Du respect à la symbiose

Le dernier rapport du GIEC préconise une agriculture plus respectueuse de l'environnement, tel est le message que j'entends à la radio. La manière de le présenter n'est pas neutre, et affecte le contenu même du rapport, l'image que chacun se fait de la voie à suivre. Le respect, souvent évoqué, propose une vision bien défensive. Il s'agit de faire attention, de ne pas dégrader le milieu naturel dans toutes ses composantes, biodivesrité, cycle de l'eau, qualité des sols, climat, etc. C'est bien le minimum, et c'est une vision placée de fait sous le signe de la contrainte - Attention à ne pas dégrader - toujours une approche restrictive, propre à brider la liberté de manoeuvre et la créativité. C'est tout le contraire de ce que représente le développement durable. Il faut jouer avec la nature, pour à la fois enrichir le milieu et produire plus pour satisfaire nos besoins. Le futur et le présent s'y retrouvent. C'est un appel à la créativité pour imaginer de nouvelles relations avec la nature, ce qui impose de la connaître intimement, de savoir comment elle se comporte dans sa complexité. Nous sommes loin du respect, qui impose une certaine distance et n'oblige pas à comprendre. C'est une symbiose à inventer, qui sera différente dans chaque champ, dans chaque forêt, en fonction des sols, du climat, de l'exposition, de la pente, etc. Nous sommes bien au-delà du respect, lequel nous renvoit à une posture passive. La question, évoquée aujourd'hui à l'occasion du rapport du GIEC, est générale et concerne l'environnement dans tous ses aspects. Il est souvent présenté comme une contrainte, qui s'ajoute aux nombreuses autres, telles que la sécurité, la solidarité, etc. C'est l'idée que l'on fait comme avant, avec en plus difficulté supplémentaire, donc des surcouts, des délais, des complications de toutes natures. Tout ça n'est pas très engageant. C'est comme la HQE, haute qualité environnementale des bâtiments. Ce n'est pas un bâtiment "comme avant", avec en plus une couche d'environnement, quelques panneaux solaires et quelques arbres. C'est une autre manière de concevoir l'ouvrage, dès les premières étapes, et notamment de la commande, avant même d'imaginer le projet. Le développement durable nous conduit à changer de regard. Il ne s'agit pas de faire durer le passé en le corrigeant ici et là, mais d'inventer de nouvelles manières de produire, de nouveaux modes de vie. Non plus une approche défensive, mais une démarche offensive, pour ouvrir de nouveaux horizons.

Edito du 14 août 2019

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