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L’environnement pris en otage

Nous voilà prêts à revenir au charbon. La pénurie d’énergie consécutive aux sanctions contre la Russie nous met sous pression. Pour ne pas manquer d’électricité, les centrales au charbon vont reprendre du service un peu partout en Europe. Nous allons aussi investir dans les terminaux pour gaz naturel liquéfié, un combustible suspect de provenir de gaz de schiste et dont les étapes de transformation pèsent lourd dans le bilan énergétique. De l’argent qui manquera à d’autres politiques, notamment le déploiement des énergies renouvelables. Nous aurions pu croire que la perspective de pénurie provoque une réaction favorable au climat, accélération du déploiement des renouvelables, recherche d’économies, eh bien non, c’est une sorte de course en arrière, un recul, qui s’opère sous nos yeux. Le climat attendra.

Les chocs pétroliers des années 1970 n’avaient pas eu de telles conséquences, au contraire. La chasse au gaspi était ouverte, et la crainte de la pénurie de pétrole a poussé au programme nucléaire. Des programmes solaires ont aussi été lancés, mais les contre-chocs en ont eu raison, la moindre baisse du prix de l’énergie provoquant l’abandon de leus financements. La recherche d’économies fut aussi vite abandonnée, rappelez-vous les opérations de promotion de l’électricité avec les concours télévisés entre les villes, à celle qui consommera le plus, façon Interville. C’était les belles années du chauffage électrique, à l’aide de « grille-pains », dans les immeubles mal isolés. Un parc immobilier que nous devons rependre aujourd’hui pour lutter contre l’effet de serre.
Autre conséquence de la crise, et qui durera des années, deux fois plus d’argent pour les armements. 2% de nos PIB, des sommes considérables qui sont stérilisées dans des dépenses non productives, en espérant qu’elles ne servent à rien. De l’argent qui aurait permis, au-delà de l’énergie, de lutter contre la désertification, d’offrir de l’eau potable aux millions de terriens qui n’y ont pas droit, de développer les systèmes de santé et d’éducation dans les pays qui en ont besoin, et bien d’autres choses encore pour le bonheur de l’humanité. Les objectifs du développement durable, promus par l’ONU, semblent bien compromis dans ce contexte. Nous sommes bien loin de l’époque des traités de réduction des armes « stratégiques », initiée en 1972, il y a 50 ans, par les Etats-Unis de l’URSS et signée de Richard Nixon et Leonid Brejnev, qui ne passent pas pour des pacifistes rêveurs.
La Russie et de ses dirigeants ont décidé de mettre fin à ces accords, violemment aujourd’hui, mais en sourdine depuis quelques années, avec la complicité de quelques présidents américains, en particulier de Donal Trump. Nous sommes entraînés dans ce mouvement de recul de l’humanité. Comment sortir de cette impasse, ce piège, pour repartir dans la recherche d’un monde nouveau où la croissance du bien être des humains et prospérité de la planète iront de pair ? Nous pouvions croire que le drame viendrait de quelque dictateur fou, qui serait parvenu à se doter d’une bombe atomique, il nous vient finalement d’une « grande puissance » nostalgique et en pleine dérive identitaire.

Edito du 6 juillet 2022

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