Le mythe, le projet et la technique

En écho au billet "Mythe", publié pour ouvrir la saison 2016, trois paysagistes proposent une réflexion sur le rôle du paysage dans notre société, et sa capacité à lui donner du sens, pour peu que nous sachions sortir de la dictature de la technique et revenir au sens du projet (voir "L'invité"). Une dictature qui nous rabaisse au triste statut de Chullachaqui, "coquille vide d'un homme privé d'émotions et de souvenirs", découverte dans le film L'étreinte du serpent(1). Notre société doit faire face à deux exigences, l'une de performance technique pour faire vivre dignement des milliards d'êtres humains, et l'autre de performance sociétale, pour que "la vie vaille la peine d'être vécue". Le risque est grand que la première des ces performances ne fasse oublier la seconde, au lieu d'être à son service. Si l'on ose un parallèle historique, la Résistance, pendant la dernière guerre mondiale, n'avait pas de sens que pour proposer un modèle de société face au totalitarisme. Toujours deux exigences, l'une technique, gagner la guerre en l'occurrence, et l'autre sociétale, développer un modèle de société, pour les émotions.
Le mythe pour la société, le projet pour ceux qui ont en charge de concrétiser le mythe, pour permettre un débat large et ouvert sur notre futur, celui qu'il nous faut imaginer et construire pour être "durables", au-delà des techniques.

1 - L'étreinte du serpent, un film de Ciro Guerra

Edito du 13 janvier 2016

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