Argent, Economie et PIB

Protectionnisme

La question des frontières et du protectionnisme est elle soluble dans le développement durable ? Comment poser la question du protectionnisme dans l’univers du développement durable ?

Le débat est à la mode, et la proximité des élections européennes ne va que renforcer son omniprésence. Faut-il fermer les frontières pour lutter contre l’invasion de produits étrangers, faut-il créer des droits de douane ?

La concurrence des pays émergents, la Chine et l’Inde notamment, est souvent mise en avant, une concurrence déloyale, bien sûr, avec des différences notables sur les conditions de production. Est-ce le bon débat ?
La question pertinente serait plutôt la croissance des ces pays. Leurs populations aspirent légitimement à mieux vivre, et les modèles que diffusent les médias à travers le monde ne peuvent qu’accentuer et orienter cette tendance. Nous sommes plus nombreux à se partager les ressources de la planète, ce qui crée une concurrence pour l’accès auxdites ressources.
Cette évolution est en partie indépendante de la présence ou non de barrières douanières, mais en partie seulement. Les ressources que nous utilisons ne sont pas réparties équitablement dans le monde. De grandes régions ou des pays sont mieux dotés que les autres, voire même, pour des matières rares, se trouvent en position de monopole. Les barrières ne portent pas seulement sur les produits manufacturés, mais aussi et de plus en plus sur les matières premières. Quand on connait l’importance de certains produits, comme des terres rares, dans notre vie quotidienne, pour la confection de matériels électroniques par exemple, on mesure l’étendue de notre dépendance, et la fragilité de l’équilibre du commerce international, un équilibre qu’il serait dangereux de bouleverser brutalement. Ce n’est pas dans cette direction qu’il faut chercher les remèdes au déficit de notre commerce extérieur. Le repli est une fausse solution.
Deux pistes doivent être privilégiées, qui peuvent d’ailleurs se compléter et se renforcer mutuellement. Deux pistes « durables ».
La première est d’économiser les ressources. Faire plus, offrir plus de services aux Hommes, avec moins de matières et de prélèvements sur la planète. Nous sommes sur la piste du « facteur 4 », deux fois plus de bien être en prélevant deux fois moins de ressources. Une voie doublement durable. D’une part parce qu’elle s’inscrit dans une approche de solidarité internationale. Consommer moins de ressources fera baisser les tensions entre les nations, et réduit ainsi les risques d’affrontement. D’autre part, elle ménage la planète, réduit les rejets qui la dégradent, favorise le flux au détriment du stock, le capital nature de l’humanité, dont on sait bien qu’il n’est pas inépuisable.
Pour y parvenir, il faudra faire preuve d’ingéniosité, il va falloir innover dans tous les domaines. Là se trouve la deuxième piste : l’innovation. Nous ne gagnerons jamais une compétition commerciale avec des produits traditionnels, il faut entrer dans le futur. L’exemple du textile est à ce titre intéressant. 10 ans : c’était le délai négocié entre la Chine et l’Union européenne pour l’ouverture à l’Europe des textiles chinois. 10 ans pour s’adapter, se préparer, et transformer notre appareil de production. Au lieu de mettre ces 10 ans à profit pour développer de nouveaux produits, plus techniques, en avance sur leur temps, avec de nouveaux débouchés, l’énergie du secteur a été consacrée à repousser l’échéance.
Il n’est pas surprenant que cet état d’esprit du prolongement d’une situation privilégiée reste présent dans de nombreux esprits, mais il n’est pas durable, et tout le monde le sait. Au lieu de s’accrocher au monde de demain, il vaut mieux entrer pleinement dans le futur.
La recherche de techniques économes en ressources et de matériaux de substitution aux ressources rares est une des clés de l’avenir, à l’échelle de la planète. Une forte demande mondiale, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, se manifestera inéluctablement. La meilleure réponse à la mondialisation n’est pas le repli, mais la capacité à fournir le monde en produits innovants et conformes aux nécessités du 21e siècle. La protection et le protectionnisme est une réponse pour les faibles. Les sociétés occidentales sont riches en culture et en savoir faire. Elles ont une autre carte à jouer que de se protéger, une carte compatible avec la montée en puissance des pays « du Sud ».

 

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