Modernité

La modernité est souvent revendiquée par les politiques, notamment les candidats à la "primaires de la droite et du centre". Poursuivons le propos de l'édito de la semaine dernière sur le nombre de fonctionnaires. Un débat purement comptable, où la nature du travail accompli n'apparaît guère, ni le périmètre du secteur public, tout juste évoqué. Un autre grand absent de ce débat était le management.

La "perfomance" des fonctionnaires, comme dans le secteur privé, dépend largement de la manière dont sont animées les équipes. La motivation, le sentiment d'appartenir à un groupe et la reconnaissance que ce groupe ressent, et d'une manière plus générale la qualité de vie au travail sont des paramètres forts dont dépend la productivité des personnels. Cette question n'est jamais évoquée, alors que le contexte général de ces dernières années semble s'être dégradé. Le discours systématique sur leur "surnombre" n'est guère encourageant, la révision générale des politiques publiques lancée sous le quinquennat Sarkozy s'est faite sur des bases purement comptables, et la tendance est de constituer de grosses unités, pyramidales, où les responsabilités se diluent. Une autre politique est possible, et serait la marque du modernisme, à savoir multiplier les petites unités, où chacun pourrait prendre ses responsabilités, à l'image des "centres de profit" du secteur privé. L'heure n'est plus aux pyramides et à une administration napoléonniène, mais à de petites unités ultramotivées et coordonnées. Au temps de l'informatique, les économies d'échelles ne viennent plus de la masse et du nombre, mais de la fluidité de l'information, et de la capacité à coordonner des forces autonomes, à mobiliser les bonnes compétences au bon endroit et au bon moment. C'est là où se trouve la modernité, c'est dans cette voie qu'il faut avancer pour que les fonctionnaires répondent mieux aux besoins tout en prenant plus de plaisir à accomplir leurs tâches. Dans la société de l'information, Small is beautifull, même pour l'administration.

 

Edito du 30 novembre 2016

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