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Pour une nouvelle culture du vivant

Un sursaut d'indignation. Voilà le message que Nicolas Hulot a fait passer dans son intervention du 18 mai dernier sur le biodiversité. Toujour l'alerte, la mobilisation contre une défaillance chronique. Bien sûr justifiée, la situation de la biodivesité dans le monde s'est considérablement dégradée et se dégrade encore, mais l'indignation permanente est elle la bonne réponse, le bon ressort pour l'action ? L'indignation, chère à Stéphane Hessel, peut provoquer un réflexe de défense, quand elle ne s'use pas. Son utilisation continue ne montre que la vanité des efforts, il parait d'ailleurs que "tout le monde s'en fiche", et n'encourage pas initiatives. Le message nécessaire à une salutaire réaction n'est plus dans l'alerte qui décourage, mais dans la stimuulation des envies de faire. Stimuler positivement, avec du plus à aller chercher et non du moins à éviter. Rendre la biodiversité attractive, dans un monde où on nous dit que les villes sont l'avenir, que l'homme augmenté règlera tous les problèmes, où la chose publique et les biens communs font l'objet d'une "malédiction". Donner envie de biodiversité, tel est l'enjeu. Une culture à reconstituer, ni l'urbaine ou la nature est aimablement caricaturée avec formidable le talent de walt disney, ni celle de la révolution agricole où la recherche de productivité immédiate conduit à instrumentaliser le vivant. Un travail de longue haleine, qui apporterait aux mesures pratiques de conservation une assises sociale solide. La précarité de la situation des ours pyrénéens montre qu'il ne suffit pas de prendre telle ou telle mesure, il faut aussi qu'elle rencontre l'assentiment et même les attentes du plus grand nombre. Le mythe de la nature du XXIe siècle reste à créer, un mythe moderne, populaire et mobilisateur. C'est mieux que de l'indignation à répétition.

Edito du 23 mai 2018

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