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La fausse croissance

Deux nouvelles en provenance des Etats-Unis. L'une d'un record de croissance, plus de 4% au deuxième trimestre, et l'autre des graves problèmes d'eau douce dans de nombreuses régions. Il y a bien sûr un décalage dans le temps, le coût des dégradations de l'environnement ne se faisant sentir qu'avec un certain délai. Mais le rapprochement reste saisissant, quand on observe l'entreprise de dérégulation en cours sous la présidence Trump. Car les problèmes d'eau (et bien d'autres, sur les ouragans, les sols, la pollution de l'air, les grands incendies, l'effet de serre, etc.) sont largement la conséquence de l'absence de contrôle de décisions publiques ou privées. La croissance enregistrée est en bonne part le résultat de l'abandon de garanties et de précautions dont bénéficiait l'environnement.

Elle pourrait être à l'origine de bien des désillusions, car la non-prise en compte de l'environnement coute beaucoup plus cher que sa prise en compte. Le problème est justement le décalage dans le temps, et parfois dans l'espace, qui fait que les responsables des désastres ne sont plus là pour en payer le prix, lequel est pris en charge par les victimes, parfois bien éloignées des lieux et des centres de décision à l'origine des désordres. Une croissance artificielle, qui consiste dans les faits à ponctionner dans le stock, les richesses patrimoniales, qui n'apparaissent guère dans les comptes, pour les transformer en flux qui, eux, figurent bien ostensiblement dans les comptes. Amis économistes, quand parviendrons-nous à la publication de comptes réellements nets, incluant non seulement la consommation de capital financier, mais aussi les prélèvements de capital naturel et de capital humain ?

 

Edito du 1er août 2018

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