Les retraites : Un problème insoluble parce que mal posé

Le président l'a dit : il faut remettre l'humain au coeur de chaque politique. L'humain au coeur de la question des retraites, au lieu de la recherche exclusive de l'équilibre des comptes de la sécurité sociale. Bien sûr, tout est lié, mais c'est l'angle d'attaque qui compte, la priorité affichée. Ce sont souvent des économies dans le fonctionnement d'une entreprise ou d'une institution, au lieu de sa performance, de la manière dont elle répond à des besoins. La question des retraites n'échappe pas à cette règle, et la préoccupation financière, dominante, omniprésente, n'est pas la bonne manière d'entrer dans le sujet, et par suite d'y apporter des réponse satisfaisantes.

L'impôt et le temps

Après les prélèvements en argent, voici les prélèvements en temps. C'est peut-être moins douloureux, même si certains économistes parlent du nombre de jours pour lesquels vous travaillez uniquement pour payer vos impôts, car il y a évidemment une correspondance entre l'argent et le temps passé pour le gagner. C'est en quelque sorte un retour au régime des corvées, où chacun consacrait quelques jours à des travaux d'intérêt général. Cette mesure a été utilisée pour créer un jour de financement de la dépendance, en 2004. C'est donc le travail qui est mis à contribution pour remplir les caisses de l'Etat, parmi toutes des sources possibles de financement. On comprend alors que la valeur travail soit portée aux nues ! c'est pour mieux l'exploiter.

Ecologiser la fiscalité

La question fiscale est au coeur des débats dont, à l'heure où cet édito est rédigé, les conclusions sont encore très partielles. La fiscalité écologique, voilà un beau thème de travail. Comment faire que les impôts servent "en même temps" à remplir les caisses de l'Etat et à améliorer la situation du cadre de vie, de la biodiversité, de la planète. Une bonne idée qui a été l'étincelle de la crise, une crise évidemment profonde et qui s'est nourrie de problèmes accumulés en plusieurs dizaines d'années. C'est que l'environnement apparait facilement comme un prétexte, une bonne occasion de presser le contribuable. Tout ça ne rend par l'environnement très populaire, et les mots tels que "punitif" sont vite apparus.

Grand Débat : que faire à présent ?

Tout et son contraire. Les grandes lignes des demandes que le Grand Débat a fait émerger commencent à se faire jour. Comme beaucoup s'y attendaient, de nombreux souhaits sont contradictoires, et notamment plus de services publics "en même temps" que des réductions d'impôts. La contradiction est évidente, mais elle doit nous inciter à en sortir par le haut, comme il sied au pays du développement durable. C'est à dire faire preuve d'imagination, de créativité pour trouver d'autres manières de rendre un service donné, santé, logement, mobilité, etc. Aucune chance de succès sans changement de raisonnement, sans disruption pour faire moderne.

Dépendance : pour une approche sociétale

9,2 milliards d'euros, c'est ce qu'il faudrait chaque année pour faire face au besoin de la dépendance des personnes âgées en 2030. Un rapport a été remis au Gouvernement, qui calcule ce montant et présente quelques pistes pour trouver cet argent. Est-ce un effet du cloisonnement qui sévit dans notre société ? le rapport ne porte que sur le grand âge, et n'évoque qu'à peine une politique de prévention, qui concerne l'âge d'avant, celui où l'on ne dépend de personne.