Ecologiser la fiscalité

La question fiscale est au coeur des débats dont, à l'heure où cet édito est rédigé, les conclusions sont encore très partielles. La fiscalité écologique, voilà un beau thème de travail. Comment faire que les impôts servent "en même temps" à remplir les caisses de l'Etat et à améliorer la situation du cadre de vie, de la biodiversité, de la planète. Une bonne idée qui a été l'étincelle de la crise, une crise évidemment profonde et qui s'est nourrie de problèmes accumulés en plusieurs dizaines d'années. C'est que l'environnement apparait facilement comme un prétexte, une bonne occasion de presser le contribuable. Tout ça ne rend par l'environnement très populaire, et les mots tels que "punitif" sont vite apparus.

Grand Débat : que faire à présent ?

Tout et son contraire. Les grandes lignes des demandes que le Grand Débat a fait émerger commencent à se faire jour. Comme beaucoup s'y attendaient, de nombreux souhaits sont contradictoires, et notamment plus de services publics "en même temps" que des réductions d'impôts. La contradiction est évidente, mais elle doit nous inciter à en sortir par le haut, comme il sied au pays du développement durable. C'est à dire faire preuve d'imagination, de créativité pour trouver d'autres manières de rendre un service donné, santé, logement, mobilité, etc. Aucune chance de succès sans changement de raisonnement, sans disruption pour faire moderne.

Dépendance : pour une approche sociétale

9,2 milliards d'euros, c'est ce qu'il faudrait chaque année pour faire face au besoin de la dépendance des personnes âgées en 2030. Un rapport a été remis au Gouvernement, qui calcule ce montant et présente quelques pistes pour trouver cet argent. Est-ce un effet du cloisonnement qui sévit dans notre société ? le rapport ne porte que sur le grand âge, et n'évoque qu'à peine une politique de prévention, qui concerne l'âge d'avant, celui où l'on ne dépend de personne.

Les dangers de l'abondance

Mars 2017 : 1,2 milliards de barils de pétrole découverts en Alaska, octobre 2017 : 1,5 découverts au Mexique, novembre 2017 : 8,5 en Chine, avril 2018 : 80  au Bahrein, octobre 2018, encore 180 Mt au Mexique, plus les appétits que suscite l'exploitation de l'océan arctique débarrassé de sa glace, il est clair que la pénurie de pétrole n'est pas pour demain. Vous auriez peut-être cru que les acteurs économiques se désengagent progressivement, et bien c'est le contraire : de 2016 à 2017, la main d'oeuvre dans les énergies fossiles a augmenté de 8%. Et la consommation ne cesse de grimper. Ceux qui croyaient que la pénurie serait le moteur de la transformation seront bien déçus.

Le jaune et le vert

La convergence des gilets jaunes et de la marche pour le climat a été souvent évoquée. Curieusement, car nous n'oublions pas que le déclic qui a permis aux gilets jaunes de naître est justement la taxe carbone. Les gilets jaunes font bien sûr état de leur bonne volonté climatique, mais c'est bien le pouvoir d'achat qui est au coeur de leurs revendications, et les moyens d'utiliser leur voiture sans contrainte. Et pourtant, nous le savons bien, nous ne vivrons mieux demain que si nous acceptons de changer. Les médias ne nous ont pas rapporté que la colère des manifestants du samedi aux Champs-Elysées se soient exercée sur les marchands de voitures qui y exposent insolemment leur derniers modèles, dans des temples rutilants.