaucoup de chemin à faire et de "grandes bascules" pour que la production agricole française soit en phase avec l'environnement, non pas seulement pour le respecter, mais aussi pour l'enrichir. Car le bio n'est pas une garantie de bonne pratique environnementale. Ce n'est qu'une première étape, l'abandon de certains produits, et ce n'est pas rien.

C'est le début d'une évolution, l'apprentissage de nouveaux modes de cultures, de la diversité, de l'apprivoisement de la nature. Une démarche qui peut conduire, à terme, vers des pratiques que l'on regroupe sous le terme d'agroécologie, qui enrichit la terre tout en produisant autant que l'agriculture industrielle. Bien sûr, les produits ne sont pas les mêmes, et les consommateurs devront aussi participer au changement. L'offre alimentaire qui en résultera sera plus saine aussi bien pour la qualité des produits que par leur diversité. Et en plus, cette agriculture bonne pour l'environnement et notre qualité de vie est créatrice d'emplois. Qu'attendons-nous pour être heureux ? Pour paraphraser une expression célèbre, "une autre agriculture est possible". Quant à la grande bascule, elle n'est qu'amorcée, mais réjouissons-nous de ce progrès qu'il convient d'encourager. La ligne "Produire et consommer autrement" est aujourd'hui illustrée par l'évolution de l'agriculture, ce qui suscite deux espoirs, à savoir l'accélération de cette tendance, avec une courbe parabolique, et surtout que d'autres secteurs connaitront leur moment de grande bascule. Une transformation des modes de production, et aussi de la nature même de la production, en phase avec une transformation des modes de vie, associant notre bien-être à la qualité des produits plutôt qu'à leur volume. Des doubles dividendes en perspective, vivement demain !

 

Edito du 5 juin 2019

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