Culture, valeurs

Libre

Le développement durable est une recherche active d'un autre monde, où la terre serait ronde, bien sûr, c'est à dire un monde à découvrir sans attache au passé. Se sentir libre de construire ce nouveau monde, quelle chance !

Un mot fort pour commencer l’année, alors que tellement de personnes dans le monde sont privées de leur liberté pour avoir juste revendiqué le droit de penser à leur manière !



Exploration active de futurs inédits, le développement durable est une Ecole de libre pensée. Une pensée dégagée des contingences du passé, des dogmes et des certitudes héritées, dont l’histoire nous montre abondamment qu’ils sont construits par les hommes, et parfaitement contingents. Trop souvent les esprits des dirigeants sont marqués par leur formation et la culture de leurs propres maîtres. Tous les hommes politiques appliquent sans le savoir les recommandations d'économistes souvent morts depuis longtemps et dont ils ignorent le nom disait le célèbre économiste John Maynard Keynes. A chaque crise sa solution, ne croyons pas que celles qui ont été appliquées auparavant vont fonctionner à nouveau. Tel qui était libéral hier devra être interventionniste demain pour résoudre des problèmes apparemment semblables. Pour rester dans les citations d’hommes illustres, voici Sun Tzu, auteur il y a deux millénaires et demi d’un traité sur l’art de la guerre, qui nous avertissait déjà : Chaque jour, chaque occasion, chaque circonstance demande une application particulière des mêmes principes (1).  Le développement durable n’est pas la prolongation du Passé, mais la recherche de nouveaux modes de développement, et nous n’y arriverons pas sans se détacher des modes de pensée traditionnels.
Les idéologies qui ont nourri les débats politiques des siècles passés n’apporteront pas de réponse aux Défis de demain. Elles apportent des éléments forts, des références, des expériences, et il faut en conserver la mémoire, mais ce serait une erreur de s’en tenir là, malgré la tentation de se raccrocher à des « valeurs sures » quand on sent ses repères se dissoudre. La montée des intégrismes dans le monde traduit en partie le désarroi face à une incompréhension du nouveau contexte, entre Luxe et Abondance d’un côté, etExtrême pauvreté de l’autre. Les certitudes du passé ont conduit l’humanité là où elle en est, avec ses bons côtés et ses mauvais, mais il va falloir innover et rendre l’innovation attractive pour créer la dynamique dont nous avons besoin pour relever les nouveaux défis. Chacun sait que l’on ne sort pas des impasses avec les  méthodes qui nous y ont conduits, et il va bien falloir en changer. Cette perspective fait peur aux conservateurs et aux suivistes, ceux qui craignent toutes les nouveautés, qui sont dérangés par l’hypothèse même de se remettre en cause. Il va bien falloir l’affronter, et surtout en faire un vecteur de valorisation sociale, car le développement durable a besoin de tous. Pas que des aventuriers ou des exaltés, mais aussi des mesdames et messieurs toutlemonde qui ont juste pris conscience de la nécessité de trouver un nouvel équilibre, sans drame et en y recherchant des satisfactions inédites.
Il faut savoir prendre du recul, se détacher de fausses évidences, remettre en question des associations d’idées, qui on pu être justes autrefois mais qui sont datées et souvent dépassées. Les savoirs s’enrichissent, mais aussi et surtout les pratiques sociales, les aspirations, les modes de vie. Les sondages de ce début d’année 2010 nous apprennent qu’une grande majorité de nos concitoyens pensent que l’on va vers une dégradation du niveau de vie. Ils ont sans doute tort si l’on regarde les moyennes, mais ils ont raison si l’on compare ce qu’ils attendent raisonnablement à ce qu’ils espéraient au fond d'eux-mêrmes.
Pour que l’avenir réponde à nos attentes, et réalise au moins partiellement nos Rêves, il va falloir changer notre représentation du futur. De nouvelles valeurs vont marquer nos relations sociales, nous ne nous distinguerons plus des autres par une Fuite en avant sur les biens matériels, mais par d’autres aspects de nos vies qui restent à inventer et à mettre en exergue. Qualité des relations sociales, sentiment de sécurité par l’appartenance à des groupes sociaux plus harmonieux, capacité à se différencier sans devenir pour autant un dissident sur lequel les autorités s’acharnent. Un monde où la culture et la créativité pèseront plus que les consommations matérielles. Un monde à imaginer et à construire.

(1) Sun Tzu, L’art de la guerre, article VIII

Chronique publiée le 4 janvier 2010, revue le 7 février 2011

 

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