Commerce et distribution

Panier

Une société sans carbone, un objectif ambitieux pour lutter contre le réchauffement climatique. Une affaire à prendre par les deux bouts, la production et la consommation. Combien de carbone dans le panier de la ménagère ?


Vous ne le savez peut-être pas, mais quand vous rapportez à la maison 1 kg de Courses dans votre cabas, vous avez consommé 2 kilos de Gaz carbonique. C'est ce qui est nécessaire pour fabriquer les aliments, les boissons, les produits d'entretien qui, avec leurs emballages, composent le fameux « panier de la ménagère ».
Ce n'est qu'une partie de notre bilan Carbone, un peu plus du 10e. Selon une étude du Commissariat général au développement durable(1), le panier de la ménagère représente en moyenne, en France, 1,4 t d'équivalent CO2 par personne et par an, sur un total de 12,2 où l’on retrouve quelques poids lourds, comme le logement et les transports. Comme il ne faut rien négliger, intéressons-nous à ce panier et voyons s'il est possible d'améliorer la facture carbone pour ces produits de Consommation courante.
Pour les légumes et les fruits, l'avantage va nettement aux produits frais par rapport aux produits en conserve. Plus d'un tiers de différence, notamment à cause de l'emballage qui représente à lui tout seul un quart de la facture carbone, contre 5% pour les produits frais. Il s'agit de moyennes, et la provenance de légumes n'est pas indiquée. Nul doute que si l'on se concentre sur des produits de proximité et de saison, le contenu en carbone de votre consommation sera encore plus allégé. D’ailleurs, le « panier » des agriculteurs en bénéficie (-23%), en partie grâce à l’Auto production. À condition toutefois de modérer votre consommation de viande qui représente à elle toute seule 35 % du contenu en gaz carbonique de votre panier. Et en plus, les gaz carboniques pas Cher puisque la viande ne représente que 23 % du prix dudit panier, pour 8 % de son poids.
Une des conclusions indirectes de cette étude est qu’il ne faut pas trop attendre du Prix pour obtenir une discipline sur le carbone. Les produits les plus carbonés ne sont pas les plus chers, c'est même souvent l'inverse. On observe ainsi que le panier de l'ouvrier, plus économique que celui du cadre, contient en définitive plus de carbone. On peut ainsi parler du contenu en carbone de chaque euro dépensé : il est supérieur de 20 % par rapport à la moyenne pour le panier de l'ouvrier. Celui-ci reste malgré tout plus performant que la moyenne, parce que son panier est plus modeste : 10% Moins cher par kg d’achat que la moyenne, alors que le cadre (et professions intellectuelles) dépense 8% de plus par kg d’Achat, pour des produits contenant près de 10% de carbone en moins.
Cette constatation est riche d'enseignements. Nous ne voulons pas que le développement durable soit synonyme de réduction de la consommation de produits de la vie courante, ou le report sur des produits de moindre Qualité. L'objectif n'est pas moins, mais mieux. Une consommation moins pénalisante pour l'environnement, des Prélèvements réduits de Ressources, des émissions maîtrisées dans l'Air, dans l'eau et le Sol. L'étude démontre à l'inverse que la meilleure note du panier de l'ouvrier est la conséquence d'une forme de Rigueur, et non celle de la qualité des produits. De ce point de vue là, il y a beaucoup à dire, les produits bon marché pesants lourds en carbone. L’indicateur « prix » n’oriente pas le consommateur vers les produits les plus vertueux.
Un autre enseignement de cette étude concerne les emballages. Ils représentent en moyenne 8 % du contenu en carbone du panier, ce qui représente 1 % environ des émissions de gaz à effet de serre provoquées par la consommation de chacun d'entre nous. On observe des écarts très importants selon le type de produit, les champions étant les boissons. Paradoxalement, l'eau en bouteille devient ainsi le symbole de la concentration de carbone, alors qu’elle n'en contient pas en propre. Encore un argument pour l'eau du Robinet, tellement moins coûteuse à la fois pour le porte-monnaie et pour l'Environnement.
Pour l'alimentation, on regrettera cependant que l'étude se cantonne au panier de la ménagère. Il faut aller au-delà et s'intéresser à l'assiette, à ce que nous mangeons effectivement. Car il faut de l'énergie pour cuisiner et le bilan devrait être établi sur les produits effectivement consommés. Revenons sur les conserves, dont nous avons vu qu'elles étaient plus gourmandes en carbone que les produits frais. La comparaison est-elle la même dans l'assiette sachant que les produits frais demandent souvent une préparation plus énergivore que le simple réchauffement ?
La Connaissance du panier et de ses composantes et fort Utile, mais ce n'est qu'une Etape. Il convient à présent de se lancer dans l'étape suivante, celle de la Cuisine, ce qui permettra enfin d'intégrer l'ensemble des maillons de la chaîne alimentaire de la production Primaire à l'assiette, incorporant notamment les transports, conditionnement et la commercialisation. Et pour être complet, il faudrait tenir compte des Déchets et des Restes, et de leur éventuelle valorisation. Le compostage en pied d'immeubles et la récupération des calories des eaux de cuisson entrerait alors dans le Calcul. Un lien serait établi entre l'habitat et les consommations courantes.


 
Chronique mise en ligne le 22 avril 2012

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