La jambe de bois de l'agriculture

Nous sommes dans l'impasse : les producteurs de lait ne peuvent vivre avec le prix que les transformateurs de lait leur proposent, ou leur imposent ; ces derniers disent qu'ils ne peuvent pas offrir plus, compte-tenu de la concurrence internationale. Les subventions à la production ne sont plus à la mode, si ce n'est en cas de coup dur exceptionnel. Dans le cas présent, la crise est permanente, structurelle comme disent les technos et non conjoncturelle. Comment faire ? Changer de modèle économique, puisque l'actuel ne fonctionne plus. L'idée est en l'air depuis des années, et a même connu des débuts de réalisation, derrrière l'emblématique "prime à la vache tondeuse", créée en 1972... Il faut pour trouver une nouveau modèle embrasser toutes les facettes du travail de l'agriculteur. Il n'est pas qu'un producteur. Il est aussi un  gestionnaire du territoire, pour le compte d'une collectivité étendue, de sa commune ou de sa vallée, à la planète. Ici, il s'agit du paysage et du régime des eaux, ou d'une économie,locale fondée sur les particularités valorisées (appelations d'origine notamment), là, ce sera l'impact sur l'effet de serre, qui sera négatif ou positif selon les productions retenues et les pratiques culturales. Les agriculteurs, attachés à leur statut de producteur, rechignent à reconnaître leur activité de "service", et c'est bien là le point de blocage. Le nouveau modèle économique à imaginer devra partir d'un "bilan de compétences" de l'agricuture, de manière à valoriser tous ses apports potentiels, et réduire ses effets négatifs. Un bilan qui converne la production, nature du produit et qualité, et les effets induits tels que le régime des eaux. Toutes les solutions tendant à prolonger la situation actuelle ne seront que des cautères sur des jambes de bois.

Edito du 24 août 2016

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