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Le bilan de compétence appliqué aux entreprises

Peut-être est-ce parce que "nécessité fait loi", plusieurs entreprises se sont lancées dans des activités nouvelles pour elles. Pour faite face aux besoins, et pour employer leur personnel, se rendre utile, elles ont su sortir de leur créneau. Certaines ont fabriqué des respirateurs artificiels, d'autres des masques, d'autres du gel hydroalcoolique. Sans changer de domaine, certaines ont su s'organiser différemment pour continuer leur travail, sous d'autres formes et souvent à un rythme réduit, mais elles ont toutes imaginé des manières différentes de faire leur métier, ou d'utiliser leurs compétences. ça ne s'est pas fait sans douleur, ni sans échecs ici ou là, et ces entreprises ne sont pas encore très nombreuses.

Elles rappellent malgré tout que leur savoir faire, leur potentiel technique, culturel, commercial, peut être mis au service d'autres objets que leur activité traditionnelle. Ce n'est pas nouveau. Un exemple aujourd'hui classique peut être évoqué : la poste. Une activité "courrier" en déclin, du fait d'Internet et de la concurrence d'opérateurs privés. Elle a su identifier sa véritable mission, celle que personne ne peut remplir mieux qu'elle, entretenir un lien de proximité partout en France, jusque dans le moindre village au fond d'une vallée. C'est son capital et son ADN. Il n'y a pas que le courrier qui peut bénéficier de ce réseau qui irrigue finement le territoire, il y a bien d'autres services. C'est ainsi que la poste retrouve une nouvelle vocation, qui ne se substitue pas à la distribution du courrier, mais la complète et permet de valoriser son capital culturel et institutionnel. Autre exemple : Toyota a développé un réel savoir faire en robots, pour fabriquer des voitures. Et pourquoi pas ne pas se diversifier vers les robots, robots domestiques ou autres ? Voilà une orientation complémentaire, qui consolide Toyota au cas où le marché de l'automobile viendrait à fléchir. L'adaptation à laquelle le coronavirus nous oblige sans nous donner le temps d'une préparation, il faut s'y préparer pour les prochains défis qu'il nous faut affronter. Depuis plusieurs années, les actionnaires des grands groupes pétroliers demandent à leurs dirigeants de préparer à l'après-pétrole. Un groupe d'actionnaires de Total a tout récemment déposé une résolution en ce sens, pour ne reprendre que le dernier exemple en date. Tous les pétroliers se sont engagés sur les énergies renouvelables, mais bien timidement. Une action cosmétique si l'on compare les investissements purement pétroliers et ceux consacrés aux éoliennes ou aux panneaux solaires. Est-ce d'ailleurs la bonne manière de faire, ne leur faut-il pas sortir de l'énergie et explorer d'autres voies où leurs compétences leur permettraient de réaliser des exploits ? La notion de "bilan de compétences" est à appliquer aux entreprises, en ces temps où des changements profonds devront être faits pour s'adapter au changement climatique et quelques autres défis, tout en conservant une position économique majeure, et en répondant à des besoins réels. La soudaineté de l'attaque du COVID 19 n'a pas permis de tirer profit de l'effort d'adaptation demandé, il n'en est pas de même pour les épreuves que nous devrons affronter dans les prochaines décennies. Il serait dommage, et même coupable, de ne pas profiter de la reprise pour engager ces bilans de compétence d'entreprises, instrument de leur résilience. Pour les grandes firmes, mais aussi pour les PME, durement secouées elles aussi et employeuses du plus grand nombre de salariés.

 

Edito du 29 avil 2020

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