Et après ?

Pardon de ne pas vous proposer une nouvelle extraordinaire, comme il sied au 1er avril. La crise sanitaire n'y invite pas. Beaucoup affirment que rien ne sera comme avant. Sans doute, mais de quelle manière ? Pour faire respecter la discipline, bien nécessaire, le gouvernement et de nombreux acteurs avec lui ont recours à la peur du virus, et à la culpabilité que chacun pourrait ressentir s'il communiquait le virus à ses proches. Cette peur est justifiée, mais est-ce le bon ressort ? Sont ainsi mises en avant des valeurs de repli de protection derrière des frontières. Il y a de nombreuses manifestations de solidarité, mais aussi d'inquiétude allant jusqu'a la volonté exprimée sans vergogne d'éloigner de soi les personnels soignants. Le diable du repli frileux une fois sorti de sa boite, il ne sera pas facile de l'y remettre à l'issue de la crise.

La créativité au secours du cloisonnement

Espérons-le, l'impact démographique du COVID restera faible, à peine visible par rapport aux 600 000 décès que l'on dénombre en France chaque année. Les mesures prises et notamment le confinement éviteront le pire. Les impacts principaux sont ailleurs, sur l'économie, avec une récession en vue, sur notre système de soins et de protection sociale, nos institutions et notre organisation économique et sociale. Une déstabilisation qui pertube ce bel ensemble, déjà fragilisé par les crises ouvertes ou latentes que nous connaissons, climat, biodiversité, inégalités, radicalisation, perte de sens et défiance vis à vis des dirigeants, et bien d'autres.

Le COVID 19, moteur du changement

Changer nos modes de vie, voilà un impératif sur le chemin du développement durable. Changer pour imaginer de nouvelles formes de progrès, de croissance de notre bien-être, compatible avec la finitude du monde. Mais il est bien difficile de changer, de sortir de notre zone de confort, et ce sont souvent des évènements imprévus qui nous conduisent à nous lancer dans l'aventure. Des évènements fâcheux, mais qui peuvent avoir des conséquences intéressantes. Les grèves de transports font la promo du covoiturage, du vélo et du travail à domicile ; les chocs pétroliers ont eu pour effet une réglementation thermique et un attrait commercial pour les voitures économes ; la vache folle nous a amenés à s'intéresser à ce que nous mangeons, etc. Ces crises sont toujours pénibles, mais elle nous obligent à réagir, à sortir de notre routine, et parfois à trouver de bonnes solutions qui perdurent et se substituent aux anciennes pratiques.

Faut-il stopper l'artificialisation des sols ?

Le grignotage continu des sols par l'urbanisation nous inquiète à juste titre. Nous en consommons beaucoup plus que nos voisins européens, il doit bien y avoir quelque chose à faire pour enrayer cette facheuse tendance. Zéro artificialisation est devenu un objectif, France Stratégie en a fait un rapport , les professionnels se mobilisent. Nous avons du mal à accepter l'idée de la finitude du monde, et de la rareté des ressources naturelles, au premier rang desquelles figurent les sols.

La santé, un capital à préserver

Le nombre de victimes du corona virus est infime par rapport à d'autres causes bien connues, comme le grippe ou les accidents de la route, mais son potentiel nous inquiète, à juste titre. Les conséquences sanitaires peuvent être très lourdes, et par suite les conséquences sur notre vie quotidienne, les relations sociales et sur l'économie. Sur ce point, le cout du corona virus s'avère important, il se compte en pourcent de croissance de PIB et il est réévalué régulièrement. Voilà une parfaite mise en lumière, paradoxalement en négatif, de la valeur de la bonne santé. Le coût de la santé, réduit pour l'essentiel aux soins et à l'indemnisation des journées de travail perdues, est souvent en débat. Objectif affiché, diminuer les dépenses de santé, et par suite les prélèvements nécessaires pour les assurer.