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Si vis pacem, para bellum

Il est de bon ton, en ces temps où le changement est préconisé, de critiquer au principe de précaution. Voilà un frein aux idées nouvelles, un boulet à trainer, tout comme les études d’impact, qui empêchent d’avancer. L’heure est à la simplification. Il y a bien sûr du ménage à faire, mais gardons-nous d’abandonner un minimum de garanties qui constituent une sorte d’assurance sur l’avenir. Un principe bien connu en matière militaire. Nous préparons la guerre pour avoir la paix, pour reprendre le dicton latin « si vis pacem, para bellum ». Nous dépensons des fortunes pour dissuader des agressions hypothétiques. Si tu veux une population en bonne santé, prépare la crise sanitaire, pourrait-on paraphraser. Nous avons du mal à étendre cette vision à d’autres risques qui, pourtant, pourraient nous affecter profondément comme les épidémies ou le réchauffement climatique, lequel n’est pas hypothétique du tout. La bonne santé de la population et le climat (et la biodiversité, la qualité des eaux, etc.) sont considérés comme des acquis naturels, ils n’entrent pas dans les comptes. Ils sont de ce fait oubliés, ou intégrés aux politiques publiques comme des contraintes. Ils font l’objet de politiques de protection, défensives, qui coûtent cher et nous préférons les politiques offensives, qui nous donnent l’impression d’en « avoir pour notre argent », de progresser vers une vie meilleure. La production avant tout. C’est oublier un peu vite l’intérêt de la défense. Comme au football, il faut une attaque et une défense. A quoi bon marquer des buts si on en encaisse des quantités. Pour que l’attaque serve à quelque chose, elle doit s’appuyer sur une défense solide. Nous l’avons compris en termes militaires, conséquence de notre histoire. Nous commençons à le comprendre en économie, en luttant contre l’espionnage industriel par exemple. Il nous reste à le comprendre et à en tirer les conséquences en matières sanitaire et environnementale. Un nouveau mode de penser, qui conjugue l’attaque et la défense. La meilleure défense c’est l’attaque dit le proverbe, et réciproquement pourrait-on ajouter. L’une ne va pas sans l’autre. Dernières nouvelles, peu encourageantes. Au lieu d'inciter à la sagesse, le coronavirus est l'occasion de soustraire aux contraintes environnementales, pour "sauver l'économie". L'EPA américain a susendu application des lois environnementales, l'Indonésie libéralise le commerce des bois précieux, et chez nous, la Pologne et la République tchèque ont demandé l'abandon du green deal européen. La FNSEA souhaite que l'on assouplisse les maigres obligation de distance de non traitement aux pesticides par rapport aux habitations. Les crises ne provoquent pas toujours la sagesse. La dictature du court terme est encore à l'oeuvre.

Edito du 8 avril 2020

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