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Une prise de conscience encore bien faible

Deux évènements récents illustrent le chemin qu'il reste à parcourir pour que la prise de conscience des enjeux écologiques soit profonde. Le tourisme spatial, tout d'abord. Deux sociétés américaines rivalisent pour mettre sur le marché des produits de luxe, le saut dans l'espace, avec émotions garanties, apesanteur et certainement champagne ! Le coût énergétique de cette distraction n'est jamais évoqué dans la presse qui rend compte de cette actualité. C'est pourtant un enjeu important. Ce tourisme ne peut que faire rêver, et donner envie de populariser ce mode de distraction.

Il y a pourtant bien d'autres manières de ressentir de fortes émotions, sans consommer d'énergie ni émettre de gaz à effet de serre, sans compter les déchets de l'espace. Aller dans l'espace, oui, si c'est pour mieux observer la planète, en comprendre le fonctionnement et la protéger. Non si c'est juste pour s'amuser. Le luxe, oui, s'il est créateur de milliers d'emplois, comme les couturières dans la haute couture ou des emplois de service. Emotions et luxe ne sont pas synonymes d'empreinte écologique maximale. Nous aurions bien aimé que la presse évoque ces enjeux en présentant la course pour savoir qui sera le premier à envoyer de riches touristes dans l'espace. Autre évènement, l'ouverture du marché chinois à la viande bovine française. Bonne nouvelle pour les éleveurs français, mais une mauvaise pour la planète, si cette exportation n'est pas strictement limitée à de la viande haut de gamme. C'est la question du modèle alimentaire asiatique qui est en jeu. Une cuisine riche et diversifiée, avec quantité de titres de noblesse. Ele n'a pas besoin de viande bovine pour assurer sa réputation.  La viande bovine est hélas très pénalisante pour la planète. Un bilan écologique désastreux, notamment en terme de consommation d'eau et d'effet de serre. Oui, donc, à la viande rouge, mais en petite quantité et de haute qualité. Un modèle qu'il faut diffuser chez nous, où la consommation de viande diminue régulièrement. Ce n'est pas pour inculquer au même moment le virus de la viande bovine à des populations qui n'en était pas atteintes. Là encore, rien dans la presse sur ce revers de la médaille. Et ce ne serait pas faire insulte à nos éleveurs que de vanter les mérites de la production de qualité.

 

Edito du 25 juillet 2018

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