Du bon usage des études d’impact

L’étude d’impact du projet de loi sur les retraites a été rendue publique la semaine dernière. Un peu tard pour alimenter un débat engagé depuis des mois. J’en ai pris connaissance, avec ma culture personnelle en la matière, tirée des études d’impact sur les projets d’infrastructures ou d’aménagement. Ces études ont pour objectif d’examiner les effets collatéraux éventuels d’un projet, et cela avant de prendre la décision, bien sûr. En lisant le « guide de légistique », mode d’emploi de l’élaboration des lois, j’ai vérifié que l’esprit était le même, à savoir notamment « l’évaluation des conséquences économiques, financières, sociales et environnementales » de la réforme. Il s’agit bien d’identifier les effets collatéraux, non visés par la réforme elle-même, mais qui pourraient se manifester en conséquence directe ou indirecte de ladite réforme.

Les bons élèves ne sont pas ceux qu’on pense

« En matière de fécondité, la France reste une bonne élève en Europe ». Un titre d’un grand quotidien national, mais aussi le sentiment qui ressort dans les commentaires de nombreux médias. Faire de nombreux enfants serait une bonne chose, puisque ce sont les nations qui en font le plus qui sont les « bons élèves ». Une approche sans doute conforme aux préoccupations du moment, mais plus discutable dans une vision à plus long terme.

Les vieux : Charge ou ressource ?

 Le vieillissement de la population apparait souvent comme un handicap. Il l’est assurément si nous considérons les vieux comme une charge. Tout change si nous les considérons comme une ressource.
Le débat sur l’âge de départ à la retraite est relancé. Et c’est à chaque fois la même chose : les retraités sont considérés implicitement comme improductifs. Ils ont bien travaillé et ils ont droit à un repos bien mérité, mais ils n’apportent rien à la société. Ils sont une charge, et on retrouve toujours mis en avant le ratio actif/inactifs, comme si les « actifs » prenaient intégralement en charge les « inactifs ».

200 millions d’euros par an

C’est ce que la presse nous apprend, pour le transfert de Cristiano Ronaldo dans un club d’Arabie Saoudite. Le salaire des footballeurs suscite souvent l’indignation. Beaucoup les considèrent indécents, en ces temps difficiles que nous traversons. Et pourtant, ils créent de la valeur en produisant une denrée décarbonée : des émotions. Quoi de mieux pour le développement durable ? Une activité économique fondée sur le talent, voire le génie de quelques jeunes gens, et maintenant de jeunes filles, c’est bien mieux que l’exploitation de la planète ou d’enfants triant les décharges, ou encore de la recherche de matières premières dans des conditions extrêmes. Une croissance économique fondée sur des émotions, qui nous donnent un réel plaisir, qui participent à notre qualité de vie, qui créent du lien social, voilà une manière de sortir, au moins partiellement, d’une économie de prédation de ressources qui deviennent rares. Avis à nos « capitaines d’industrie », dont beaucoup, hélas, s’évertuent à prolonger l’ère du carbone.

Un nouveau mode de penser

Puisque l’époque est aux vœux, permettez-moi d'en exprimer un d’ordre général, en plus, bien sûr, de ceux de bonheur que je vous adresse bien sincèrement. Que cette année soit marquée par le recul de l'esprit conservateur. Conservateur au sens de frileux, ayant peur de tout changement et de toute prise de risque, par opposition au conservateur dynamique, celui qui veille à la bonne santé du patrimoine sous toutes ses formes, physique, biologique et bien sûr humaine, une espèce que nous aimerions voir prospérer.