De l'exploration à la conquête

Il y a juste une semaine, l'annonce d'une planète proche de la nôtre faisait la Une de la presse. Proxima b, exoplanète tournant autour de son étoile Proxima du centaure, serait une terre de rechange.  Il y a bien encore quelques vérifications à opérer, mais il pourrait y avoir de l'eau, et la vie telle que nous la connaissons pourrait y prospérer. Il faudrait juste 76 000 ans pour faire le voyage, le tiers environ de l'ancienneté de l'humanité, apparue, elle, il y a 200 000 ans environ. L'exploration de l'espace et des corps célestes est passionnante et fort utile pour nous aider à comprendre le fonctionnement de la Terre et de tout ce qui la constitue, minéral, organique, vivant. Quand elle se transforme en "conquête", avec en perspective un refuge pour l'humanité quand elle aura détruit sa planète d'origine, c'est tout autre chose. Dans l'immensité de l'espace et parmi les milliards de planètes qui s'y trouvent, il serait bien curieux qu'il n'y ait pas de planète Terre bis. Quant à la vie, elle se développe déjà sur terre sous des formes surprenantes, dans les abysses par exemple, et elle doit bien exister sous des formes tout aussi originales dans des planètes bien différentes de la Terre. Mais le passage de l'exploration (pour la connaissance te la compréhension) à la conquête (pour prélever des ressources et occuper) n'est pas qu'une dérive verbale. Il témoigne d'un blocage mental. Notre croissance s'est faite par expansion, colonisation, prélèvements de ressources sans cesses accrus. Il faut à présent une croissance d'un nouveau type, fondée sur l'intelligence et le talent humains pour mieux valoriser les ressources disponibles. C'est le facteur 4, deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins de ressources. La conquête de l'espace relève de la logique ancienne, d'une expansion à l'infini avec la recherche de nouvelles colonies. Une course sans fin, qui monopoliserait des moyens considérables et compromettrait la transition d'une croissance quantitative vers une croissance qualitative, la seule durable.

Edito du 31 août 2016

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