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Pour une société de la connaissance

Nous sommes formatés pour chercher du plus, pour un dépassement permanent. Mauvais penchant si nous restons dans un monde de consommations matérielles. Y a-t-il d’autres formes de plus qui ne se heurteraient pas à des limites, la société de la connaissance, par exemple ?

Le discours écologiste est souvent ramené à une société du moins. Les mots Décroissance, Sobriété ou encore Zéro en sont quelques concrétisations. Ils n’attirent guère l’enthousiasme et portent un sentiment d’échec, de retour en arrière. Un sentiment parfois renforcé par des appels à la culpabilité, et même à la honte. Nous sommes tous d’accord sur le constat qu’il est impossible de continuer comme avant, mais comment en convaincre tous ceux qui ont mis leurs espoirs dans l’accès à des modes de vie que nous pensons incompatibles avec les grands équilibres planétaires ? Leur réaction, que nous observons au fur et à mesure que les échéances se rapprochent, est le négationnisme, le refus d’entrer dans une démarche qu’ils considèrent comme un échec collectif et personnel.

Une autre voie est de proposer toujours un plus, mais un autre plus. Pas un plus ascétique et tristounet, mais un plus enthousiasmant, tourné vers l’avenir, un plus moderne et attractif, un plus qui donne du prestige. Et bien sûr un plus qui favorise l’épanouissement de la planète.

Vous m’objecterez que si ce plus existait, prêt à l’emploi, ça se saurait. Oui, sauf s’il est masqué, occulté par des intérêts liés au monde d’hier qui s’efforcent de le faire disparaître ou de le discréditer. Le volet moral, qui voudrait que nous souffrions pour expier nos fautes, conforte le point de vue de notre condamnation à la pénitence. Le double dividende, bon pour soi-même et bon pour la planète a du mal à s’imposer, ce serait trop beau. Refusons cette fatalité, et faisons le pari de trouver un chemin « durable », gagnant-gagnant.

Les ingrédients existent, de nombreux exemples existent à travers le monde qui montrent que le double dividende est accessible. Encore faut-il y croire et accepter de changer d’état d’esprit, de ne pas chercher le plus dans le prolongement du passé. Cette recherche ne peut que se construire collectivement. Le nouveau modèle de société à imaginer ne peut venir d’en haut, imposé par quelques « sachants », même éclairés. Mais nous pouvons mettre la société en ordre de marche pour élaborer ce nouveau modèle, autour d’un axe fondateur. Il en existe surement plusieurs, dans le monde diversifié que nous observons autour de nous. En voici un, proposé par différentes autorités et qui réunit toutes ces qualités : tourné résolument vers le futur, valorisant, décarboné et de faible empreinte écologique, humaniste et universel : la société de la connaissance. Une traduction moderne de « Il n’y a de richesses que d’hommes », l’expression de Jean Bodin au XVIe siècle, mais en misant sur la qualité des hommes plutôt que sur leur nombre.

Une société de la connaissance, fondée sur le capital humain, son génie à cultiver et à stimuler par un apprentissage permanent, une société apprenante théorisée notamment par le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz.

Une connaissance décarbonée pour l’essentiel, mais à haute valeur ajoutée, une connaissance notamment de la planète Terre et de la vie qu’elle accueille, une planète qui est notre origine à tous et dont la bonne santé est la garantie de celle des humains. L’observation des animaux et de la manière dont ils perçoivent le monde nous ouvre d’immenses respectives, comme nous le montre le livre d’Ed Yong « Un monde immense », de même qu’une gestion dynamique de la forêt telle que la décrit Yves Poss, dans sa chronique inspirée de l’extension de l’espace naturel sensible du Massif des côtes à Clermont-Ferrand.

La société de la connaissance reste pour beaucoup un concept abstrait. Il convient de le concrétiser et de lui donner un contenu que chacun puisse appréhender et transposer dans sa vie quotidienne, dans son travail et son espace personnel. Il existe déjà un capital humain extraordinaire, des savoir-faire les plus humbles aux avancées technologiques les plus sophistiquées. Mobilisons-le pour obtenir le maximum de bien-être à partir des ressources que nous pouvons exploiter tout en favorisant la prospérité de notre planète Terre, aujourd’hui mise à l’épreuve.

Edito du 20 décembre 2023

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