L'impôt et le temps

Après les prélèvements en argent, voici les prélèvements en temps. C'est peut-être moins douloureux, même si certains économistes parlent du nombre de jours pour lesquels vous travaillez uniquement pour payer vos impôts, car il y a évidemment une correspondance entre l'argent et le temps passé pour le gagner. C'est en quelque sorte un retour au régime des corvées, où chacun consacrait quelques jours à des travaux d'intérêt général. Cette mesure a été utilisée pour créer un jour de financement de la dépendance, en 2004. C'est donc le travail qui est mis à contribution pour remplir les caisses de l'Etat, parmi toutes des sources possibles de financement. On comprend alors que la valeur travail soit portée aux nues ! c'est pour mieux l'exploiter.

Car pourquoi exonérer les autres facteurs de production, la consommation, les échanges internationaux, etc ? Les milliards que l'Etat engrangerait par journée de travail gratuit viendraient en déduction des budgets nécessaires poir financer la dépendance, puisque c'est elle qui serait bénéficiaire de cette "solidarité". Autant d'argent qui ne serait pas cherché ailleurs. Ne nous y trompons pas, ces "journées de solidarité" sont une source d'impôts comme une autre, avec ses contribuables spécifiques, la population au travail. Une mesure qui serait en contradiction avec le discours "moins d'impôts", et qui est discutable sous l'angle de la "justice fiscale". Notre pays vieillit, nos exigences en termes de formation, de sécurité, de mobilité, et de services publics en général ne cessent d'augmenter légitimement. Une évolution qui provoque des dépenses nouvelles, des prélèvements supplémentaires. Heureusement, notre productivité ne cesse de s'accroître, et notre capacité de production permet de faire face aux besoins en y consacrant moins de temps en moyenne, un effort particulier étant à fournir pour certains métiers. Mais les prélèvements ne sont pas que ceux de l'Etat, au sens large, sécurité sociale et fiscalité locale incluses. Nous nous faisons taxer de manière diffuse, sournoise, sans que cela ne rentre dans les comptes. Ce sont des agressions auxquelles nous devons faire face, pollution atmosphérique, bruit, etc, des comportements inadaptés voire délictueux, comme l'obésité et les discriminations de toutes sortes, notamment homme-femme, age, origine géographique ou sociale. L'ensemble de ces coûts supportés par la collectivité toute entière se montent à plusieurs centaines de milliards d'euros, infiniment plus que ce que rapportait l'ISF, et bien plus que le déficit budgétaire. C'est en favorisant des modes de vie adaptés au monde moderne que nous ferons des économies, ce qui nous permettra de baisser les impôts et le temps que nous consacrons à la payer. Une politique dont nous ne voyons guère les prémices.

 

Edito du 24 avril 2019

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