Traviller mieux pour vivre mieux

La question de l'âge du départ à la retraite revient sur le devant de la scène. Toujours une approche comptable, donc en partie fictive et très réductrice. Seule, et c'est le minimum, la pénibilité du travail est prise en considération. La nature du travail est pourtant une variable essentielle, et pas seulement sa pénibilité. Dans notre croyance au progrès social, nous avons du mal à imaginer que retarder le départ à la retraite est une bonne chose en soi. Ce serait plutôt une régression. C'est ignorer que beaucoup aspirent à se rendre encore utiles après le retraite, et pas seulement pour des raisons financières. Travailler plus longtemps, pourquoi pas, mais pour quelles tâches ?

Le vertueux payeur

Le débat sur le prix de l'électricité verte, relancé notamment par plusieurs associations, donne un sentiment de malaise. Le discours officiel repris maintes fois, et notamment dans la charte constitutionnelle de l'environnement, proclame le principe pollueur-payeur. C'est bien normal, celui qui pollue est amené à réparer les dégâts qu'il occasionne, et il paie pour cela. Vous en déduiriez logiquement que les choix favorables à l'environnement sont privilégiés, et qu'ils coutent moins cher à l'usager ou au consommateur que les choix défavorables, ceux qui détruisent la biodiversité, rejettent des gaz à effet de serre, détruisent les paysages et provoquent l'épandages de produits toxiques. Et bien c'est le contraire qui se passe.

Des inerties qui nous coûtent cher

Pour aller vers le développement durable, nous savons ce que nous devrions faire (1), mais nous y allons souvent à reculons, avec regret. Les anciennes pratiques sont encore dominantes. Les subventions aux énergies fossiles restent, à l'échelle mondiale comme à l'échelle française, encore bien supérieures à celles aux énergies renouvelables. Le soutien à l'agriculture traditionnelle, confrontée notamment aux aleas climatiques, bénéficie de bien plus de crédits que l'aide à la transformation de l'agriculture.

Du respect à la symbiose

Le dernier rapport du GIEC préconise une agriculture plus respectueuse de l'environnement, tel est le message que j'entends à la radio. La manière de le présenter n'est pas neutre, et affecte le contenu même du rapport, l'image que chacun se fait de la voie à suivre. Le respect, souvent évoqué, propose une vision bien défensive. Il s'agit de faire attention, de ne pas dégrader le milieu naturel dans toutes ses composantes, biodivesrité, cycle de l'eau, qualité des sols, climat, etc. C'est bien le minimum, et c'est une vision placée de fait sous le signe de la contrainte - Attention à ne pas dégrader - toujours une approche restrictive, propre à brider la liberté de manoeuvre et la créativité.

Une transition mal en point

La France revendique souvent le statut de bon élève de la lutte contre le dérèglement climatique. Les émissions françaises de gaz à effet de serre sont en baisse, malgré quelques soubresauts épisodiques : MOINS 15% depuis 1990. Attention aux apparences : il ne s'agit que des émissions sur le sol français. Regardons le volet "consommation", ce que les français utilisent dans leur vie, et les gaz à effet de serre qui en sont les conséquences. Intégrons ainsi les émissions nécessaires à la fabrication des biens que nous importons, et déduisons les émissions correspondantes pour nos exportations. Le résultat est bien différent, selon le Haut Conseil pour le Climat. PLUS 20% de 1995 à 2015. Pas de quoi être fier. La désindustrialisation explique le phénomène, car nous utilisons de plus en plus d'objets manufacturés importés. Les émissions ont lieu ailleurs, en Chine ou en Corée du Sud par exemple, mais elles sont provoquées par notre consommation. Les émissions due aux importations sont estimées à 60% des émissions "nationales", provenant de notre territoire. Nous ne sommes pas sur la voie de la transition... Ajoutons à celà que les grandes banques françaises, qui financent l'économie, ont du mal à faire leur mutation. Selon plusieurs ONG, elles acordent encore trois fois plus de crédit aux énergies fossiles qu'aux renouvelables, et la tendance semble persisitante. L'inertie des institutions, la fidélité aux vieux clients, et peut-être les divers obstacles aux énergies renouvelables dans notre pays - voir par exemple les courses d'obstacles pour les éoliennnes, notamment off shore - expliquent cet écart, mais nous ne pouvons pas nous en contenter, bien sûr.  Le nécessaire changement de modèle piétine, alors que le réchauffement climatique accélère. Une preuve supplémentaire, s'il en était besoin, que la stratégie dominante pour la transition ne fonctionne pas. Celle-ci s'appuie sur la contrainte, "nous n'avons pas le choix", ce qui présente le développement durable comme un devoir moral, une obligation, voire une pénitence imposée pour nos fautes passées. Les grands acteurs, publics et privés, Etats et engreprises, n'y vont qu'à reculons, sans abandonner leurs anciennes pratiques, comme on le voit avec les banques. La transition ne progressera que si les acteurs en ont envie, si elle leur offre des perspectives d'avenir, si elle les séduit. Le développement durable, c'est du bonheur !

Edito du 7 août 2019

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