Argent, Economie et PIB

Reprise

La reprise espérée est évidemment une étape vers un avenir plus solide, pourrait-on croire. Que dire d’une reprise qui n’intègre pas les exigences de demain ?

Le bilan énergétique de la France pour 2010 vient d'être publié. Après quelques années de baisse, la demande est repartie à la hausse. Faiblement, elle reste inférieure à ce qu’elle a été au début des années 2000, mais elle repart. Les commentaires parlent de la "reprise", qui explique cette tendance. Une explication inquiétante, car ce n’est pas la reprise que nous pouvions attendre dans une orientation « durable ». Une vraie reprise, d’Avenir ou durable comme on voudra bien l’appeler, doit tirer l’économie vers les exigences de demain. La tentation est forte, il est vrai, de relancer l’économie sur des « Valeurs sures », c'est-à-dire celles qui ont bien marché hier. Dans l’Urgence, on met de côté la Créativité, et on s’accroche à des interventions, bien sûr nécessaires, mais bien trop orientées vers le Passé. La « croissance verte » attendra. Le résultat est que l’Intensité énergétique, un des indices les plus parlants de notre efficacité, piétine, alors qu’elle s’améliorait régulièrement depuis quelques années.
Il ne s’agit que d’un indicateur parmi d’autres, mais il a son importance, au moment de répondre à deux exigences complémentaires : réduire les émissions de Gaz à effet de serre et faire des Economies sur un facteur de production de plus en plus Cher. L’intensité énergétique est la quantité d’énergie incorporée dans une unité produite, que l’on peut mesurer en matière, une tonne d’acier ou une voiture, ou en Argent, chiffre d’affaire, Valeur vénale d’un bien, valeur ajoutée. Au niveau national, on la calcule en fonction du PIB. Dans la logique que « la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas », l’objectif est de réduire cette intensité, d'incorporer le Moins possible d’énergie dans un produit. Ce sera de plus en plus un critère d’efficacité économique, avec des aspects techniques, et des aspects organisationnels. En termes techno, on parle de « découplage ». Il faut sortir de la fatalité selon laquelle la Croissance de la production entraîne celle de la Consommation d’énergie. Peut-on, par l’adoption de nouvelles techniques, ou une meilleure organisation de la production et de la consommation, réduire la consommation d’énergie tout en maintenant une Qualité de service pour les utilisateurs, voire même en l’améliorant ?
La reprise que l’on attend doit être fondée sur la Performance, celle que l’on attend pour demain, qui n’est pas toujours celle que l’on demandait hier. Les exigences environnementales seront de plus en plus présentes. L’énergie au titre à la fois des rejets provoqués et de l’accès à la ressource, mais aussi bien d’autres facteurs. On peut citer l’eau consommée, dans l’industrie et dans l’Agriculture, et d’une manière plus générale les matières premières dont la disponibilité est limitée. Les produits des carrières et la consommation d’Espace entrent dans cette catégorie de Ressources. Il faut aussi citer les pollutions émises dans les processus de fabrication, et notamment la toxicité de certains composants, que l’on retrouve par exemple dans les océans et qui en réduisent la Productivité. Il y a aussi les nuisances, comme le Bruit, particulièrement pénalisantes pour certaines activités comme l’aéronautique. Pas de Progrès dans ces secteurs sans avancées significatives en acoustique.
La reprise ne peut être durable sans intégrer ces exigences, multiples et parfois contradictoires. Pour guider les efforts, et en permettre une traduction immédiate dans les Prix, différentes formes de reconnaissance sont élaborées. Quand le règlement ne suffit pas, ce sont des Labels qui préfigurent les exigences de demain, et permettent aux Entreprises les plus Dynamiques d’ouvrir la voie. Ces labels portent sur les entreprises et leur manière de produire, ou sur les objets et services. Il s’agit dans ce dernier cas de faire évoluer l’offre par une information de la demande. Le Client, particulier ou Professionnel, devient ainsi un acteur de la nouvelle économie.
Pour orienter ainsi la demande, il faut aller au-delà des labels, qui ne concernent que peu de produits. Il faut aller résolument vers une information systématique du consommateur, dans un langage clair et adapté à chaque produit. La Loi Grenelle a ainsi prévu un étiquetage environnemental.  Celui-ci serait associé à l’information « prix » et permet d’introduire de nouveaux critères de Choix. En matière d’énergie, certains produits font déjà l’objet d’un étiquetage avec des lettres, A à G, et on a vu, dans l’électroménager par exemple, l’effet radical de cette information.
Mais quand on prend en compte la diversité des enjeux environnementaux, l’étiquetage est plus délicat. Comment rester simple, permettre les comparaisons, tout en rendant compte fidèlement d’impacts très Différents
? Une expérimentation est lancée avec la complicité de nombreuses entreprises. Le mieux est en effet de se lancer dans l’exercice, de tester des formules dans leurs dimensions scientifiques, pour le sérieux de l’information, et communicantes pour l’efficacité du message.
Une affaire à suivre, qui devrait orienter la reprise dans le bon sens. Un besoin urgent, pour que les entreprises françaises, bénéficiant sur leur territoire d’un marché bien informé, deviennent les plus compétitives sur les exigences de demain. Pour une reprise durable.

Chronique mise en ligne le 18 juillet 2011

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