Les leçons du brevet

Le brevet des collèges vient d'être reporté pour cause de canicule. Les conditions ne sont pas réunies pour passer sereinement un examen. Bien sûr, mais le phénomène n'est que la partie émergée d'un iceberg. Les conditions de confort thermique ont des effets directs sur les résultats scolaires, de nombreuses études l'ont mis en évidence depuis longtemps. Trop chaud ou trop froid, ce n'est pas bon. Ce n'est pas vrai que pour les écoles. Dans les bureaux aussi, on constate une courbe de performance qui passe par un maximum autour de 21 degrés. Une productivité du travail corrélée à la température, c'est vrai dans toutes les circonstances, et pour tous les métiers, y compris le métier d'élève. Il n'y a pas que la température.

Double jeu...

La mode et le marketing ont été souvent évoqués dans le dictionnaire du développement durable, pour inciter les porteurs des valeurs de l'environnement à diffuser leur message. Pourquoi laisser ces techniques qui ont fait leurs preuves à des entreprises dont l'unique credo est de vendre plus et encore plus ? Le marketing conduit à comprendre les moteurs des décisions des publics "cibles", à entrer dans leur univers mental, pour trouver la meilleure manière de les persuader. On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, nous rappelle un dicton populaire. Et bien, le message a du mal à passer, le marketing reste l'apanage des vendeurs de carbone, et il fait des ravages. Toujours la voiture, pour prolonger l'édito de la semaine dernière.

La voiture, toujours la voiture

Les gilets jaunes ont concentré leur vindicte sur l'Etat. Ils ont épargné les entreprises, comme l'ont souligné de nombreux observateurs. Il ont aussi exonéré un autre acteur clé du mouvement, la voiture. Nous en avons besoin, et il faut que le carburant ne soit pas prohibitif, un point c'est tout. Pendant ce temps-là, pendant que les gilets jaunes bloquaient les rond-points et manifestaient dans les grandes villes, la publicité pour les voitures ne faiblissait pas. Regardez les écrans publicitaires, l'automobile est reine. Et quand on dit que celui qui paye est maître, ça en dit long sur l'influence de l'industrie automobile, à l'heure où l'on voudrait privilégier les circulations douces et les valeurs de la proximité.

La grande bascule

La grande bascule vers le bio de l'agriculture française. Ainsi titre le journal "Le Monde", dans son édition datée du 5 juin. Il ne s'agit que de quelques pour cent de l'agriculture, mais c'est la plus forte progression depuis le début du bio. Nous sommes aujourd'hui à la moitié de l'objectif fixé pour 2022 par la récente loi Alimentation, 15% des surfaces cultivées. Il y a encore beaucoup de chemin à faire et de "grandes bascules" pour que la production agricole française soit en phase avec l'environnement, non pas seulement pour le respecter, mais aussi pour l'enrichir. Car le bio n'est pas une garantie de bonne pratique environnementale. Ce n'est qu'une première étape, l'abandon de certains produits, et ce n'est pas rien.

Plaidoyer pour une autre croissance

Mise en évidence par les jeunes en grève pour le climat, et concrétisée aussi bien dans les programmes électoraux que par le résultat des élections en Europe, la pression pour la transition s'accentue. Il faut passer aux actes. Un raisonnement facile serait de passer la marche arrière pour éviter de foncer dans le mur. Chacun sait, pour rester dans la métaphore automobile, qu'il est dangereux de passer directement d'une marche avant à une marche arrière. C'est la meilleure manière de tout casser, ce qui n'arrange rien. Il ne faut pas que le remède soit pire que le mal, ou que le malade ne meure guéri !