La peur ou l'envie


Les réactions à la présence de Greta Thunberg à l'Assemblée Nationale, le 23 juillet, sont contrastées. Bienveillance et sympathie pour les uns, rejet catégorique pour d'autres. Le problème posé par l'audience de cette jeune suédoise réside dans la stratégie qu'elle incarne : la peur. La peur comme argument de vente du changement. On peut être d'accord avec cette approche, mais elle n'est pas le seule possible, et elle s'impose de fait sans débat au sein du mouvement écologiste. Vous l'aurez compris, la stratégie de la peur n'est pas celle choisie dans ce "dictionnaire du développement durable", qui a pris le parti de susciter l'envie du changement, plutôt que son acceptation résignée, par peur des conséquences d'un statu quo. Le développement durable parce que c'est bien, parce qu'il ouvre de nouvelles perspectives à l'humanité, parce qu'il allie qualité de vie quotidienne et préservation de la planète. On peut même produire plus tout en enrichissant notre bonne vieille Terre.

Inégalités et transition, pour une nouvelle approche

Le Haut conseil pour le climat, créé en novembre dernier en pleine crise des gilets jaunes, vient de remettre son premier rapport. S'il fallait le résumer en une pharase, ce serait " Cette neutralité carbone en 2050 est techniquement réalisable mais implique une transformation profonde de l’économie et de la société à grande échelle", ainsi qu'il est dit en tête des recommandations. Les commentaires vont bon train, notamment sur le thème de la réduction des inégalités, incontournable pour parvenir au résultat attendu.

Les méfaits de la règle d'or

La règle d'or a été imaginée pour protéger le long terme, les intérêts des générations futures. Est-ce une  bonne idée ? Le risque est grand, en effet, de voir repoussé à plus tard les travaux qui ne sont pas urgents. Les actions au long cours, de type culturel, de transformation des sociétés, sont vulnérables, face à l'urgence de travaux de mise en sécurité, par exemple. La formation, la recherche fondamentale, dont les résultats ne se font connaître que bien après que l'argent n'ait été dépensé, et avec une part d'incertitude, sont menacées par la recherche d'équilibres immédiats.

Passer aux actes

Contenir le réchauffement climatique au-dessous de 1,5°, restaurer la biodiversité, et permettre à 10 milliards d'humains de vivre dignement, c'est possible avec les connaissances et les techniques dipopnibles. C'est même possible en améliorant notre bien-être, dans l'esprit du facteur 4 (1) "deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins de ressources". De nombreux rapports (2) en attestent aujourd'hui, nous pouvons vivre mieux tout en réduisant la pression sur la planète. La question est comment "passer aux actes" ? Comment décider les acteurs que nous sommes tous, particuliers, entreprises, collectivités publiques, à changer nos modes de vie, condition incontournable pour vivre mieux demain.

Les leçons du brevet

Le brevet des collèges vient d'être reporté pour cause de canicule. Les conditions ne sont pas réunies pour passer sereinement un examen. Bien sûr, mais le phénomène n'est que la partie émergée d'un iceberg. Les conditions de confort thermique ont des effets directs sur les résultats scolaires, de nombreuses études l'ont mis en évidence depuis longtemps. Trop chaud ou trop froid, ce n'est pas bon. Ce n'est pas vrai que pour les écoles. Dans les bureaux aussi, on constate une courbe de performance qui passe par un maximum autour de 21 degrés. Une productivité du travail corrélée à la température, c'est vrai dans toutes les circonstances, et pour tous les métiers, y compris le métier d'élève. Il n'y a pas que la température.